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L’ONG : « On ne libère pas des prisonniers sans préparation ! »

Lorsque des travailleurs sociaux qui font de l’accompagnement auprès des prisonniers ont appris que quelque 400 d’entre eux, auteurs de petits délits, allaient être libérés le 11 avril, ils sont tombés des nues. L’annonce avait, en effet, étonné plus d’un dans la population. Mais pour Eileen Marie, présidente de l’organisation non gouvernementale Élan, cette décision sans préparation des détenus graciés était trop brusque. Résultat, dit-elle : « Trois semaines après la libération des détenus, certains d’entre eux sont déjà de retour en prison ! » 

Eileen Marie explique que c’est en étant en contact (à distance) avec des prisonniers qu’elle accompagne qu’elle a appris le retour de quelques-uns dans le milieu carcéral. « Je n’ai pas été surprise d’apprendre que ces prisonniers ont été de nouveau arrêtés et conduits en cellule. On aurait oublié que pendant une période de confinement, l’emploi et les services soient inaccessibles ? Et que tous les détenus ne trouveront pas à manger et un toit ?
S’est-on, assuré que les familles étaient prêtes à accueillir leurs proches avec qui elles étaient peut-être en conflit ? Qu’on ne s’étonne pas, dès lors, de récidives rapides. On ne libère pas des prisonniers sans préparation ! »
 s’indigne la responsable d’Elan.

C’est initialement en décembre prochain que les graciés du confinement et incarcérés dans différentes prisons du pays devaient retrouver la liberté. Avant de franchir les portes des établissements pénitentiaires, ces prisonniers avaient été avertis des conditions de leur libération. Ils sont tenus à respecter ces conditions et à ne commettre aucun délit. Le départ prématuré des détenus fait suite à une demande du commissaire des prisons, Vinod Appadoo, pour une rémission afin de décongestionner les cellules pour éviter les risques de contamination au Covid-19.

Eileen Marie explique qu’Elan, qui est un partenaire clé des autorités carcérales, a déjà fait une demande pour connaître l’identité des détenus qui ont bénéficié d’une remise de leur peine. Cela pour les retracer et leur proposer d’adhérer au programme de réhabilitation de l’ONG.