S’ils se sont dit confiants de la victoire et qu’ils ont vu un symbole fort dans la conquête d’un bon nombre de villages au scrutin de dimanche dernier, les dirigeants du remake n’en ont pas moins insisté, vendredi à La Louise, pour un maintien de la mobilisation jusqu’à la dernière minute aujourd’hui en vue de faire voter les citadins des cinq villes. Et sir Anerood Jugnauth et Paul Bérenger ont fait des appels pressants en ce sens. Le mot d’ordre étant « redresser les municipalités, les nettoyer et les désinfecter et faire de même ensuite pour le pays livré à une bande d’incompétents et à des ministres légers. »
C’est un SAJ très virulent contre le Premier ministre qui est intervenu en début de soirée dans cette agglomération quatre-bornaise. Il a réfuté, un par un, les critiques que Navin Ramgoolam a formulées à son égard. L’ancien Président est revenu sur le terme « démon » que lui avait attribué sir Gaëtan Duval en 1995 et a dit n’avoir jamais utilisé ce terme à l’encontre de la population générale.
Pour soutenir son argumentation, il a rappelé que le président de son parti tout comme certains de ses ministres étaient issus de cette composante de la nation mauricienne. Même réplique concernant la fermeture de l’ambassade libyenne. SAJ a soutenu que certains passages d’un message des responsables de la mission étaient susceptibles de mettre le pays à feu et à sang et qu’il a dû intervenir pour protéger la population. Il a profité pour évoquer l’épisode de l’azaan de 2007 et des religieux qui avaient été interpellés.
La culture PTr/PMSD associée à la « jouissance, aux abus, à la faillite, aux atteintes à la démocratie et à la liberté » a été longuement disséquée, de la période post-indépendance qui avait conduit au 60-0 de 1982 à nos jours. SAJ s’est ensuite embarqué dans des critiques très personnelles contre Navin Ramgoolam, de l’agression physique qu’avait connue une proche de SSR, des rapports qu’il a présentés comme « compliqués » du père avec le fils. Les terres accordées aux parents proches et aux agents ont aussi été évoquées de même que la « dilapidation des biens » du pays et la faillite des institutions avec, selon lui, comme symbole très parlant, des casinos qui font des pertes.
« Honte à ces artistes ki al vane zot kadav ar Navin Ramgoolam »
 S’agissant de la déclaration de Navin Ramgoolam selon laquelle le PTr aurait des « points communs avec le MMM », c’est ce qu’on appelle « faire de la lêche », a ironisé sir Anerood Jugnauth, qui a dit que l’on ne peut pas « comparer le PTr au MMM ».
Le leader de l’opposition, autrement plus pédagogique et posé, n’en a pas moins manié l’humour pour discréditer le camp adverse. Il est revenu sur le « sok » qu’aurait eu Navin Ramgoolam après les élections villageoises, « à Triolet notamment ». Tout ça est sans précédent et bien symbolique, a-t-il commenté. Il l’a dit après que le président du rassemblement, Alan Ganoo, eut énuméré un par un les villages du sud et de l’ouest qui sont tombés dans l’escarcelle de l’opposition, cela sous les applaudissements de la foule.
Paul Bérenger a, dans le même registre, dénoncé des méthodes utilisées par l’alliance PTr/PMSD et leurs « bribes électoraux et leurs moyens qui consistent à payer des contracteurs pour poser leur fanions, tant et si bien que certains ne connaissent pas les délimitations des villes et vont les mettre dans les villages, déjà appelés aux urnes depuis dimanche dernier. »
Même ton sarcastique pour évoquer les « loups-garous » qui accompagnent le Premier ministre lors de ses sorties nocturnes dans le cadre de la campagne. Il a cité Asraf Dulull, qui n’était pas assez bon pour obtenir une investiture en 2010, Siddick Chady, interpellé dans l’affaire Boskalis, ou encore Ram Mardemootoo.
Sur un ton autrement plus sérieux, le leader du MMM a dit « avoir honte pour ces artistes ki al vane zot kadav ar Navin Ramgoolam ». Et d’ajouter sur ces numéros de danse effectués par le Premier ministre. « Li pé fer foutan ar ou, apré sept ans ki ou fine souffert, ek so banne municipalité, li vine danse séga divan ou laporte. »
Terminant sur la conviction que l’opposition sortira victorieuse de la joute du jour, il a dit que cela se fera en dépit de la présence d’Éric Guimbeau à Curepipe. Il prend ses responsabilités devant l’histoire, a déclaré le leader de l’opposition.
Les autres intervenants à ce rassemblement qui a vu la présence des 90 candidats qui se présentent aux municipales étaient Veda Baloomoody, qui est revenu sur l’affaire de pédophilie au MITD qui n’a pas connu de suites policières, Reza Uteem, qui a invité le nouveau Speaker à tout mettre en oeuvre pour que les déclarations d’avoirs des élus soient rendus publics, Showkutally Soodhun, qui a évoqué la caravane qui accompagne le Premier ministre partout alors que l’alliance PTR/PMSD n’a pu tenir le moindre meeting public durant cette campagne.
Il y a également eu Arianne Navarre-Marie, qui a parlé des difficultés grandissantes qu’éprouvent les familles pour joindre les deux bouts, Kavi Ramano, qui a parlé de la « délégation ministérielle » qui a investi la ville de Quatre-Bornes, Steve Obeegadoo, qui est revenur sur les scandales mis à jour par les PNQ’s du leader de l’opposition, Rajesh Bhagwan, très en verve, qui a parlé d’une mafia qui sévirait dans l’entourage du Premier ministre, des connexions de certains avec la firme Colas, et Pravind Jugnauth, qui a donné les 10 raisons pour lesquelles il faut voter contre le gouvernement.