Le leader du Muvman Liberater, Ivan Collendavelloo, a qualifié samedi la démission d’Antoine Domingue de la présidence du Bar Council de « tempête dans un verre d’eau ». Il a, par la même occasion, estimé que « le projet de CT Power est mort ».
Invité par la presse à commencer la situation au Bar Council et la démission de Me Antoine Domingue de la présidence de l’association, Ivan Collendavelloo, qui animait une conférence de presse à l’issue de la réunion du bureau politique du ML samedi, a estimé que cette affaire « équivaut à une tempête dans un verre d’eau ». Il a observé qu’Anil Gayan et lui ont déjà occupé le poste de président du Bar Council. Or dans le cas présent il affirme ne pas comprendre Antoine Domingue. Selon lui, le fort d’un avocat est de résister aux pressions. Tout en affirmant ne pas être au courant si des pressions ont été exercées sur le président du Bar Council, il constate qu’Antoine Domingue a dit avoir démissionné sous la pression. Il a regretté la tentative de certains d’utiliser le Barreau pour une propagande politique au lieu de faire de la politique pour défendre leurs clients et a lancé un appel à la sérénité du débat, demandant qu’on laisse le juge faire son travail.
S’agissant de CT Power, Ivan Collendavelloo a rappelé que le gouvernement a décidé d’abandonner le projet parce que cette compagnie n’a pu établir sa capacité financière. « Ils sont allés en Cour suprême et ont demandé la permission de contester cette décision. Ils ont obtenu la permission. Il faudra débattre de la question en cour », a-t-il constaté, en estimant que la contestation concernait le ministère de l’Environnement. Pour ce qui le concerne, il estime que le projet « est mort ».
Il est revenu à Anil Gayan de passer en revue la situation dans le pays. Ainsi, commentant le conflit opposant le DPP à l’ICAC, le ministre de la Santé a estimé que personne n’est au-dessus de la loi. « Nous vivons dans un État de droit et il y a des institutions qui doivent pouvoir fonctionner en toute sérénité et en toute indépendance ». Il s’est demandé si une personne qui a quelque chose à répondre devant une institution peut refuser de le faire. « N’importe qui, que ce soit Ivan Collendavelloo ou moi, qui a à répondre à une institution qui opère dans un cadre légal doit accepter de le faire », a-t-il dit. En réponse aux déclarations faites dans la presse par des avocats et des avoués ces derniers jours, il a nié qu’un climat de terreur prévaut dans le pays. « Le fait qu’ils puissent dire ce qu’ils pensent dans la presse ou dans des conférences de presse démontre que Maurice n’est pas un État policier. Laissons les médias faire leur travail mais les institutions ne peuvent être paralysées par certaines personnes », dit-il. « Si jamais il y a des dérapages on peut toujours avoir recours au judiciaire. Nous ne croyons pas que l’État terrorise qui que ce soit. Ceux qui le sentent sont ceux qui doivent répondre à quelque chose. Nous avons pris le gouvernement pour faire un travail de nettoyage et de développement. C’est ce que nous faisons », dit-il, estimant que le plein-emploi est possible. Il a aussi nié que le gouvernement téléguide quoi que ce soit au niveau du Bar Council, lequel opère de façon indépendante. « Ivan et moi avons pratiqué durant des longues années au barreau, toutefois même lorsque j’étais le président de Bar Council je n’ai pu rencontrer un juge directement. Il fallait que je passe par son secrétaire qui passe le message avant que le juge n’accepte de me parler ».
S’agissant de la méthadone et des drogues de synthèse, Anil Gayan a expliqué qu’il y a 5 000 personnes enregistrées sur le programme de méthadone. Ce traitement se poursuivra comme par le passé. Il a fait mention d’une spécialiste qui est affectée au ministère de la Santé pour aider les principaux concernés à sortir de la dépendance à la méthadone. « Nous voulons lancer un programme alternatif. Il y a au moins 150 personnes qui veulent intégrer le programme de méthadone. Nous nous efforçons de donner à ces personnes un autre traitement afin qu’elles ne soient pas dépendantes de la méthadone ». Il s’est dit très inquiet par le programme de distribution de seringues dans le pays car l’année dernière le nombre de seringues distribué était de 10 000. Ce chiffre est passé à 20 000 en février, à 30 000 en mars et à 75 000 en mai. « Lorsque j’ai posé des questions on a refusé de me donner des réponses. En tant que ministre j’ai le droit de savoir. J’ai déjà la liste des noms de personnes qui suivent le programme de méthadone que je garde dans la plus grande discrétion, je ne comprends pas qu’on ne puisse pas me répondre ». Il a fait mention du programme gouvernemental et a insisté sur le fait qu’on ne peut pas vivre dans un climat électoral permanent dans le pays. « Il y a eu des élections générales et des élections municipales. On ne peut pas vivre dans un climat de campagne électorale permanente, qui est malsain pour le pays. Nous resterons au pouvoir durant les cinq prochaines années ».