Les consommateurs doivent se faire à l’idée : si l’arrivée des premières cargaisons de légumes importés par l’Agricultural Marketing Board (AMB) a atténué leur « problem kari », le recours à l’importation ne pourra le régler entièrement. Ce n’est qu’avec l’arrivée de la saison hivernale, au début du mois de mai, que les cultures maraîchères seront, en effet, de nouveau disponibles en quantité suffisante et à des prix abordables. Pour des raisons de contrôle phytosanitaires, les autorités sont contraintes de limiter au minimum les variétés de légumes autorisées à être importées, de même que les pays d’où ils proviennent.

Les premières cargaisons de légumes importés sont, donc, arrivées par avion dès mardi de la semaine dernière d’Afrique du Sud. Depuis, d’autres cargaisons ont suivi. En vue de pénaliser le moins possible les consommateurs, l’AMB a recommandé pour ces premiers légumes importés des prix de vente au détail.

Comme déjà annoncé, les autorités ont décidé de l’importation d’un certain nombre de légumes les plus prisés en cette période et dont l’importation ne pose pas de gros risques phytosanitaires. L’objectif derrière est de parer à toute rupture du maigre stock de certains produits encore disponibles, tels la carotte, le haricot vert et le chou-fleur. Dans un premier temps, en vue d’un approvisionnement rapide, le recours à l’importation par voie aérienne a été privilégié. Le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, se réjouit que la compagnie nationale d’aviation, Air Mauritius, ait accepté de prêter généreusement son concours dans un esprit de solidarité pour que le coût du fret aérien soit le moins onéreux possible.

Ainsi, dès mardi de la semaine dernière, une première cargaison de légumes frais importés par l’Agricultural Marketing Board (AMB) de l’Afrique du Sud est arrivée au pays. Celle-ci comprend 20 tonnes de haricots verts, 30 tonnes de carottes et cinq tonnes de choux-fleurs. D’autres cargaisons sont aussi arrivées depuis. Le ministre Seeruttun laisse entendre que dans le but, d’une part, de disposer de plus gros volumes et d’impacter encore plus sur le prix, des cargaisons sont aussi attendues par voie maritime. Outre l’Afrique du Sud, les pays producteurs sondés comprennent l’Inde, la Chine et l’Egypte. Mahen Seeruttun n’a pas manqué de lancer un appel à tous les acteurs de la chaîne de distribution pour qu’ils jouent le jeu au profit du public consommateur.

L’AMB a, pour sa part, déjà révélé ses prix au détail recommandés pour chaque produit qu’il importe. Ainsi, l’office des marchés recommande que le haricot vert et la carotte qu’il importe soient revendus au détail à Rs 37.50 le demi-kilo alors que pour le chou-fleur, le prix recommandé est de Rs 57.50.

Tenant en compte des périodes de jeûne pour le Cavadee qui a été célébré mercredi et le Maha Shivaratree prévu le 13 février prochain, l’AMB a aussi fait des arrangements pour qu’une partie de ses légumes importés soient livrés à des associations religieuses.

A l’AMB, l’on assure que les légumes que l’organisme importe sont disponibles dans tous les marchés de l’île. En vue de limiter les abus, chaque marchand ne dispose, à chaque arrivée, que de 50 kg de chaque produit pour être revendu.

Les légumes frais demeurent un luxe

Le ministère de l’Agro-industrie prévient : les inspecteurs de la Consumer Protection Unit sont à pied d’œuvre pour veiller à ce que les prix recommandés soient respectés. Aussitôt les premières cargaisons par bateaux arrivées, le ministre Seeruttun se dit confiant que les prix initialement recommandés seront revus à la baisse.

Dans le meilleur des cas, si le temps s’améliore, certaines cultures, comme la laitue ou les aromates, devraient repousser dans pas longtemps. D’autres produits comme les haricots ne seront, toutefois, pas disponibles avant au moins huit semaines. D’autres encore, comme la carotte, pas avant trois mois.

C’est dire qu’entre-temps, le consommateur doit s’employer pour acheter malin. Dans nombre de cas et en fonction de la bourse de chacun, des légumes en conserve ou frigorifiés vendus en sachets sont de bonnes affaires.

Mais généralement, les légumes frais demeurent un luxe ces jours-ci. Ainsi, si le recours à l’importation atténuera quelque peu les malheurs de la ménagère, pour manger à sa faim sans trop se faire saigner, la famille devra attendre l’arrivée de l’hiver quand les cultures maraîchères seront, de nouveau, à des prix abordables dans les marchés.

Le Conseil des ministres a, par ailleurs, approuvé le lundi 22 janvier, le plan d’aide aux agriculteurs. Celui-ci comprend, d’abord, des mesures en vue de la réhabilitation des champs. A cet effet, il a été demandé à la Mauritius Cane Industry Authority (MCIA) de prendre contact avec des opérateurs de l’industrie sucrière pour qu’un certain nombre d’équipements agricoles soient mis à la disposition des planteurs de cultures maraîchères.

Une fois les champs réhabilités, des semences d’un certain nombre de cultures, dont la carotte, le chou, le chou-fleur, le haricot vert, le concombre, la tomate, le pâtisson et le giraumon, seront mises gratuitement à la disposition des planteurs.

Chaque planteur disposera, en sus, de trois sacs de 25 kg de fertilisant par arpent. Ceux engagés dans la culture hydroponique bénéficieront, pour leur part, de 500 kg de compost par arpent cultivé en vue de la relance de leurs activités.

Dans un souci concret de compenser les pertes subies par les agriculteurs à la suite du sinistre occasionné par le cyclone Berguitta et les pluies abondantes subséquentes, chaque planteur bénéficiera d’une compensation financière de Rs 3500 par arpent.

En sus, une ligne de crédit sous forme d’un prêt de Rs 35, 000 par arpent jusqu’à une concurrence de Rs 100 000 sera disponible pour tout planteur de légumes, de fleurs et de fruits. Disponible auprès de la Banque de développement (DBM), ce prêt à 3% d’intérêts l’an est remboursable sur 4 ans.

Ceux parmi les agriculteurs qui font de la culture sous serre pourront bénéficier, pour leur part, d’un prêt de Rs 75 000 par serre. Quant aux planteurs de canne affectés par les intempéries, il leur est proposé un prêt de Rs 10 000 par arpent jusqu’à  concurrence de Rs 100, 000 remboursable sur cinq ans.