Plusieurs familles démunies d’une poche de pauvreté à St-Pierre ont reçu une « maisonnette » de deux chambres à base de tôle et de bois avec la NEF. Ces maisons ne sont toutefois équipées ni de salles de bains ni de toilettes. Les personnes qui vivent dans ces maisons dont les normes de construction laissent à désirer sont obligées de faire leurs besoins dans les champs avoisinants et de se doucher en plein air.
« Mo pena enn toilet, mo vie, mo bizin mars bokou pou al fer mo bezoin dan boi », déplore Marie-Anne Ravaton, une sexagénaire. Des conditions de vie inhumaines, tel est le quotidien, et ce en 2014, de plusieurs familles de Cité Ste-Catherine, à St-Pierre, où bon nombre d’entre elles vivent dans une situation précaire. Pourtant, la National Empowerment Foundation (NEF) sous l’égide du ministère de l’Intégration sociale a offert des « maisonnettes » faite de tôle et de bois à une vingtaine de ces familles pauvres de cette cité ouvrière. Toutefois, l’absence de salles de bains et de toilettes dans ses maisons offertes par la NEF laisse pantois.
En parcourant les rues de ce quartier, n’importe qui peut constater son état d’abandon. Des déchets laissés ici et là, un service de drainage qui laisse à désirer et un manque d’infrastructures sociales. Nous découvrons sur un terrain une famille de 22 personnes qui vivent entassées dans des bicoques en tôle de deux pièces. Charlène Fineau, la cadette de la famille, nous raconte son histoire avec amertume. Elle a dû arrêter l’école très tôt pour aller travailler afin de faire bouillir la marmite. C’est sur un réchaud à charbon que sa maman prépare leur repas. « Nou pena kouran, ni delo ek noun gayn lakaz avec Trust Fund, zot pann donn nou ene toilet. Nou oblize al dan boi et li bien danzere pou bann zanfan. »