Les membres du Comité organisateur des Jeux des îles de l’océan Indien peuvent souffler. Les 10es Jeux ont été lancés vendredi soir avec faste à travers une cérémonie d’ouverture haute en couleur. Tous les grands moyens avaient été déployés pour faire de ces 40 ans des JIOI un événement mémorable. Tout cela contre un gros chèque.

Car n’oublions quand même pas que ces Jeux ont coûté une fortune à l’État. Un peu plus de Rs 5 milliards ont été investies, en prenant en considération l’organisation, la préparation des athlètes, la rénovation des infrastructures et surtout la construction du complexe multisport de Côte d’Or. Nombreux sont ceux qui ont quitté le stade Anjalay Coopen ravis, émerveillés, vendredi soir, oubliant du coup les gros embouteillages avant et après la cérémonie d’ouverture.

Oubliant sans doute aussi la dure réalité autour de tous ces milliards investis. La note sera très salée et à un moment ou un autre, les pauvres contribuables que nous sommes auront à passer à la caisse.

En attendant, on dira que ces 10es JIOI ont bien démarré pour les organisateurs et que, pour l’heure, on reste dans l’esprit des Jeux « cinq étoiles ». Et ce, comme le souhaitait ardemment le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint. On se réjouit aussi que, contrairement à La Réunion en 2015, il n’y a pas eu d’incident diplomatique jusqu’ici. On se souviendra que les Comoriens avaient quitté les Jeux pour protester contre le fait que Mayotte défilait avec le drapeau français. Il n’en demeure pas moins que le feu couve, comme en témoignent les déclarations des dirigeants comoriens suite à la réunion du Conseil international des Jeux (Cij) de vendredi à l’hôtel Balaclava.

Tout peut cependant basculer à n’importe quel moment et les dirigeants du Cij le savent mieux que nous. Ils savent aussi que la décision de répondre favorablement à la demande d’une rencontre avec les présidents malgache et maldivien, Andry Rajoelina et Ibrahim Mohamed Solih respectivement, n’est pas vue d’un bon œil. Et on comprend parfaitement la colère des Comoriens.

Tout comme eux, on ne comprend pas pourquoi ces deux pays doivent demander audience. Idem de la décision du Cij d’agréer à cette demande. Quelle est l’utilité d’organiser une telle rencontre, hier à la mi-journée, alors que, logiquement, il incombe aux membres du Cij de prendre leurs propres décisions, suivant une lecture du dossier de candidature et une visite chez les éventuels pays organisateurs.

Ce qui est malheureux aussi, c’est toute cette politisation autour des JIOI et dont on se serait très bien passé. Certes, l’engagement politique est tout aussi important, mais de là à franchir les interdits et ce, au vu et au su de tout le monde, est un peu osé. Un peu à l’image de ce que nous avons vu au cours de ces derniers mois et ces dernières semaines surtout. Une politisation à outrance autour de la flamme des Jeux, où ministres et députés ne se sont épargné aucun effort pour s’approprier ce moment privilégié qui aurait dû revenir aux athlètes.

Les anciennes gloires, c’est-à-dire ceux qui ont bâti à la sueur de leur front la réputation de la République de Maurice sur les plans régional, continental et international, ont été laissées au bord de la route. Et c’est bien malheureux. Encore plus cet affront fait au seul médaillé olympique (bronze) de l’histoire, Bruno Julie. Alors que tout le monde pensait que c’est lui qui serait le dernier porteur de la flamme pour allumer la vasque, il n’en a finalement rien été ! Révoltant encore lorsqu’il avance n’avoir même pas été invité à la cérémonie d’ouverture.

Sans vouloir aucunement diminuer les mérites d’Eric Milazar et de Marie Lourdes Allysamba-Appadoo, lesquels demeureront à jamais des sportifs hors pair, il est un fait que la dernière torche aurait dû revenir à Bruno Julie. Malheureusement, certains en ont décidé autrement et c’est vraiment dommage.

Autant dire que le nombre incalculable de couacs et surtout ce dernier scandale a quelque peu pourri l’ambiance. Mais heureusement que nos sportifs se sont eux élevés au-dessus de la mêlée, à l’image du nageur Bradley Vincent, qui a non seulement remporté la première médaille d’or mauricienne à ces Jeux, mais aussi établi un nouveau record des Jeux au 50m nage libre vendredi.

Chapeau également à la nageuse Alicia Kok Chun, 15 ans seulement, et à nos cyclistes, vainqueurs hier du contre-la-montre par équipes. Le ton est donné et au public de maintenir la pression jusqu’au bout afin d’aider le Club Maurice à se transcender encore plus et espérer enfin cette première place tant convoitée en 40 ans et dix éditions.