Gilles Gérard, historien et anthropologue réunionnais, a présenté et dédicacé son tout dernier ouvrage mercredi dernier à l’Hôtel des Postes à Saint-Leu, île de la Réunion. Sorti de chez L’Harmattan et écrit conjointement avec la romancière Martine Grimaud, le nouveau livre a pour titre «Des esclaves sous le fouet» (sous-titré «Le procès Morette à l’île Bourbon»).
L’ouvrage relate l’histoire d’un long procès en cour d’assises à l’île Bourbon (île de la Réunion) contre un régisseur accusé de traitements barbares et inhumains, ainsi que d’assassinats contre plusieurs esclaves, sur une propriété sucrière. L’ouverture du procès remonte à janvier 1846, soit 170 ans de cela. On était à deux ans avant l’abolition de l’esclavage à la Réunion (1848).
Le régisseur, M. Morette, est un Blanc qui fut « incriminé pour des actes d’une telle violence qu’il était surnommé « la bête », le matavo, celui qui mange les hommes.» L’ouvrage fait le tour de cette histoire « en croisant des regards complémentaires : celui de la justice qui, grâce à de très nombreux témoignages d’esclaves ou de Blancs, esquisse la société réunionnaise de l’époque et celui de l’historien qui rapporte les faits de l’affaire Morette .»
Alors que l’historien Gilles Gérard « rapporte les faits de l’affaire Morette », la romancière Martine Grimaud, « s’inspirant des témoignages de l’époque… a imaginé la souffrance et le quotidien de ces hommes et de ces femmes en leur rendant, le temps de cette lecture, leur vie et leur dignité, pour qu’ils nous racontent ce que la volonté perverse d’un seul homme avait pu leur faire subir, uniquement parce qu’ils étaient esclaves. »