Le taux élevé d’échecs aux derniers examens pour l’enregistrement des nouveaux dentistes donne lieu à beaucoup de commentaires au sein de la profession et relance la polémique autour de l’organisation de cet examen. Pour leur part, les neufs aspirants-dentistes ayant échoué ne sont pas d’accords avec les propos tenus par le président du Dental Council sur leur performance et avec les articles parus dans la presse à ce sujet. Ils affirment qu’ils sont tous détenteurs du diplôme de HSC. Plusieurs d’entre eux réclament le droit de pouvoir demander une révision de leurs scripts et se mobilisent pour amener les autorités à les exempter de cet examen qui a été introduit, soulignent-ils, plusieurs années après qu’ils aient démarré leur formation à l’étranger.  
Les neuf candidats souhaiteraient bien une révision des points obtenus, mais notent que, d’après les règlements figurant dans l’Information Bulletin & Application Form pack, « no provision are made for reevaluation and retotalling of marks ». Ces aspirants-dentistes expliquent : « Il s’agit d’un professional exam et le candidat devrait avoir la possibilité de demander une révision de son script s’il n’est pas satisfiait des résultats obtenus. »
Pour rappel, ce dernier examen à l’intention des aspirants-dentistes demandant leur enregistrement s’est déroulé le 19 octobre dernier et comptait 11 candidats. Deux seulement y ont réussi. Les neuf autres se sont concertés durant la semaine écoulée en vue d’une action de protestation commune à la suite de certains articles de presse, dont celui paru dans Le Mauricien du 3 novembre dernier concernant les résultats. Dans une lettre adressée au journal, « en guise de réaction » disent-ils, et avec copie au ministère de la Santé et au Prime Ministers Office, ces candidats donnent la réplique au Dr Joy Mandhub, président du Dental Council. En effet, celui-ci avait exprimé sa « déception » au sujet de la performance de ces nouveaux diplômés en dentisterie, d’autant que le questionnaire, selon ce dernier, « était abordable ».   Ces aspirants-dentistes font remarquer au Dr Mandhub qu’il a « eu la chance » de n’avoir pas participé « à un tel examen, où chaque question est spécialement bourrée de pièges pour vous anéantir ». Dans cette même correspondance, ils lui reprochent  « d’avoir omis de signaler » ses liens de parenté directe avec les deux seuls candidats ayant réussi.
Le président du Dental Council dit comprendre la déception de ces candidats, mais déplore les arguments que ceux-ci ont avancés pour protester contre son opinion. « Ce sont des coups au-dessous de la ceinture », réagit le Dr Mandhub. Ce dernier confirme au Mauricien la participation de trois de ses proches à ce dernier examen et ajoute qu’il en a  informé le Dental Council fin septembre. « Que veulent insinuer ces jeunes en soulignant mes “liens” de parenté avec les deux ayant réussi à cet examen ? », demande, avec colère, le président du DC. Et de faire état des procédures au sujet des questionnaires et de la correction des scripts ainsi que pour la réception des résultats. « Les questionnaires sont préparés par le  National Board of Examinations of India, qui a la responsabilité aussi de corriger les scripts. Nous ne sommes pas concernés, ni par la réception des questionnaires, ni par l’envoi des scripts. Tout est entre les mains du MES », réplique le président du DC.  
Selon les explications données par Lucien Finette, le directeur du Mauritius Examinations Syndicate, le délégué du National Board of Examinations of India arrive la veille des examens et remet les questionnaires directement à l’organisme mauricien. « Après l’examen, il repart immédiatement avec les scripts des candidats pour la correction en Inde. C’est nous qui recevons les résultats de l’examen et qui les communiquons ensuite au Dental Council. Nous fonctionnons strictement selon les procédures établies dans le contrat pour l’organisation de cet examen »,  a affirmé au Mauricien hier le directeur du MES.
Mais l’organisation de cet examen fait toujours polémique parmi les dentistes. De vieux routiers de la profession y sont quelque peu réfractaires, soutenant qu’une évaluation orale – dans une nouvelle forme – suffit. Ils préconisent aussi l’obligation pour tout dentiste à une formation continue. Mais, pour d’autres membres de la profession, cet examen écrit à sa raison d’être, car il permet de tester les connaissances de base de l’aspirant-dentiste. Ceux-là souhaitent que le DC rende public, à travers son site, le contenu des questionnaires préparés par l’examinateur indien. « On sera alors fixé sur le niveau du questionnaire et de son contenu. C’est de cette manière qu’on pourra savoir si les jeunes ont raison de protester ou non », dit un dentiste d’une cinquantaine d’années exerçant dans le privé. Tandis que d’autres se demandent s’il ne s’agit pas là d’une manière « déguisée » de limiter l’accès à la profession, car on aurait déjà atteint un nombre suffisant de dentistes pour couvrir toute l’île, selon le Dental Council.