La motion présentée par Me Kailash Trilochun, avocat de Nitin Chinien dans laquelle ce suspect demande que les charges provisoires qui ont été logées contre lui à la suite de la diffusion sur YouTube de deux clips dont l’un, selon la police, où il a proféré des menaces à l’endroit du PM, a été débattue hier en cour de district de Port-Louis présidée par le magistrat Prithiviraj Balluck. Ce dernier rendra son jugement interlocutoire le 10 février 2014.
Lors des débats, le sergent Robin Bundhoo, un des enquêteurs, a été appelé dans le box des témoins pour expliquer les circonstances dans lesquelles la police a été amenée à interpeller l’artiste. Chinien, indique-t-il, a été convoqué par la police sur la diffusion en juillet d’un premier clip. Dans celui-ci, des critiques avaient été formulées contre des dirigeants de la MASA et lors de l’enquête, il a reçu un avertissement. Par la suite, après la diffusion du deuxième clip, il a été arrêté pour avoir menacé de nuire au dispositif de sécurité du PM. Le témoin a précisé que l’arrestation du plaignant a été faite selon les dispositions de l’article 13 (f) de la Police Act selon lesquelles la police peut procéder à l’arrestation de tout individu qui mettrait en péril la sécurité d’autrui ou qui est susceptible de nuire à l’ordre public. Il a assuré qu’un mandat d’arrêt n’est pas nécessaire dans de tels cas.
Me Trilochun a été d’un avis contraire : il a insisté sur le fait qu’en l’absence de mandat, la police ne pouvait pas arrêter son client, d’autant que, selon lui, il ne serait rendu coupable que d’un délit mineur qu’il a qualifié de « misdemeanour ». De ce fait, il s’est demandé si l’arrestation et la mise en détention de Chinien étaient justifiées.
Me Jaganaden Muneesamy, avocat du Parquet désigné pour représenter la poursuite, a maintenu le contraire. Pour lui, il est question de la sécurité de l’État, et celle du gouvernement.