L’équipe du surintendant Shyam Bansoodeb, de la CID de la Western Division, a interpellé une Senior Accounts Officer résidant la capitale. Cette dernière, qui travaille au sein d’une compagnie s’occupant notamment des comptes de coopératives et d’associations, est accusée d’avoir détourné environ Rs 10 millions au préjudice de son employeur.

En mars dernier, le directeur de l’entreprise (65 ans) s’était rendu à la police de Beau-Bassin pour porter plainte, disant avoir noté des irrégularités de Rs 1,4 million entre les chiffres du Cash Book et le compte bancaire d’un de ses clients, un syndicat copropriétaire d’un immeuble renommé de la rue St-James, à Port-Louis. Les soupçons se sont rapidement portés sur la comptable, qui aurait décaissé cet argent à travers plusieurs chèques. Or, le sexagénaire affirme que seules deux « authorised persons » ont le droit d’effectuer cette transaction, et non la suspecte.

Arrêtée le mois dernier, la comptable a été inculpée de “larceny of person in receipt of wages” pour ce cas. Sauf que le plaignant soupçonne maintenant son employée d’avoir détourné pas moins de Rs 10 M au cours de ces dernières années. Aussi a-t-il permis à la CID d’accéder aux documents de sept de ses clients, et dont la suspecte s’occupait des dossiers. La police, de son côté, a sollicité l’aide de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) et de la Financial Intelligence Unit (FIU), qui disposent de la logistique nécessaire pour lancer une investigation sur cette présumée fraude financière.

La police compte entretemps interroger les proches de la comptable, et dont les comptes bancaires auraient pu être crédités avec de l’argent provenant de ce détournement allégué. Les enquêteurs ont également demandé à l’ICAC d’effectuer un « audit trail » des biens de la suspecte, contre laquelle un gel des avoirs n’est pas à écarter. Cette instance a noté « de gros versements » provenant de différentes sociétés sur le compte d’un membre de sa famille. Or, les comptes de ces compagnies sont gérés par l’entreprise du sexagénaire. Autre fait qui intéresse les enquêteurs : la récente acquisition d’une villa par le compagnon de la suspecte, et dont le paiement a été effectué en une seule tranche. Dans ces circonstances, la comptable a fait l’objet d’une inculpation provisoire de blanchiment d’argent la semaine dernière.

La police n’écarte cependant pas une possible complicité au sein du département de comptabilité où travaillait la suspecte. Concernant le cas de Rs 1,4 M, la CID a demandé à l’employeur de la suspecte de leur fournir davantage de précisions sur l’identité des « authorised persons ». Les policiers comptent également se rendre dans une banque commerciale afin d’établir comment elle a accepté de décaisser une telle somme en l’absence des signatures autorisées. Étant donné la période de confinement sanitaire, l’ICAC n’a pas encore convoqué la comptable pour entendre ses explications. La semaine dernière, interrogée, celle-ci avait nié les faits reprochés.