Elle est rentrée au pays depuis jeudi à la mi-journée et s’est discrètement éclipsée en trompant la vigilance d’une horde de journalistes qui l’attendaient depuis deux heures. Depuis, Yashika Bhageerathi, 19 ans, étudiante en A-Level déportée à bord d’un avion d’Air Mauritius en provenance de Londres se terre dans un endroit connu seulement d’une poignée de personnes. Elle s’est pourtant confiée à un correspondant local de ITV News, une chaîne de télévision de la Grande-Bretagne. Elle évoque sa peur et sa solitude dans une vidéo de quelques secondes.
“I am just all alone here. Everyone is in England. I don’t know what to do and there were four people with me. I just wanted to do everything lawfully and I was just doing everything that was being asked. I was really scared because I was feeling really alone”, a-t-elle confié, vendredi, à ITV News. L’étudiante de 19 ans qui était détenue ces quinze derniers jours au Yarl’s Wood Immigration Detention Centre dans le Bedfordshire en Grande-Bretagne, a été refoulée, dans la soirée de mercredi vers Maurice suite à une décision du juge Richards siégeant à la Cour de Londres. Bien qu’étant en présence qu’un pétition de 177 000 signatures s’opposant à sa déportation, la Home Secretary Theresa May, a refusé catégoriquement d’intervenir pour permettre à celle-ci de prendre part à ces examens, prévus dans un mois.
«The most horrible thing»
Dans ses confidences à ITV News, elle confie que “her ordeal was the most horrible thing that had happened to her, and she never imagined she would actually be sent back to Mauritius alone.”
Malgré l’interdiction de séjour en Grande-Bretagne pour les 10 ans à venir qui pèse sur elle, Yashika Bhageerathi tente désespérément de lancer un ultime appel au gouvernement britannique dans le but de reconsidérer son cas. Elle demande qu’elle puisse y retourner et prendre part à ces examens pour qu’elle ait l’avenir pour lequel elle a travaillé. Elle a également fait part du fait que les autorités mauriciennes ne l’ont pas aidé et réitère quelle est “really scared.”
La campagne de mobilisation en faveur d’un sursis pour l’étudiante mauricienne, répercutée dans toute la presse britannique, dont la BBC et Le Guardian et également en Inde avec le Times of India, a pourtant tenté le tout pour le tout jusqu’à la dernière minute. Un “last minute phone call” des conseils légaux au juge en appel,Richards, alors que Yashika Bhageerathi avait été embarquée dans le véhicule l’emmenant de force à l’aéroport de Heathrow, n’aura pas servi à annuler l’ordre de déportation.
Lors d’une intervention devant les instances appropriées à la Chambre des Communes en début de semaine, le représentant du Home Office britannique, le ministre de l’immigration, James Brokenshire, avait soutenu que Yashika Bhageerathi n’avait pas un cas valide justifiant une intervention ministérielle pour bloquer les procédures d’expulsion.
Yashika Bhageerathi avait fui Maurice en 2011 pour rejoindre sa mère à Londres suite à des problèmes de violence familiale. Mais le feuilleton est loin d’être fini, car la mère se trouve sous le coup d’une éventuelle expulsion, sa demande d’asile n’ayant pas été entretenue favorablement par le Home Office à Londres.