Le Finance Bill présenté au Parlement mardi prochain entraînera des modifications à la National Identity Card Act. Ces changements permettront l’installation des lecteurs de cartes pour la lecture des données personnelles et des empreintes digitales sur la nouvelle carte d’identité. Cette nouvelle pièce d’identité, exigée par le gouvernement, continue de faire polémique chez les opposants qui ont démarré une nouvelle campagne pour décrier cette démarche. Le Collectif du 17 mars et le Dr Rajah Madhewoo continuent leur lutte. Déjà, une pétition avec 11 points est en circulation dans les 21 circonscriptions de l’île.
Présent devant le Parlement mardi matin, Jeff Lingaya, travailleur social engagé contre l’inscription des données biométriques sur la carte d’identité nationale, veut rallier la population pour dire non aux lecteurs de cartes qui, selon lui, constitue une dérive à la liberté individuelle. “L’amendement qui sera apporté dans le Finance Bill concerne nous tous. Cet amendement permettra de lire les données biométriques dans le secteur privé ou public et entraînera toutes sortes de dérives”, dit Jeff Lingaya lors d’une manifestation symbolique accompagné de quelques membres opposants. Son objectif est de réunir le maximum de personnes pour se mobiliser contre les amendements qui seront apportés ce mardi à travers les nouveaux amendements. Pour Jeff Lingaya, la démarche des parlementaires qui approuveront ou rejetteront les amendements sera suivie. Il ajoute que le gouvernement a trahi la population en continuant avec la prise des empreintes digitales et des données biométriques alors que Lalians Lepep était contre ce projet durant sa campagne en 2014.
Lecteur
de carte décrié
Jeff Lingaya n’est pas contre la nouvelle carte d’identité. D’ailleurs, il mentionne qu’il l’a fait comprendre en 2014. Pour lui, une nouvelle carte d’identité est très appréciée mais sans la prise des données personnelles. Il précise qu’une dérogation existe dans la loi qui permet à une personne alitée d’avoir une carte sans donner ses empreintes digitales. “Nous revendiquons ce droit pour des problèmes de sécurité qui ont été démontrés”, dit-il. Par ailleurs, la plate-forme No To Biometric Data on ID Card a envoyé des correspondances aux parlementaires de l’opposition pour qu’elle puisse obtenir leur soutien lors du vote sur les amendements à la National Identity Card. “C’est toujours silence radio par rapport à ces lettres. Il est malheureux que les politiciens opèrent par rapport de force, dépendant de la population”, dit-il. De plus, il déplore que le gouvernement compte installer des appareils à lire la carte biométrique alors que devant le Privy Council, aucune mention de lecteur de carte n’avait été faite. Dini Lallah, membre du collectif, abonde dans le même sens. Elle estime que la population doit avoir le droit de ne pas donner ses empreintes.
Le Dr Rajah Madhewoo, membre du Regrupma Travayer Sosyal, ne veut pas arrêter sa bataille même après avoir essuyé un revers du Privy Council. Il a déposé une plainte par le biais de son homme de loi, Peter Weatherby, au UN Human Rights Committee pour contester la prise et la conservation des données personnelles d’un individu. “Nous demandons une révision de tous les issues sur la carte d’identité. Certains sujets qui n’ont pas été couverts seront discutés, y compris les lacunes qui existent”, souligne-t-il. Il déplore que le gouvernement ne garde pas sa parole mais a induit la population en erreur en venant désormais avec des lecteurs de cartes. “Des risques existent car des third parties pourront avoir accès à ces données”, dit-il. L’affaire portée devant cette instance internationale coûtera Rs 150,000 et selon lui, le paiement se fera par tranche de Rs 50,000.  Ce travailleur social jette la blâme sur l’avocat Sanjiv Teeluckdharry, qui selon lui, n’aurait pas fait les bonnes représentations au Privy Council pour qu’il puisse remporter le cas. Le Dr Rajah Madhewoo refuse le paiement de Rs 1,9 millions comme exigé par le gouvernement pour les frais encourus sur la carte biométrique au Privy Council. Selon lui, il n’a jamais été question de payer cette somme à aucun moment.    
Les amendements apportés à la National Identity Card Act permettent, entre autres, de lire les données biométriques de la personne sans conserver ces informations personnelles ou les copier.  Toutefois, selon les contestataires, des réels risques existent car ces données peuvent être utilisées contre le gré d’une personne.