La lettre adressée par un groupe d’élèves de la Sodnac SSS à l’Ombudsperson for Children et contenant des allégations à l’encontre de plusieurs profs et de la rectrice soulève son lot de commentaires dans plusieurs collèges d’État. Les jeunes dénonciatrices qui se présentent dans cette correspondance comme des prochains participants aux examens de SC et de HSC critiquent la qualité de l’enseignement dans plusieurs matières, concernant au moins une dizaine de profs. Elles reprochent à la rectrice d’être constamment occupée et de ne pas avoir du temps pour écouter leurs doléances. Le ministère de l’Éducation mène une enquête.
« D’après ces élèves de Sodnac, presque tous les profs qui font leurs classes ne feraient pas correctement pas leur travail ! Pourquoi ne se sont-elles pas plaintes au ministère de l’Éducation depuis le début de l’année ? » s’insurgent les collègues des profs mis en cause dans cette lettre à l’Ombudsperson. S’agissant de la rectrice, ce n’est pas la première fois, selon plusieurs chefs d’établissements, qu’elle « subirait des représailles » de la part des élèves et qu’elle rencontre des difficultés à chaque fois qu’elle prend des mesures fermes pour maintenir l’ordre et la discipline. C’est ce qu’elle a essayé de faire l’an dernier à Ébène SSS (Girls) et qui lui a valu son transfert après protestations d’élèves. « Est-ce que ce sont les élèves et leurs parents qui vont dicter la manière dont une école doit être gérée ? Il faut certainement respecter le droit des enfants mais il ne faut pas confondre droits et caprices », réagit avec colère un de ses collègues. D’autres recteurs soupçonnent la complicité de quelques parents derrière la démarche des auteurs de cette lettre. « Je pense que des parents sont dans le coup », dit l’un d’entre eux.
Pour sa part, le syndicat des recteurs et assistants-recteurs des collèges d’État compte discuter de cette affaire au ministère mais attend d’abord les conclusions de l’enquête interne. « Notre collègue est dans l’enseignement depuis plus de vingt-cinq ans et avant d’être postée à Ébène Girls et à Sodnac SSS elle a dirigé d’autres établissements. Pourquoi a-t-elle eu des problèmes dans ces deux collèges spécifiquement ? Cela ressemble à du harcèlement à son encontre » dit Ravind Ramjee, président de ce syndicat. Ce dernier souligne qu’il n’y a pas d’assistant-recteur dans cet établissement comptant plus de 800 élèves et ni de senior educator pour épauler la rectrice dans les tâches administratives. Le président du syndicat des recteurs ajoute que ces derniers sont débordés par une « tonne de paperasse administrative à remplir » et doivent en sus répondre à longueur de journée aux appels du ministère pour fournir telle ou telle information.