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Une vingtaine de compagnies de construction ont été épinglées cette année par des inspecteurs du ministère du Travail pour non-respect des normes de sécurité sur le site de travail. Des Prohibition Orders (PH) ont été émis à leur encontre afin de stopper toute activité sur des chantiers incriminés.

La plupart d’entre eux opèrent dans l’industrie de la construction. Parmi, on compte d’importantes compagnies de construction, notamment Tianli Construction Company Ltd, Super Construction Ltd et Building & Civil Engineering. Ces PH ont par la suite été retirés après que les compagnies se sont conformées aux exigences du ministère du Travail en termes de sécurité. Une baisse dans le nombre de PH a ainsi été notée.

En 2018, le nombre de PH émis s’élevait à une soixantaine contre une trentaine en 2017. La Fédération des Travailleurs Unis (FTU) suit de près la situation. Selon Atma Shanto, président de la Fédération, la situation au niveau des accidents de travail sur les chantiers de construction continue à perdurer « pour la bonne et simple raison qu’il y a un manque aigu d’inspecteurs du Travail » à Maurice.

« Comme ils sont à court de personnel, l’exercice d’inspection en souffre beaucoup. Pour moi, je constate que la situation est restée inchangée depuis plusieurs mois. Ce n’est qu’après qu’un accident de travail a été notifié qu’on décide de prendre les taureaux par les cornes », a-t-il dit.

Il devait citer le cas de l’accident au travail survenu dans une entreprise à Riche-Terre « où plusieurs travailleurs sont tombés malades après avoir inhalé des produits toxiques ». Le président de la FTU devait aussi souligner qu’il a à plusieurs reprises attiré l’attention du ministère du Travail sur « l’irresponsabilité de certains employeurs, qui s’intéressent tout simplement à la productivité sans se soucier de la santé et de la sécurité au travail ».

Il ajoute : « Combien d’entreprises à Maurice disposent d’un Health and Safety Committee ? Il y a aussi l’obligation légale pour une entreprise qui emploie un certain nombre de personnes de disposer d’un Health and Safety Officer. Mais dans la pratique, est-ce que cette obligation est respectée ? Je ne pense pas. »

Atma Shanto affirme aussi que « seule la formation des travailleurs peut éliminer les accidents » au travail. « Mais le problème est que bon nombre de travailleurs ne sont pas regroupés sous une formation syndicale », dit-il. Un rapport du département de “Health and Occupational Safety” indique que, pour cette année, au total 771 inspections ont été effectuées dans les entreprises pour les six premiers mois de l’année.