La Med Fishing Cooperative Society dénonce la destruction de ses abris en tôle à St-Brandon. Cette société gérant le bateau Serenity rappelle qu’elle y faisait escale lors de ses campagnes de pêche. Elle déplore le fait que le ministère ait réagi après les « dénonciations » d’un concurrent.
Le Serenity, bateau de pêche financé en partie par l’État sous le Food Security Fund, est un modèle de progrès pour les pêcheurs artisanaux. Jusqu’ici, ses campagnes de pêche hors du lagon ont été fructueuses. Comme d’autres bateaux pêchant dans la région, l’équipe du Serenity faisait escale à St-Brandon.
Document en main, Lallmamode Mohamedally, porte-parole de la société, précise avoir eu autorisation de l’Outer Island Development Corporation pour utiliser l’île. « C’est dommage que le ministère ait choisi de détruire les cases après les dénonciations d’un directeur de Raphaël Fishing. Il a dit dans des articles de presse qu’il y avait dégradation de l’environnement. Et si c’était uniquement pour éliminer la concurrence ? » soutient-il.
Lallmamode Mohamedally est d’avis que le ministère aurait dû discuter avec les pêcheurs pour savoir de quoi il en retourne exactement. « Nous n’avions que quatre personnes sur l’île. Nous avions profité du climat pour produire du poisson salé. C’est une initiative que le gouvernement aurait pu encourager au lieu de venir tout détruire. Les autorités disent que les pêcheurs doivent évoluer, mais lorsque nous faisons des efforts, on nous décourage ».
Lallmamode Mohamedally est aussi d’avis qu’à un moment où le gouvernement est en train d’accorder une subvention aux coopératives de pêche pour acheter des bateaux, il faudrait commencer à réfléchir à la possibilité de faire de St-Brandon une base d’opération. « Le gouvernement a prévu d’accorder des subventions à six coopératives de pêche. Où ces pêcheurs vont-ils s’arrêter pendant leur campagne ? On demande aux pêcheurs de sortir en haute mer, mais ils doivent au moins avoir une base, un endroit où s’arrêter, où garder leurs équipements et où recevoir des soins en cas de besoin ».
Le porte-parole de la Med Fishing Cooperative Society avance également que si c’est la protection de l’environnement le vrai enjeu, le gouvernement aurait dû venir en discuter avec les pêcheurs. « Nous sommes disposés à aider à la préservation de la faune et de la flore, il suffit qu’on vienne nous dire quoi faire et ne pas faire. Et non pas qu’on se serve du prétexte de l’environnement pour éliminer la concurrence ».
Il souligne également que s’il y avait autant de pêcheurs sur l’île, c’est parce que l’OIDC elle-même a donné l’autorisation. L’équipage du Serenity n’était qu’un parmi les autres. « S’il faut mettre de l’ordre, nous sommes d’accord, mais tout doit se faire dans la transparence ».
Lallmamode Mohamedally dit également souhaiter qu’on n’ait pas fait partir les pêcheurs pour privilégier le développement touristique à St-Brandon. « Il y a des bruits quant à un développement touristique sur l’île. Si tel est le cas, où iront les pêcheurs lorsqu’ils sortent pour pêcher en haute mer ? »
Dans un communiqué émis le 28 juillet, le ministère des Administrations régionales et des Îles éparses, lui, avait évoqué une « occupation illégale de deux îles de St-Brandon », en l’occurrence Courson et Tec-Tec. Dix-sept pêcheurs se trouvaient sur la première et quatre sur l’autre. Selon le même communiqué, ils avaient été sommés d’évacuer les lieux depuis août 2016. C’est le 24 juillet dernier que les structures ont été démolies par les éléments de la National Coast Guard.