À leurs côtés, Sylvio Louise, pour un retour vers le passé, et Yoan Catherine comme aperçu de ce que pourrait être le renouveau. Sur la scène du MGI le 9 novembre, Cassiya offrira de contempler ce qu’il est advenu de l’héritage légué par le séga à travers un concert qui promet de rivaliser avec quelques-uns des meilleurs shows donnés par le groupe jusqu’ici. Un moment que le chanteur Désiré François se prépare à vivre intensément.
Au-delà des cassures et des reconstructions qui ont marqué son histoire, Cassiya a gardé la formule et l’esprit qui ont permis au groupe d’apporter un autre souffle à la musique mauricienne. Cassiya, c’est, certes, un enchaînement de tubes, dont certains sont des références du séga contemporain. Mais, le groupe c’est aussi un sens profond du spectacle dans un déferlement de rythmes, de sonorité, de lumières et d’émotions. D’où l’intensité qui caractérise ses lives appréciés localement, dans la région et sur divers continents.
Défi.
Et ce n’est pas pour autant que le défi est moindre à l’approche du 9 novembre. En ce moment, les répétitions sont régulières afin que tous s’accordent sur la même note pour offrir à ceux qui se déplaceront pour le MGI une ambiance de découverte couplée à un sentiment de retrouvailles. Cassiya et Désiré François n’ont peut-être pas de nouveautés à proposer cette fois, mais ce qui sera servi ne sera pas du réchauffé. Ils veilleront à éviter tout arrière-goût en rajoutant des saveurs supplémentaires à ces airs qui se fredonnent désormais au sein d’une deuxième génération aussi.
C’est précisément le poids du succès remporté qui rend la charge encore plus lourde sur les épaules de Désiré François. Retrouvant ses musiciens au studio de Petite Rivière pour une autre séance de répétition, le chanteur opte pour rigueur et régularité afin que la suite soit dans le ton recherché. Leritaz Sega, le concert en préparation, devra aussi faire date dans la riche histoire du groupe pour qui ce sera un autre événement à célébrer. “Parce que nous ne pouvons jamais prédire ce qu’il adviendra après. Autant profiter de l’occasion qui nous est donnée de la meilleure façon possible”, confie Désiré François. Ce dernier se prépare pour sa nouvelle scène avec une certaine excitation. Depuis plus de 20 ans qu’il chante sous les chaudes acclamations du public, “c’est quelque chose dont je ne peux plus me passer désormais. Si je reste loin de la scène pendant trop longtemps je finis par avoir l’impression qu’il y a quelque chose qui manque à ma vie. Je préfère donc y revenir aussi souvent que possible.”
Seki finn marke.
La première fois, se souviendra-t-on, c’était lors du concours télévisé où Séparation l’avait propulsé au-devant de la scène. “Je n’avais jamais imaginé que je connaîtrai le succès à travers cette chanson. Je n’y croyais pas trop, et d’ailleurs ce sont mes amis qui m’avaient encouragé à m’inscrire au concours. Puis, une fois que c’était lancé, tout s’est enchaîné rapidement et les choses n’ont plus arrêté depuis.” C’était il y a plus 20 ans, au moment où s’écrivait encore la genèse de cette formation qui deviendrait plus tard l’une des plus réputées de la région et dont la popularité n’a peut-être jamais été égalée. “Comme nous le chantions : Seki inn marke pou arive. Dans mon cas, il m’est clair que même si je n’en étais pas conscient, il était prévu que les choses devaient se passer de cette manière. Et depuis, tout ce qui a suivi s’est enchaîné dans la même logique. À croire que tout cela avait été écrit en avance.”
L’énergie.
Le tract qui l’habite jusqu’à présent avant tout spectacle reste son indicateur qu’il est toujours motivé par le désir de mieux faire. Avant chaque grande scène il y a toujours les mêmes interrogations, la même angoisse. “Puis, quand le public commence à crier, je ressens comme une grande énergie qui me prend. Une fois la première note lancée je me sens transporté dans une autre dimension. Ce qui se passe alors est magique. C’est un moment intense et inexplicable que je vis sur la scène. Je me sens habité par une vraie joie, une grande émotion qu’il m’est donné de partager avec le public.”
Si Cassiya n’a plus grand-chose à prouver, ses membres restent convaincus que leur mission est loin d’être terminée dans le domaine musical. “Notre défi permanent pour un groupe comme Cassiya c’est d’arriver à continuer sur la voie du professionnalisme en offrant la qualité au public. Nous nous rendons ainsi compte qu’il y a encore du chemin à parcourir et c’est cette amélioration constante qui permettra au séga de percer au niveau international. Même si cela ne se fait pas à travers nous, nous aurons indiqué la voie aux jeunes pour qu’ils sachent comment progresser. Nous avons beaucoup de talents et de belles voix à Maurice”, dit Désiré François.
Isi kot noue ete.
Cassiya ne s’est, ainsi, jamais essoufflé. Les derniers concerts donnés par Désiré François et les siens à Maurice, à Rodrigues et à La Réunion ont aidé le groupe à comprendre qu’il arrive encore à remplir les salles et que l’enthousiasme autour de sa musique est resté. “À un moment nous nous étions un peu dispersés. Mais désormais nous savons vers quoi nous avançons.”
Isi kot nou ete, Rasinn lavi, Nanier pa effase, Le Morne, La vérité, La terre, Lavi seront parmi les titres que Désiré François reprendra en compagnie de son public sur la scène du MGI. Il sera accompagné des mêmes musiciens qui composent aujourd’hui le groupe, tandis que la section cuivre sera plus étoffée pour rajouter des couleurs supplémentaires. Avec la participation de Yoan Catherine, de Sylvio Louise et d’autres invités surprise, le concert durera approximativement trois heures. Il s’agira d’une balade à travers le temps à l’écoute de la musique mauricienne.