Les grosses pluies de ces dernières 24 heures n’arrangent rien alors que l’on dénombre une vingtaine de cas de la fièvre dengue, diagnostiqués ces derniers jours. Si la prudence est de mise avec les mesures déjà prônées par les autorités (fumigation, démoustication, larvicides…), en revanche, l’éducation des patients est à faire. A cet effet, la PMPA (Private Medical Practitionners’ Association) tient à rappeler que « la fièvre dengue tue », poursuivant : « Dès que le patient a des saignements des muqueuses (nez, bouche…), il doit être immédiatement hospitalisé. » Par ailleurs, expliquent ces médecins du privé, « le virus de la dengue ne se transmet pas d’homme à homme », rappelant qu’il faut « impérativement être piqué par un moustique porteur du virus pour développer la maladie ».
Les médecins soulignent : « Quand nous réclamons l’isolement d’un patient atteint de dengue, ce n’est pas parce qu’il peut contaminer les siens en les touchant ou en dormant dans la même chambre qu’eux, par exemples. Ce virus n’est pas contagieux d’homme à homme. Il faut impérativement qu’une personne ait été piquée par un moustique porteur de la dengue pour développer la maladie. » L’isolement du patient est conseillé, voire réclamé, poursuivent nos interlocuteurs. « Cette mesure est importante pour que la personne ne se rende pas dans un lieu ou une région où elle est susceptible de se faire piquer par un moustique. Car si ce dernier n’est pas porteur du virus, il le devient alors, et, de ce fait, il propage la maladie ailleurs que dans un endroit déjà contaminé ! C’est pour cette raison uniquement que nous demandons que les personnes infectées par la fièvre dengue ne bougent pas, ne quittent pas leur maison, leur localité et leur région. Afin de contenir le virus et éviter que d’autres régions ne développent le virus. » Ces médecins font ressortir que « c’est un élément important à comprendre, sinon la psychose s’installe rapidement ».
Le président de la PMPA, le Dr Patrick How, précise que « la dengue est mortelle à partir du moment où elle entraîne une défaillance des organes vitaux ». Pour en arriver là, le patient atteint de fièvre aura développé la Dengue Hemorragic Fever (DHC). « C’est dans cet état que le patient se retrouve avec des saignements des muqueuses, notamment de la bouche et du nez, explique notre interlocuteur. Quand on en arrive à ce stade, le patient doit immédiatement être hospitalisé. Autrement, on met sa vie en péril. »
Le Dr How poursuit : « La fièvre entraîne un affaiblissement des plaquettes dans le sang. Quand survient cette situation, les organes vitaux défaillissent. Le patient voit alors sa tension chuter et il s’affaiblit. Au point où il sombre dans ce qu’on appelle un état de choc (“choc syndrome”), ce qui peut finir par entraîner la mort… C’est pour cela qu’on conseille l’hospitalisation rapide dès que l’on constate des saignements des muqueuses. » Rappelant qu’il n’y a pas de traitement spécifique contre la dengue, le Dr P. How souligne que « tout médecin sait quel protocole appliquer » dans ces cas-là. « C’est à base de paracétamol, dès l’identification des symptômes basiques. C’est pour cela que nous conseillons l’hospitalisation. »
La PMPA lance un appel au public et aux médecins : « Nous demandons la pleine collaboration de tout un chacun dans cette situation afin d’endiguer une éventuelle épidémie. » De prime abord, recommande la PMPA, « dès qu’un cas de dengue est soupçonné, même si on n’a pas eu la confirmation via un test sanguin, nous conseillons à chaque médecin de notifier le cas au centre sanitaire le plus proche de la région ». Objectif : « Que soient déclenchées les procédures d’usage par les autorités pour pratiquer les tests et savoir à quel point l’endroit d’où provient le patient éventuel a été contaminé. »
Le président de la PMPA reprend : « Dans le cas où un médecin n’arrive pas à réaliser des tests sanguins, nous conseillons de prélever 5 cc de sang, qui sera déposé dans un tube test réglementaire puis déposé au laboratoire de virologie de l’hôpital de Candos. » L’association des médecins du privé souhaite que « les médecins agissent de manière responsable et s’assurent qu’un suivi sera fait pour chaque cas rapporté ».