Banque de Maurice
  • Cette plateforme facilitera l’interopération entre différents paiements numériques

La Banque de Maurice (BoM) procédera à partir du mois prochain au déploiement du National Payment Switch System. Cette plateforme doit faciliter l’interpération de différents paiements numériques à partir de multiples canaux tels les guichets automatiques, les “Points of Sale” (appareils installés chez des commerçants pour des achats de produits et services), les téléphones portables et autres passerelles de commerce électronique.

L’annonce du démarrage du NPSS a été faite lundi matin par le gouverneur de la banque centrale, Yandraduth Googoolye, lors de l’inauguration officielle d’un programme de formation à l’intention des nouvelles recrues des banques centrales de neuf pays d’Afrique australe (Botswana, Comores, Lesotho, Madagascar, Maurice, Mozambique, Seychelles, Zambie et Zimbabwe).

Regroupant une soixantaine de participants, cette formation, qui s’étalera sur toute la semaine, est organisée conjointement par la BoM et l’Afritac South, instance créée par le Fonds monétaire international et dont la mission est de dispenser une assistance technique et de développer les capacités humaines et institutionnelles des pays membres dans divers domaines: gestion des finances publiques, administration fiscale et douanière, surveillance du secteur financier, développement des politiques monétaires, mise en place d’une infrastructure pour les marchés financiers incluant les systèmes de paiement efficaces.

La mise en place du National Payment Switch par la BoM va dans le sens d’une plus grande efficacité du système de paiements à Maurice, voire d’une réduction éventuelle des coûts associés aux paiements électroniques, notamment au moyen de cartes bancaires, de téléphones portables ou par voie d’Internet. C’est du moins l’objectif visé par la banque centrale qui espère amener graduellement les banques commerciales à se joindre au système.

L’initiative concernant la tenue d’un programme d’orientation pour les nouvelles recrues des banques centrales des pays de la région revient à la BoM et constitue une première au niveau de l’Afritac South. Les opérations d’une banque centrale, a déclaré le gouverneur, « nécessitent beaucoup d’interactions et une participation soutenue de tous les officiers concernés ». Il ajoute : « Il est impérieux que les nouvelles recrues soient, dès le départ, au courant des enjeux et qu’elles aient une notion pointue de ce qui se trame à l’intérieur de cette “powerhouse” qu’est une banque centrale. » Yandraduth Googoolye a insisté sur la transparence dans les décisions, la crédibilité des politiques ainsi que sur une communication efficace des décisions prises aussi bien que l’importance d’un programme de Financial Literacy pour le grand public. « The evolution of the financial industry and, in particular, the banking industry requires a novel approach to understand and analyse what’s going on and to prescribe the right policy for sustainable economic development and to maximise economic welfare of society », a ajouté le gouverneur.

Il a fait ressortir que, dans le sillage de la crise financière globale, le cadre réglementaire du secteur bancaire a été renforcé en vue de promouvoir une plus grande résilience de ce secteur aux chocs. Cependant, les réformes réglementaires ne suffiront pas « si la structure de surveillance n’est pas solide » pour garantir la stabilité financière.

La séance inaugurale du programme de formation, organisée en collaboration avec Afritac South, a été également marquée par les interventions d’Abdoul Wané, directeur de cette dernière instance, et de Massimiliano Messi, représentant de la délégation de l’Union européenne à Maurice. Pour le premier, cette formation vient au bon moment car des banques centrales de la région seront restructurées pour mieux répondre à leurs responsabilités. Le second a mis l’accent, entre autres, sur le soutien apporté par l’UE à l’intégration régionale et aux activités d’Afritac South.