Denis Ayen ne vit que pour le culturisme. Depuis quatre ans, il a sa propre salle de gym, qu’il tient avec sa femme, qui est également coach. Le Mr Mauritius en titre nous accueille dans sa salle de gym à Baie du Tombeau pour partager sa passion.

1m76, 120 kilos, des biceps comme des collines et un corps en V : Denis Ayen a une présence imposante. Auréolé d’un septième titre de Mr Mauritius en 2018, il se prépare pour aller à Nice où il concourra pour avoir une carte pro, sésame rare qui lui apporterait une reconnaissance internationale bienvenue. À 45 ans, il a sa propre salle de gym, un rêve qu’il caressait depuis plusieurs années. “Il n’y a pas beaucoup de personnes à Maurice qui ont pu concilier les deux. Quand vous êtes vous-même culturiste, vous arrivez à transmettre ce que vous avez appris et vous savez comment aider les autres à progresser”, dit-il.

Après plus de vingt ans de culturisme, on le sent animé de la même passion. L’année 2018 a été excellente pour Denis Ayen, avec la reconquête du titre de Mr Mauritius après trois ans de disette. Il est également devenu Mr Port-Louis, a remporté la Coupe des Titans à La Réunion, se qualifiant lors de la compétition Éric Favre Classic International Game. Cela lui donne l’occasion de participer à un concours en France, qui lui permettra peut-être d’être le premier Mauricien à avoir une carte pro. “Une carte pro, c’est une reconnaissance internationale et l’assurance de représenter le culturisme à différents niveaux internationalement. C’est difficile de l’avoir, c’est pour cela que c’est une opportunité unique. Il y en aura six en jeu lors de la compétition qui se tiendra à Nice.”

Neuf repas par jour.

Outre les exercices, l’alimentation est très importante. Denis Ayen confie que lorsqu’il ne prépare pas une compétition, il se fait plaisir. Mais à l’approche des concours, il suit un régime alimentaire strict. “Hors compétition, je mange n’importe quoi, des burgers par exemple. Mais quand je me prépare pour un concours, je suis un régime strict et répétitif. Pendant six mois, j’ai neuf repas par jour et je vais manger la même chose tous les jours. Ma journée débute très tôt. Je me réveille à 5h et suis à la gym à 5h30. J’entame des exercices de cardio pendant 30 à 45 minutes et je me consacre à une séance d’abdos de 15 à 20 minutes, avant de prendre mon premier repas : oat meal et vitamines, entre autres. Je vais ensuite suivre ceux qui s’entraînent pour voir un peu comment ils s’en sortent. Vers 9h, je prends un autre repas.”

Ensuite, il se livre à un entraînement spécifique, dépendant de la partie du corps sur laquelle il souhaite se concentrer. “J’ai un calendrier établi où je consacre chaque jour à une partie du corps. Ensuite, je me prépare un shake protéiné, avant d’aller m’entraîner de nouveau. À midi, le repas consiste en du pain complet, de la salade et du poulet grillé. À 14h, je prends du riz, des légumes et du poulet grillé. À 17h, place au oat meal et au lait. À 19h, c’est le tour des patates douces et du poulet, ainsi que des amino-acides. S’ensuit un apport de protéine et le dîner, qui est exactement le même que le déjeuner. Je ne prends aucun sucre, sauf ce qui est contenu dans le riz, par exemple.”

Denis Ayen explique ce régime particulier par le fait que son corps a besoin d’énormément de calories. “Je pourrais ne faire que sept repas par jour, mais devrais alors augmenter en quantité ce que je mange à chaque fois.” Après une compétition, il arrête la voiture en route pour sauter sur du junk food, auquel il n’a pas touché pendant six mois.

Patience et persévérance.

Le culturisme est un sport qui requiert de la patience et de la persévérance. “Il ne faut pas croire qu’on aura un corps musclé très vite. Cela se passe étape par étape.” Il faut avant tout se passionner pour la discipline. “Il y a beaucoup de personnes qui commencent le culturisme pour de mauvaises raisons. Souvent, c’est uniquement pour impressionner une personne. Aussitôt que leurs corps commencent à se muscler, ils laissent tomber.” D’autres s’étonnent de ne pas avoir de résultats probants alors qu’ils travaillent dur à la gym. “S’ils ne dorment pas suffisamment ou s’ils se nourrissent mal, cela ne marchera pas. Il faut huit heures de sommeil par jour.”

Le culturisme est une discipline onéreuse. Il faut absorber des produits qui coûtent cher. Denis Ayen confie qu’il faut compter plus de Rs 10,000 par mois pour les suppléments uniquement. À cela, il faut ajouter le coût de la nourriture. “Je mange beaucoup de poulet en raison de son fort apport en protéine. Je peux vous dire que cela coûte de manger du poulet quotidiennement.”

Avant de se tourner vers le culturisme à l’âge de 21 ans, Denis Ayen faisait du karaté, discipline où il est ceinture marron. “J’ai commencé le karaté à l’âge de 14 ans. J’étais mince, je faisais à peine 70 kilos. J’ai eu envie de me tonifier le corps.” Il découvre réellement sa passion pour le culturisme, qu’il avait enfoui en lui depuis tout jeune. “J’étais fan de Shawn Ray (un culturiste reconnu internationalement), c’était mon idole. J’ai un poster de lui à la maison. Quand je me suis mis au culturisme, j’ai senti que c’était quelque chose qui me plaisait beaucoup, et je n’ai plus arrêté.” Au point de quitter son travail de technicien et se mettre au coaching, tout d’abord comme coach de tai-bo.

Bio express

Situation familiale : Marié.

Âge : 43 ans.

Profession : Coach de fitness.

Totem : Dragon.

Plus grande frayeur : De m’étouffer.

Plat préféré : Curry de poisson.

Film préféré : Avengers.

Chanteur préféré : Francis Cabrel.

Parcours

2007 : Est sacré Mr Mauritius pour la première fois.

2008 : Mr Mauritius.

2009 : Troisième titre d’affilée.

2010 : Quatre titres à la suite.

2013 : Est sacré Mr Mauritius.

2015 : Ajoute un sixième titre de Mr Mauritius à son palmarès.

2018 : Élu Mr Mauritius pour la septième fois. Est sacré Mr Port-Louis et remporte la Coupe des Titans à La Réunion.