Lors d’une conférence de presse hier, cette fois ce sont des parents d’aspirants dentistes et quelques aînés de la profession, aux côtés des diplômés qui attendent toujours leur enregistrement, qui sont montés au créneau pour exprimer ouvertement leur étonnement face au taux d’échec élevé à tous les examens organisés depuis 2013 par le Dental Council (DC). Ils ont lancé un appel au gouvernement pour que les questionnaires ne soient plus préparés par le National Board of Examinations of India (NBEI) et pour un changement de formule d’évaluation. Ces intervenants souhaitent que les autorités fassent confiance aux compétences locales pour la préparation des questionnaires à cet examen.
Hier, les aspirants dentistes ont cité toutes les correspondances envoyées à diverses autorités au sujet de leurs requêtes pour une dérogation à cet examen et les démarches entreprises depuis plusieurs mois pour avoir un rendez-vous avec les responsables du ministère de la Santé pour s’expliquer. « Nous voulons alerter l’opinion publique sur une injustice à notre égard. Nous sommes partis étudier avant l’entrée en vigueur de la loi et nous étions arrivés presque au bout de notre parcours de formation quand elle a été votée. Comment se fait-il que le gouvernement ait, à deux reprises, exempté une centaine de nouveaux généralistes de l’examen écrit pour l’enregistrement et que dans notre cas ils font la sourde oreille ? », s’est demandé Yusuf Ali Meeajan. Faisant état de leurs dettes à rembourser, ces aspirants dentistes demandent aux autorités de ne plus prolonger leur attente quant au « registration » pour pouvoir travailler. « Nous ne demandons pas aux autorités de nous fournir un emploi, mais seulement de nous accorder notre permis pour pouvoir exercer notre profession », a ajouté une jeune. Ils lancent un appel pressant au Premier ministre et au ministre des Finances pour considérer leurs requêtes, faisant ressortir à cet effet qu’il a été maintes fois mentionné que les jeunes seraient au centre du prochain Budget.
Le travailleur social Salim Murthy, qui accorde son soutien à ces jeunes diplômés chômeurs et à leurs parents, a souligné que ces aspirants dentistes avaient fréquenté des institutions secondaires prestigieuses avant d’entamer des études à l’étranger et que leurs diplômes sont reconnus et acceptés par la Tertiary Education Commission (TEC) et le DC. Et de déclarer ne pas comprendre pourquoi ils n’arrivent pas à décrocher leur « registration ». Il demande au gouvernement d’annuler le contrat de l’examinateur indien, prenant pour exemple les récentes annulations de contrats pour des projets coûtant des sommes colossales. « Si finn resi kas kontra Jin Fei, Betamax, Neotown e ki finn resi repran bann later ki ansien gouvernman ti done, kapav revok kontra avek bann indien pou sa legzame-la. Donn sa bann zen la zot registration e zot pou gagn amplwa par zot mem », a-t-il insisté.
« Compétences locales »
Les parents et des dentistes exerçant dans le privé qui étaient présents hier sont confiants quant aux compétences locales pour l’organisation de tels examens. « Il n’y a pas mieux que des dentistes ayant une très longue carrière à Maurice et qui sont sollicités dans des grandes conférences pour organiser cet examen. Au lieu d’avoir des questions qui viennent d’ailleurs et qui ne correspondent ni au syllabus donné ni à la pratique du métier, pourquoi ne pas faire appel à ces compétences locales ? », a déclaré le Dr Reshad Paurobally, qui exerce depuis 30 ans. Avec d’autres confrères, il a émis de sévères critiques sur le contenu des questionnaires proposés par l’examinateur indien, dont certaines qui laissent perplexes. « Par exemple, dans une des questions sur la longueur d’une incisive supérieure, le choix était entre 3, 5 cm, 7 cm et 8, 5 cm ».
Un des points forts soulevés hier est le manque d’encadrement des jeunes diplômés et le manque d’interlocuteurs entre l’intervalle des examens. À ce sujet, ils ont souligné que la loi ne leur permet pas d’entreprendre des stages de formation dans les cabinets dentaires sous la supervision des dentistes chevronnés alors que les nouveaux diplômés en médecine ont droit à un « pre-registration certificate » qui leur permet d’effectuer des heures d’internat dans des services hospitaliers. « On a entendu le DC dire que si ces jeunes n’ont pas réussi à cet examen c’est parce qu’ils n’ont pas le niveau. Mais il n’y a eu aucune communication entre eux et le DC après ces examens. Il n’y a aucun encadrement pendant cette attente jusqu’aux prochains examens alors qu’ils auraient pu apprendre davantage et parfaire leur formation en observant et assistant les dentistes chevronnés dans leurs cabinets », s’est indignée une mère de famille. Tous ceux qui sont intervenus hier ont demandé au gouvernement d’instituer un comité pour revoir les procédures pour l’octroi du « registration ». Une quinzaine de jeunes diplômés en dentisterie qui attendent leur « registration » ont été informés officiellement que la tenue des prochains examens est prévue pour le 19 avril.