Stoppée un moment — à cause des critiques ? —, la valse des nominations à des postes de responsabilité des anciens ministres, des candidats battus aux élections et autres proches du pouvoir reprend. La première vague de récompenses pour services politiques rendus avait vu la nomination de Showkutally Soodhun comme ambassadeur de Maurice en Arabie saoudite, alors que l’ambassadeur en titre n’avait même pas été rappelé à Port-Louis. En ce faisant, le gouvernement a confirmé Showkutally Soodhun dans un poste qu’il occupait officiellement alors que, par ailleurs, il était vice-Premier ministre et membre du cabinet ministériel mauricien. Cette double appartenance avait d’ailleurs provoqué des remous diplomatiques quand Soodhun s’est comporté, plus d’une fois, comme le représentant du royaume saoudien que comme un ministre mauricien. Il avait même failli provoquer une crise diplomatique en prenant une position contraire à la politique étrangère de Maurice. En dépit de ses déclarations intempestives, dont celle menaçant le leader de l’opposition de l’époque d’un coup de revolver, c’est cet homme-là, pour qui la diplomatie est une langue étrangère, que le gouvernement mauricien a choisi pour représenter la République en Arabie Saoudite. Pour récompenser les proches ou ceux qui ont rendu des services, tout est donc possible.
Parmi les nouvelles nominations, il faut souligner celle du candidat battu Zouberr Joomaye comme Senior Advisor on Strategic Matters au Bureau du Premier ministre. La nouvelle annoncée par notre confrère le mauricien précise que le nouveau conseiller sera celui d’un titulaire sans salaire comme ce fut le cas de Georges Chung. Après avoir été élu sous la bannière du MMM en 2014, le docteur avait passé quelques semaines comme député indépendant, avant de se rallier au MSM. Pendant un temps, il occupa le poste de porte-parole du gouvernement pour les conférences du samedi matin destinées moins à parler du travail des ministres qu’à attaquer les membres de l’opposition. On se demande bien quelles sont les compétences du docteur en termes de stratégie, dans la mesure où il n’est même pas parvenu à se faire élire aux dernières élections. Mais, disent les mauvaises langues, il doit sa nomination à ses excellentes relations avec les chefs de la fameuse kwizinn qui serait le centre du pouvoir à Maurice.
C’est cet accès aux chefs de lakwizinn qui serait à la base d’une nouvelle nomination à la MBC. Ou pour être plus précis, d’une renomination. Il se chuchote très fort dans les couloirs de la télévision d’État que l’ex-DG par intérim de la corporation, obligé de démissionner, va effectuer son retour en tant que directeur général adjoint dans les jours à venir. Cet ancien proche de l’ancien DG travailliste se serait rendu indispensable au MSM en mettant à sa disposition les images d’archives ayant servi au clip Viré Mam. Pour avoir tenu des propos à la limite du racisme l’année dernière, il avait été contraint à la démission, avant de revenir comme consultant quelques jours après. Il fut alors remplacé au poste de DG en titre par le président du conseil d’administration, qui démissionna pour pouvoir occuper ce poste.
Il est vrai qu’au MSM, cette manière de faire n’est pas nouvelle. Souvenez-vous de cette présidente de l’IBA — courtière à ses heures perdues — qui répondit à une offre d’emploi en ne sachant pas qu’il s’agissait du poste de directeur général de l’institution dont elle était la présidente ! En tout cas, à Moka, les préparatifs pour accueillir le retour du DG par intérim démissionnaire ont commencé. Il paraît que son bureau est prêt et sa place dans le parking de la corporation déjà réservée. Il paraît qu’une de ses priorités serait de régler ses comptes avec ceux qui l’avaient dénoncé pour ses propos à la limite du racisme. Comme quoi, il y aura du sport en interne dans les prochains jours à la MBC.
Le Premier ministre semble avoir la mémoire courte. Il a oublié comment les nominations des proches et des militants du MSM à des postes de responsabilité se sont avérées catastrophiques pour son premier gouvernement. Il a oublié à quel point les frasques des nominés et le manque de compétence de certains d’entre eux ont donné une image négative à son action gouvernementale. Mais peut-être que le Premier ministre n’écoute que les conseils des chefs de lakwizinn. Ceux qui décident des nominations.