Paul Bérenger, leader de l’Opposition et du MMM, salue le « patriotisme, l’esprit de sacrifice et la sincérité » de sir Anerood Jugnauth pour sa décision de démissionner de la présidence de la République en vue de prendre la tête du remake de 2000. Il trouve que la déclaration de sir Anerood, vendredi, annonçant les raisons de sa démission, a eu un impact « considérable » à travers le pays. Pour le leader du MMM, ce qui a surtout impressionné, c’est sa « lucidité » et la « fermeté dans sa voix. » Il annonce que la priorité du remake de 2000 reconstitué est, désormais, de provoquer un « choc décisif » lors du rassemblement du 1er Mai en vue de la tenue d’élections générales. Il s’agira, ensuite, explique Paul Bérenger, de se concentrer sur les élections municipales pour lesquelles il prévoit une « raclée-sanction » au gouvernement.
M. Bérenger salue ce qu’il estime être « le patriotisme, l’esprit de sacrifice et la sincérité » de sir Anerood Jugnauth. « C’est du vintage SAJ que nous avons vu hier (Ndlr: vendredi)! », déclare le leader du MMM. Pour lui,  il est évident que la déclaration  du  Président démissionnaire a eu un impact « considérable » à travers le pays. Ce qui expliquerait, selon lui, la publication en catastrophe, le même jour, d’un communiqué du PM Navin Ramgoolam ainsi que l’organisation d’un congrès « fiasco » du PTr à Rivière-du-Rempart.
Paul Bérenger condamne au passage la référence faite, dans ce communiqué, par le PM à l’effet que sir Anerood serait en train de « divaguer ». Pour lui, il ne peut s’agir que d’une « insulte » de plus par rapport à l’âge de l’ex-Président. Le leader du  MMM trouve, pour sa part, que ce qui aura surtout impressionné par rapport à l’intervention de SAJ,  c’est sa « lucidité » de même que la « fermeté » qu’il dit avoir notée dans sa voix. Il demande au PM d’en finir avec les « insultes ».
M. Bérenger réitère que l’objectif du remake de 2000 est de « sauver le pays comme en 1982 et 2000 ». Il confirme sa rencontre en tête-à-tête, demain lundi, à 10h30, avec sir Anerood. Par la suite, explique-t-il, un comité paritaire de 5 membres du MMM et du MSM se réunira sous la présidence du Président démissionnaire. La priorité de ce remake MSM/MMM de 2000 reconstitué, indique Paul Bérenger, est le rassemblement conjoint du 1er Mai au cours duquel, confirme-t-il, sir Anerood sera le dernier intervenant.
« Nous entendons, à cette occasion, provoquer un choc décisif en vue de la tenue d’élections générales. Par la suite, nous nous attaquerons aux municipales dont la tenue ne souffre, désormais, plus d’aucun obstacle. Nous nous attendons à donner une raclée-sanction au gouvernement pour ces municipales et lui faire payer très cher les propos du ministre Kader Sayed-Hossen qui a trouvé à dire que les citadins ne s’intéresssaient pas à la tenue de ces élections régionales. »
Remake de 2000: « Avant tout, une affaire de programme »
Le leader du MMM explique encore que le remake de 2000 est, avant tout, une question de programme pour lequel le MMM et le MSM ont déjà convenu des grandes lignes. Il s’agira aussi, dorénavant, ajoute-t-il, de discuter des candidatures et de la répartition des investitures. Dans ses grandes lignes, ce programme s’articule autour de 5 objectifs, explique M. Bérenger: (i) « nettoyer » le pays de la fraude, de la corruption et des passe-droits; (ii) le démocratiser à travers une réforme électorale, voter une nouvelle législation pour gouverner la MBC, introduire la télévision privée et réformer la démocratie régionale; (iii) présenter la meilleure équipe économique qui soit pout relever les défis qui se présentent; (iv) consolider l’unité nationale, et (v) agir « sans pitié » au niveau du respect de l’ordre et de la loi ainsi que dans la lutte contre le trafic de drogue.
Le leader du MMM assure que la lutte contre la fraude et la corruption sera la « priorité des priorités » du remake de 2000. Il explique, à ce propos, que dès son installation au pouvoir en 2005, le Dr Ramgoolam a, selon lui, modifié la loi régissant l’Independent Commission Against Corruption (ICAC). Ce qui, dit-il, fait que cette Commission « a perdu de son indépendance ». Il s’engage, ainsi, à rétablir « l’indépendance totale » de l’ICAC avec, notamment, la nomination à sa tête d’un ancien juge ou d’un ancien magistrat « au-dessus de tout soupçon. »
M. Bérenger récuse que l’Opposition envisagerait de « débaucher » des élus de la Majorité. « Nous ne voulons pas de transfuges », dit-il. En revanche, de son point de vue, le gouvernement PTr/PMSD, « qui gouverne avec deux transfuges », n’est plus « légitime » et il est « dans l’intérêt supérieur du pays » que de nouvelles élections générales soient organisées « le plus tôt possible. » Aussi, pour lui, il est du « devoir » de tous les « patriotes » de « donner un coup de main » en vue de la tenue de ces élections « le plus tôt possible. »
Au plan économique, le leader de l’Opposition réitère qu’il est « très inquiet » par rapport à ce qu’il qualifie de « tiraillement dangereux » entre le ministre des Finances, Xavier Duval et le gouverneur de la Banque de Maurice (BoM), Manou Bheenick. Paul Bérenger exprime aussi son inquiétude autour de la question du Traité de Non-double Imposition liant l’Inde et Maurice ainsi que par rapport aux secteurs du Tourisme et des PME.
Par ailleurs, il accueille favorablement la décision du président du Conseil d’administration de la Financial Services Commission (FSC) nouvellement nommé, Marc Hein, de se retirer de ses obligations en tant qu’actionnaire majoritaire d’une Management Company responsable de la gestion d’une vingtaine d’entités offshore. Mais le leader de l’Opposition estime que ce dernier doit aussi, soit, vendre ses actions ou les placer dans un Trust. Le leader de l’Opposition se dit aussi en présence d’informations à l’effet que l’on voudrait « faire partir » la CEO nouvellement nommée de la FSC, Mme Clairette Ah-Hen, « une femme dont la compétence est reconnue de tous. »
Bagatelle Dam: « 7 ans de retard de Ramgoolam »
M. Bérenger qualifie, d’autre part, le Dr Ramgoolam de « farceur » par rapport à sa déclaration, cette semaine, à propos du Bagatelle Dam. Il explique qu’au départ du gouvernement MSM/MMM en 2005, tout avait été finalisé au sujet de ce dossier et qu’il ne restait qu’à lancer l’appel d’offres y relatif. « Et il ose dire que c’est le gouvernement de 2000/05 qui est responsable du retard de ce projet! », s’indigne-t-il.
En revanche, Paul Bérenger explique que non seulement le gouvernement Ramgoolam a pris 7 ans de retard sur ce projet, en plus, ajoute-t-il, il n’y a pas eu d’appel d’offres international et le contrat a été accordé à une entreprise chinoise car le gouvernement chinois finance le projet. Il allègue que l’allocation de ce contrat sans passer par un appel d’offres international aurait, ainsi, occasionné des dépenses supplémentaires de Rs 300 m à Rs 400 m.
Répondant aux questions de la presse, le leader du MMM réitère qu’il présentera une motion de censure contre le gouvernement au moment propice. Il dit que les récentes démissions au sein du PTr ne constituent que « la bande-annonce » et prévoit que « des acteurs surprenants » vont suivre le pas. Dans le cas particulier de la députée Kalyanee Juggoo, il dit que cette dernière « nest plus dans (son) coeur » et trouve, par ailleurs, que la ministre Mireille Martin serait « très mal à l’aise » au sein du PTr.
En ce qui concerne les futures candidatures du côté du remake de 2000, Paul Bérenger ne prévoit « aucun problème » en ce qui concerne le MMSD. En revanche, pour ce qui concerne Ashok Jugnauth, Paul Bérenger dit souhaiter personnellement que ce dernier fasse partie du remake, mais concède qu’il existe, à ce stade, « beaucoup de réticences » à ce sujet du côté du MSM. M. Bérenger trouve que le remake de 2000 disposera de « la meilleure équipe économique depuis l’indépendance » avec, notamment, Vishnu Lutchmeenaraidoo comme ministre des Finances désigné.
Par rapport au respect de l’ordre et de la loi, il soutient que le comportement des criminels s’explique, d’abord et avant tout,  par leur crainte d’être pris et jugé. Il rejoint, sous ce rapport, sir Anerood Jugnauth à l’effet que les forces de police seraient « démotivées », notamment, en raison des interférences dans le travail. Il cite à ce propos l’affaire des policiers – dont une femme – transférés à Quatre-Bornes à la suite de l’incident survenu durant les fêtes de fin d’année.