Anwar Kathrada nous a quittés samedi 12 avril à 19 h après une maladie d’un mois. Il avait été admis en clinique après une indisposition : le diagnostic était accablant. Il lui restait peu de temps à vivre. Ne le voyant pas au magasin de la Rue Royale, les amis commençaient à s’interroger. La nouvelle se répandait rapidement. Tout le monde voulait lui rendre visite mais les soins étaient tellement intensifs qu’ils lui laissaient à peine le temps de recevoir des visites.
Anwar était l’aîné des 11 enfants d’Ahmade Kathrada, dont les ancêtres, originaires de Kator en Gujarat, s’installèrent d’abord à Rivière du Rempart pour ensuite émigrer vers Port-Louis. Anwar fréquenta le Collège Royal de Port-Louis et contrairement à ses pairs, décida d’entreprendre de courtes études en commerce au Canada pour soutenir l’entreprise familiale.
Anwar partageait une table avec d’autres membres de sa famille à la Rue Royale et trouvait toujours une place pour moi à ses côtés quand je débarquais sans prévenir pour lui dire bonjour, échanger des nouvelles et bénéficier de ses conseils. Il m’avait promis son aide pour organiser une conférence sur les causes du terrorisme international et ses remèdes. Comment pourrait-il dire non à un tel engagement qui cadrait avec la philosophie de sa famille, qui bâtit le Muslims Girls College et qui gérait trois Waqf au service des gens.
Hélas ! il ne sera pas là pour m’épauler cette fois mais sa famille peut s’enorgueillir et trouver du réconfort en cet instant douloureux d’avoir eu un membre éminent qui a su influencer l’histoire d’une partie de la communauté. Il avait compris que le destin de la communauté passait par l’éducation et s’est joint à la Sunnee Surtee pour donner corps et âme à cette cause. La vie d’Anwar est une belle leçon pour les commerçants gujaratis, les premiers bâtisseurs des masjids, qu’on peut servir l’intérêt supérieur de la communauté, concilier la justice sociale et l’ambition économique de sa famille. Il a été un modèle de vie et un exemple à suivre.
Le dernier grand voyage d’Anwar est une douleur non seulement pour sa famille mais pour tous ses amis. Pour nous Musulmans, disons que son enterrement n’est pas une fin en soi mais le commencement d’une nouvelle vie dans un autre monde et qu’Allah (SWT) lui accorde le Jannat ul Firdaus.