On trouve dans les comptes-rendus des événements du samedi 30 mars, que c’était du jamais vu. Il est vrai qu’il faut chercher assez loin dans le passé pour trouver une catastrophe aussi étendue qu’elle puisse se comparer à celle qui vient de se produire.
Ouvrez le « Port-Louis deux siècles d’histoire (1735-1935) » – aux pages 360 et 361– d’Auguste Toussaint, et vous trouverez, à la date du 12 février 1865 la description du même phénomène météorologique que celui du 30 mars dernier. Les ruisseaux du Pouce et de la Butte à Tonniers « ne trouvant pas une issue suffisante à la mer » envahirent « avec violence » maisons et magasins. Trente personnes périrent dans cette inondation.
Les Mauritius Reports apportent le témoignage des juges Bestel et Colin dans l’affaire Ceylon Co. vs Chauvin : « The delivery Order for the Richemare sugars was of the 28th January 1865… Unfortunately the Defendant had not taken delivery on the 12th February 1865 and on that day the sugars in question or at least part of them, were lost or damaged through the flood which caused so much loss of life and property in this island.” (1866 M.R. 32, 34).
Le « passage Monneron » endigué par les Railway Works (Mercier vs Boyle, 1867 M.R. 36). Lucien Autard de Bragard, ingénieur, fils de la Dame Créole, revenant de Montagne Longue vers 21 heures, sa voiture fut engloutie au passage de la rivière des Lataniers devenue torrentueuse. (Dictionnaire de Biographie Mauricienne p. 1730). « Dans la nuit du 12 février 1865 Port-Louis subit une inondation sans précédent qui fit plusieurs victimes et causa des dégâts considérables : les eaux des ruisseaux transformés en torrents, endiguées par les travaux ferroviaires ne trouvaient plus leur accès naturel à la mer. » (D.B.M. p. 708).
Conclusion : ne rien faire qui puisse mettre un obstacle naturel à la mer.