A quatre jours de la rentrée du troisième trimestre scolaire, les syndicats du personnel des collèges privés redonnent de la voix contre certains changements prévus au secondaire à partir de l’année prochaine et sur le fonctionnement de la Private Secondary Education Authority (PSEA). L’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), qui devait rencontrer la presse aujourd’hui, émet de sévères critiques à l’encontre de l’organisme de Beau-Bassin, qu’il qualifie de « distributeur de correspondances » provenant du ministère.
« La PSEA se contente aujourd’hui de transmettre aux collèges ce que le ministère lui dicte. L’organisme a perdu son indépendance et son identité. La PSEA s’est convertie en distributeur des circulaires du ministère tout au long de l’année et la direction de cet organisme est incapable de prendre des décisions par elle-même », estime Souman Jugdamby, secrétaire de l’UPSEE. Selon l’UPSEE, la PSEA fera bientôt face à plusieurs cas de contestations en cour et au ministère du Travail au sujet de son refus d’approuver les nominations de profs à des postes de promotion faites par leur employeur. « Après la claque qu’elle a reçue récemment en Cour suprême concernant un cas de promotion qu’elle avait rejeté, la PSEA persiste dans son refus de reconnaître quelques cas de promotion », déplore le secrétaire de l’UPSEE. Selon ce dernier, un professeur envisage même de loger incessamment une mise en demeure contre la PSEA et son directeur, l’organisme objectant à sa nomination au poste de Senior Educator.
L’UPSEE relance par ailleurs le débat sur le critère de « five credits », obligatoire à partir de l’année prochaine pour entrer en Lower VI . Les dirigeants du syndicat craignent en effet que le nouveau critère académique ne prive bon nombre d’élèves des études de HSC et les oblige à entreprendre un autre parcours de formation post-SC qui ne leur plairait pas. L’UPSEE appréhende également une baisse remarquable du nombre d’élèves en classe de HSC dans plusieurs collèges dans un très proche avenir. « Nous demandons le maintien du critère de “trois crédits”, décision prise par l’ancien ministre Vasant Bunwaree », dit le secrétaire de l’UPSEE. Selon lui, le nouveau critère fixé par le ministère serait en outre « illégal », car ne figurant pas dans les Education Regulations. Ce syndicat n’a pas abandonné son idée de plateforme constituée de partenaires du secondaire privé et de partis politiques pour contester le “five credits”.
Pour sa part, le syndicat du personnel des collèges confessionnels catholiques et non-catholiques abordera ce sujet lors d’une conférence de presse dans les jours qui viennent. Déjà, la direction de la Secondary Preparatory School Teachers and Other Staff Union (SPSTSU) indique que ses membres « ont des réserves » quant au retour des « trois crédits ». La SPSTSU se prononce en effet plutôt pour le retour au critère de “four credits”, mesure qui, selon ce syndicat, figurait dans les Educations Regulations avant le changement apporté par Vasant Bunwaree.
Par ailleurs, la fédération des managers, qui a plusieurs fois déploré le manque de discussions avec la PSEA, a été invitée a une rencontre avec la direction de cet organisme la semaine prochaine. « Nous aborderons principalement les questions en suspens depuis plusieurs années ainsi que certains aspects du “Nine-Year Schooling” qui sont encore flous pour nous », explique un dirigeant de cette fédération.