Quinze mois après son démarrage, l’enquête du Central CID sur le détournement de Rs 80 millions au préjudice de la Bramer Bank Corporation l’année dernière n’a pas encore fini de dévoiler ses dessous. Un 32e suspect, et pas des moindres, a été appréhendé à la mi-journée. Munis d’un mandat d’arrêt en bonne et due forme, des limiers du Central CID ont débarqué au domicile de l’assistant commissaire de police Anil Kumar Dip. Il avait été convoqué formellement pour ce matin par le Central CID pour interrogatoire dans cette enquête. Amené sous forte escorte policière au QG du Central CID pour interrogatoire, il est fort probable qu’il soit placé en détention policière jusqu’à la conclusion de son audition.
Depuis ce matin, l’état-major du Central CID est sur le qui-vive suite à la convocation pour interrogatoire Under Warning servie à l’assistant commissaire de police Anil Dip dans le sillage de l’arrestation et l’inculpation de son fils, considéré comme un des cerveaux de la fraude et de son épouse, à la tête de sociétés incorporées ayant bénéficié des « proceeds of crime ». Des sources concordantes avancent que ce n’est pas la première fois que l’ACP Dip offre de la résistance à des convocations formelles du Central CID dans l’enquête sur cette affaire. L’assistant commissaire de police devient le 32e suspect à être appréhendé dans la Bramer Bank Saga.
Une des raisons avancées ce matin pour tenter de justifier l’absence de l’ACP Dip dans les locaux du Central CID est l’indisponibilité de ses conseils légaux pour aujourd’hui. Des échanges entre les représentants des conseils légaux et les responsables de l’enquête policière en vue d’un report du rendez-vous ont été vains. Après consultations au plus haut échelon de la force policière sur la marche à suivre face à l’obstination de l’ACP Dip, la décision d’émettre un mandat d’arrêt contre celui-ci a été prise.
Des sources officieuses indiquent que l’arrestation de ce haut gradé de la police s’est déroulée dans des circonstances houleuses. Il aurait offert une forte résistance à son arrestation à son domicile. Un rapport complet sur cette opération mise à exécution par la Special Cell du Central CID devra être soumis aux autorités compétentes en cours d’après-midi, en parallèle avec le début de l’interrogatoire de l’assistant commissaire de police, qui pourrait bien faire prévaloir son droit constitutionnel au silence.
Le principal objectif derrière la convocation formelle de l’ACP Dip est de confirmer des pistes en vue de recouvrer une somme d’au moins Rs 20 millions des Rs 80 millions détournées à la Bramer Bank pour la période d’avant août de l’année dernière. Les responsables de cette enquête s’interrogent sur le fait que ce responsable de la police ne peut plaider l’ignorance devant des transactions douteuses portant sur des dizaines de millions se déroulant sous le même toit avec pour principaux protagonistes son épouse et son fils.
A ce jour, l’audit trail, mené en collaboration avec des banques commerciales selon les dispositions de la loi, n’a pas permis de retracer une somme de Rs 20 millions qui était sous le contrôle du clan Dip. Le Central CID croit savoir que des explications complémentaires de l’ACP Dip sur les whereabouts de ses proches at the material time de la fraude pourraient aider à élucider l’usage de ces fonds détournés.
Après l’arrestation de l’ACP Dip, le Central CID compte revenir à la charge avec les conseils légaux de la famille Katoaroo et les paiements de Legal Fees de Rs 1,5 million. Me Rouben Mooroongapillay, qui avait été admis à la clinique au moment de son interrogatoire, devra retourner au Central CID pour terminer l’exercice en cours et être confronté aux derniers éléments en possession des enquêteurs de la police.
Affaire à suivre