SANDRINE RUSSIE BEAUHARNAIS

J’ai ouvert mon livre et j’ai commencé à lire

Parmi les mots qui noircissaient ces pages

Certains étaient responsables de mon blocage

Et m’inspirait la rage.

Des mots qui touchent

Des mots qui transpercent

Des mots qui font mal

Des mots qui paraissent si inoffensifs

Mais si vous saviez

Cette souffrance a commencé par des mots

Mocheté, “vilin kreatir”, grosse vache

Puis les mots ont laissé place à des phrases

“Ta..to vilin..get twa dan laglas”

“Eta met enn mask, to kapav fer zanfan per”

Pourtant, je ne leur avais jamais adressé la parole

Alors pourquoi moi ?

Qu’est-ce que j’avais fait de mal ?

Tous les jours, c’était des mots blessants

Des mots puissants !

Et puis ces mots blessants ont commencé à faire couler mes larmes et du sang

Automutilation : blessures sur l’avant-bras, brûlures Bref tout ce que je croyais pouvoir me soulager.

Les gens ne réalisent pas que les mots sont des armes de destruction

Certains voyaient ma souffrance, mais n’ont rien fait

Et puis, un jour, il y a eu une roue de secours

Une amie a vu ma souffrance et a osé dénoncer

Ce jour-là, j’ai décidé de changer de chapitre

Les mots qui s’y trouvaient allaient apporter de l’espoir

Se reconstruire, joie, l’amour de soi

Des mots qui touchent

Des mots qui vont droit au cœur

Des mots qui font du bien

Des mots, signes d’espoir et de renouveau

Pour tous ceux qui sont victimes de harcèlement.