Le principal porte-parole des démissionnaires du MMM, Alan Ganoo, a annoncé hier le lancement d’un nouveau parti politique le 17 mai prochain lors d’un congrès national à l’auditorium Octave Wiehe. Jimmy Chourimootoo, candidat du MMM au N° 4 lors des dernières élections générales, a également rejoint le groupe de démissionnaires.
« Afin de cristalliser la vague de soutien qui s’est manifestée en notre faveur depuis notre démission du MMM, nous avons décidé de lancer notre propre mouvement. Le nom du mouvement ainsi que sa couleur et son symbole seront rendus public le 17 mai prochain ». C’est en ces termes qu’Alan Ganoo, lors d’une conférence de presse à l’hôtel Labourdonnais hier après-midi, a annoncé le lancement d’un nouveau parti, dont l’ambition première serait de révolutionner la politique mauricienne actuelle. « Nous voulons créer un parti politique moderne avec des structures démocratiques et fluides », a-t-il insisté.
Alan Ganoo a aussi expliqué que les anciens députés du MMM ont choisi de voter en faveur de l’Insurance (Amendment) Bill qui donne les pouvoirs à la FSC de nommer un Special Administrator sur les recommandations du ministre des Services financiers lorsque les liabilities d’une compagnie d’assurances dépassent les assets par Rs 1 milliard. La loi autorise le Special Administrator à transférer tous les avoirs d’une compagnie en difficulté vers une autre compagnie. Alan Ganoo s’est dit étonné que les députés du MMM aient choisi de s’abstenir tout comme ceux du PTr alors que, a-t-il souligné, le leader de l’opposition avait fait comprendre lors de son discours qu’il voterait en faveur de cette législation. Pour Alan Ganoo, « il ne faut pas toutefois interpréter cette démarche du MMM comme un accord avec le gouvernement dans la mesure où la mouvance qu’il représente est bien ancrée dans l’opposition ». Il a aussi expliqué que c’est lui qui a indiqué au gouvernement qu’aux termes de la Constitution, si une législation touchant, entre autres, aux droits de propriété était adoptée par une majorité de trois quarts de l’Assemblée nationale, elle ne pouvait être contestée en Cour suprême. Alan Ganoo a aussi souligné que lors de son intervention il avait exprimé ses réserves sur plusieurs points, notamment sur le risque d’interventions politiques. Il s’était également prononcé contre la nomination du Financial Secretary Dev Manraj à la présidence de la FSC.
Joe Lesjongard a, pour sa part, accusé Paul Bérenger d’avoir donné des instructions pour que le groupe de démissionnaires n’ait pas accès à la municipalité de Port-Louis en vue de l’organisation d’une conférence de presse. Il a par la suite annoncé l’organisation d’une série de réunions dans différentes régions de l’île.
De son côté, Jimmy Chourimootoo a confirmé sa démission du MMM, malgré qu’il ait « grandi dans un environnement imprégné par le militantisme ». Il a affirmé avoir pris sa décision après s’être enquis de la nomination de quatre leaders adjoints par le leader du MMM.
Kavi Ramano a exprimé sa satisfaction « face à l’accueil reçu dans toutes les couches de la société ». Il a présenté à la presse 15 nouveaux adhérents à la mouvance mise en place par les démissionnaires.