97. C’est le nombre de victoires que totalise Derreck David au Champ de Mars depuis qu’il a débarqué chez nous en 2013. Si le titre de jockey champion lui est d’ores et déjà promis, le Sud-Africain s’est donné comme ultime objectif d’atteindre la barre des 100 victoires sur notre hippodrome d’ici à la fin de la saison. À deux journées de la fin, force est de constater que c’est un objectif largement réalisable au vu de l’effectif dont il dispose. Avec Rye Joorawon qui est, lui, à deux marches de sa 300e victoire, ces deux hommes sont les jockeys à suivre en cette fin de saison.
On se souvient que le Sud-Africain avait posé ses valises pour la première fois à Maurice il y a trois ans pour le compte de l’entraînement Allet. Après une première fort réussie avec à la clé 30 victoires, c’est sous les couleurs de la défunte écurie Foo Kune, que Derreck David a rempilé pour une deuxième saison à Maurice. Même s’il n’ira pas jusqu’au terme de son parcours, il pilota tout de même 22 vainqueurs pour la casaque jaune et étoiles mauves. Recruté cette année par l’établissement Rousset pour succéder à Johnny Geroudis, le cavalier de 27 ans a littéralement explosé, jouant souvent les premiers rôles avec comme point d’orgue une entrée tonitruante dans le Hall of Fame lors de la 17e journée lorsqu’il remporta un quintuple. À deux journées de la fin, il comptabilise 45 victoires et il fait déjà mieux que Cédric Ségeon, cravache d’Or 2014, qui avait bouclé le précédent exercice avec 39 réussites.
« Cherish The Charm, one of may favourites at the stable »
Avec quelques belles cartouches au fusil, cette 32e journée s’annonçait sous des meilleurs auspices pour Derreck David qui pouvait accentuer davantage son avance au classement des jockeys. Après s’être contenté d’un accessit sur Harba dans la deuxième épreuve et une course en deça des espérances avec Blue Berry quelque minutes plus tard, il s’imposa avec Cherish The Charm dans la quatrième épreuve au terme d’une tactique bien calculée. Avec seulement 53,5 kg sur le dos, Derreck David plaça sa monture dans la position tête et corde et même si Rasheed vint l’opportuner dans la ligne d’en face, le Sud-Africain garda son sang-froid avant de lancer le sprint au 400m. Le reste ne fut qu’une simple formalité. « He’s definitely one of my favourites at the stable », a d’emblée lancé Derreck David à sa sortie de la jockey’s room. « He was probably three classes up but with his light weight, it was always in my mind to go to the front. Once I was able to do that, half of the job was done. I’m expecting nice things from Cherish The Charm next year. Hopefully he carries on like that. »
Même si c’était un pari osé d’aligner Cherish The Charm dans une course de benchmark 56, surtout sur 1650m, Gilbert Rousset a, dans ses commentaires à chaud, concédé qu’il n’avait pas le choix. « Le cheval est resté dans son box vu que pas un mais trois courses de 1850m ont été annulées. On ne savait plus comment l’entraîner. Heureusement qu’on a eu la réussite au bout de la ligne droite. Son petit handicap a été un gros atout. »
Avec trois victoires et deux accessits en sept sorties, Cherish The Charm a largement rempli son contrat cette saison. Produit de Badger’s Drift, ce n’est pas la tenue qui lui fait défaut. D’ailleurs, Gilbert Rousset est persuadé qu’il sera plus percutant sur les parcours de 2000m à monter. À 4 ans, il possède une belle marge de progression et il ne nous étonnerait guère de le voir sur la grille de départ de notre Ruban Bleu la saison prochaine.
Si Cherish The Charm lui a permis de remporter sa 44e victoire de la saison, c’est Isipho, un pick up ride dans l’épreuve de clôture, qui a permis au Sud-Africain d’atteindre la barres des 45 victoires. Cet alezan, la cravache sud-africaine le connaît bien pour l’avoir mené à la victoire en quatre occasions lorsqu’il était titulaire chez l’écurie Allet. Il a tenu à remercier l’entraîneur Vincent Allet et les propriétaires  d’Isipho « for having thought of me when the ride was available. »