L’homme est amoindri physiquement mais il garde le moral en dépit de la maladie qui l’oblige à subir plusieurs sessions de dialyse par semaine. Avec l’objectif de laisser un souvenir, Denis Azor a concocté un album qui sera sur le marché dans quelques semaines. Un opus dont va dépendre sa survie car les recettes de la vente du CD devraient lui permettre de subir une autre intervention chirurgicale en Europe afin de connaître à nouveau des jours paisibles.
Bien qu’éprouvé par sa maladie, Denis Azor demeure néanmoins un homme serein. Même s’il estime que ses jours sont comptés, il croque la vie à pleines dents et essaie de profiter de chaque seconde que Dieu lui donne, car c’est de Lui qu’il puise sa force et son courage.
Cela lui a demandé plusieurs années pour produire son album Ala lila. Car à peine sa carrière entamée avec cette chanson qui a cartonné au top des hit-parades au début des années 90 en Europe, il a été freiné dans son élan par sa maladie. Cela a eu l’effet d’une bombe pour lui. “C’est le ciel qui m’était tombé sur la tête”, confie-t-il.
Souvenir.
Depuis, il doit subir des sessions de dialyse de quatre heures trois fois par semaine, non pas pour traiter son urée mais pour survivre. Tout manquement à ce niveau pourrait lui être fatal. “Cela fait une quinzaine d’années que je suis sous dialyse. Je ne sais pas ce qui m’attend.” C’est pourquoi il veut à tout prix laisser un souvenir si jamais il devait passer dans l’autre monde avant de pouvoir concrétiser tous ses rêves.
Avec courage, il a tenu à produire personnellement cet album pour espérer subir une autre intervention. Une première tentative de transplantation de rein en 2000 ne lui a accordé que quelques mois de sursis, car son corps devait le rejeter. Très affecté par cela et gagné par le découragement, Denis Azor a abandonné tous ses rêves et tout espoir de guérison. Il a même sombré dans l’alcool et a souhaité mourir, tellement il était désespéré.
Soutien.
Il a su se ressaisir au bout de quelques années et reprendre goût à la vie grâce à l’encadrement et au soutien de son entourage. Il a décidé de reprendre sa carrière de chanteur là où elle s’était arrêtée pour faire taire ses détracteurs, qui disaient qu’après son succès avec Ala lila, il n’avait rien sorti.
Soucieux de la qualité du produit qu’il veut proposer, Denis Azor a tenu à ce que les enregistrements soient effectués en France et en Italie, “pour une meilleure qualité du son”, mais aussi pour ne pas se laisser avoir par “les gros requins”. Perfectionniste, il a travaillé chaque morceau avec beaucoup de soin. Denis Azor a investi toutes ses économies dans le projet. Il espère maintenant que son CD ne sera pas piraté et vendu sur le trottoir, car il y va de sa vie.
Prière.
L’album comporte dix titres. On retrouve le morceau qui l’a révélé, Ala lila, en deux versions, l’un en live, enregistré en 2010 lors du concert avec Gérard Louis. Les autres titres sont Wachi wala, Roule sega, Wewe, Oh Yeah, Krye, Zou. La chanson phare, Soley, est comme une prière pour lui. “C’est un peu ma souffrance que je chante mais aussi ma maladie qui m’a appris beaucoup de choses.” Le chanteur aborde aussi la misère des gens dans leur vie de tous les jours.
Dépendant du succès de l’album, Denis Azor compte sortir un autre opus avec quatre titres en français pour être écoulé principalement sur le marché européen. Mais déjà avec Ala lila, qui sera distribué à Maurice et à l’étranger à travers les maisons de disques avec lesquelles il a travaillé, il espère faire connaître le séga à travers le monde.