Prakash Maunthrooa en cour de justice (photo d'archive)
  • Dans ses dépositions, Prakash Maunthrooa soutient avoir été appelé pour agir comme consultant contre paiement de Rs 4 M

Le procès intenté à Siddick Chady et Prakash Maunthrooa en Cour intermédiaire, respectivement pour corruption et entente délictueuse dans l’affaire Boskalis, se poursuit avec l’audition du chef inspecteur Nutcheetram. Ce dernier a lu les dépositions de Prakash Maunthrooa prises au CCID. Prakash Maunthrooa devait réfuter les allégations portées contre lui sur les “dealings” avec Boskalis, avançant que des « accusations gratuites et malveillantes » ont été formulées contre lui et que ceux qui auraient été impliqués dans quelconque deal avec la firme hollandaise « doivent prendre leurs responsabilités ».

Place à l’audition du chef inspecteur Nutcheetram, qui était affecté au CCID lors de l’enquête sur le cas de pot-de-vin pour le contrat de dragage du canal Anglais dans le port, octroyé à la firme Boskalis en 2006. CE témoin a donné lecture de trois dépositions consignées du Senior Adviser au Prime Minister’s Office les 12 et 13 juin 2012 ainsi que le 28 décembre de la même année.

Dans ses dépositions, Prakash Maunthrooa soutient qu’il a été Chairman de la Mauritius Ports Authority (MPA) d’octobre 2000 à novembre 2003 et qu’après cela, ses services n’avaient pas été retenus par la MPA, indiquant ainsi n’avoir « jamais eu affaire personnellement » avec la firme hollandaise Boskalis. Selon lui, il connaissait bien Siddick Chady, avec qui il entretenait de bonnes relations. De même, ajoute-t-il, il avait été sollicité par le nouveau Chairman d’alors uniquement pour des avis consultatifs sur les affaires au port.

Prakash Maunthrooa est catégorique : « I did not have personal dealings with Boskalis ! » Et d’ajouter qu’il était au courant que Boskalis était un des soumissionnaires pour le contrat de dragage du port en 2006, mais qu’il n’était « à aucun moment » impliqué dans « l’award » du contrat. Il explique toutefois que ses services avaient été retenus par Boskalis pour agir en tant que consultant en matière de logistique et technique.

Prakash Maunthrooa a soutenu avoir fait une requête à la firme pour obtenir un “written contract” mais que la firme lui avait répondu préférer un “verbal agreement”, assurant qu’elle était « une compagnie de renommée internationale ». Ilaurait ainsi perçu près de Rs 4 M pour ses services, incluant ses allocations de voyages et ses “consultancy fees”. Cette somme n’avait toutefois pas été créditée sur le compte personnel de Prakash Maunthrooa, mais sur celui des compagnies étrangères auxquelles Prakash Maunthrooa agissait comme directeur ou consultant. Une partie du montant avait également été versée à un certain Yudeeshwar Teeluck, un comptable et proche collaborateur de Prakash Maunthrooa.

Sur les allégations formulées par Raymond Lagesse, le représentant local de Boskalis, Prakash Maunthrooa avait répondu que celles-ci étaient « gratuites et malveillantes ». Il soutient n’avoir « jamais donné d’instructions » pour quelconque transfert de fonds par Boskalis parce qu’il n’était plus Chairman de la compagnie. « Other persons who had dealings with Boskalis should take their responsibilities. It is or too easy for boskalis to come with alleged documents which have caused me great prejudice », dit-il. Prakash Maunthrooa devait tirer à boulet rouges sur Raymond Lagesse. « Raymond Lagesse portrayed me as an organisor of meetings which was not the case. I find it strange that he said that I was organising meetings as there were regular meetings at the MPA. », a-t-il estimé, dépeignant Raymond Lagesse comme une « self-confessed corrupt person ».

Autre volet : celui des documents reçus par la police de Boskalis pour mener son enquête. Contre-interrogé par Me Saïd Toorbuth, l’avocat de Siddick Chady, le chef inspecteur Nutcheetram devait avancer qu’il n’avait « aucune raison de douter de la véracité des documents » fournis par l’IT Officer de Boskalis afin de poursuivre son enquête. Me Saïd Toorbuth devait cependant insister sur le fait que tous ces documents (les e-mails et fax retrouvés dans le serveur de Boskalis) étaient des copies et pouvaient donc être manipulés. Le contre-interrogatoire du chef inspecteur se poursuit.