Le procès de détournement de fonds intenté à Vikram Chopra, un homme d’affaires d’origine indienne résidant à Abu Dhabi, a été appelé ce matin devant la magistrate Niroshni Ramsoondar. Les plaidoiries pour clore le procès ont été fixées au 10 avril. Le Directeur des Poursuites Publiques (DPP) attend par ailleurs d’être fixé sur l’appel en Cour suprême contestant la décision de la Cour intermédiaire de rayer les charges contre Afsar Ebrahim, qui était coaccusé dans cette affaire.
Après que la défense pour l’accusé Vikram Chopra avait « closed its case » l’année dernière, l’avocat d’Afsar Ebrahim avait logé une motion de « no case to answer » contre son client. La Cour avait accédé à cette demande le 6 octobre dernier, rayant ainsi les deux charges de complot qui pesaient contre lui. Il était reproché à Afsar Ebrahim d’avoir, en 2008, avec ses autres partenaires, escroqué une somme de Rs 22 millions autour de la vente d’un terrain appartenant à l’État. Afsar Ebrahim faisait l’objet de deux charges de complot et était poursuivi avec un autre accusé, Marc Harel. Ce dernier étant décédé, l’accusé avait logé une motion de « no case to answer » demandant la radiation des charges et avait plaidé non coupable.
Quinze jours après ce jugement, le DPP avait logé l’appel en Cour suprême pour contester cette décision, arguant que la Cour intermédiaire s’était « trompée » en déduisant qu’Afsar Ebrahim n’avait pas comploté avec Marc Harel et Nassiroodin Arzamkhan, alors que les preuves démontraient que des accords avaient été conclus pour vendre les terrains de Vallée-des-Prêtres à la compagnie Yieldies. L’appel n’a pas encore été entendu.
Vikram Chopra avait été arrêté à son arrivée Maurice le 9 avril 2009 alors qu’il était venu assister aux noces d’un couple de multimillionnaires au centre Swami Vivekananda à Pailles. Reema Shetty, invitée elle aussi au mariage et arrivée à Maurice avant l’accusé, n’avait pas eu le temps de le dénoncer à la police. L’ancienne partenaire d’affaires de Vikram Chopra avait déclaré que son associé avait détourné la somme de 6 040 000 USD qu’elle lui aurait remise.
Afsar Ebrahim, qui avait été assigné comme accusé N° 2 dans le procès, est un professionnel travaillant pour le compte de la firme de services-conseils De Chazal Du Mée (DCDM). Cette société avait été engagée par le principal accusé pour aider sa compagnie, dont faisait partie la plaignante Reema Shetty, qui cherchait à investir dans un projet d’Integrated Resorts Scheme. DCDM avait identifié un terrain d’une superficie de 128 arpents situé à Vallée-des-Prêtres et agi comme liquidateur de la compagnie propriétaire du terrain, Le Hameau Ltée. Dans l’affidavit juré en 2009, Vikram Chopra avait affirmé que suite à ses démêlés avec la justice, il avait eu le sentiment que sa carrière d’homme d’affaires était terminée, n’ayant plus l’occasion de se rendre en Inde et dans les Émirats Arabes Unis pour relancer ses affaires. Ses requêtes en cour pour obtenir l’autorisation de quitter le sol mauricien avaient été rejetées. Placé en détention pendant quelque temps, l’homme d’affaires indien avait été relâché après le paiement d’une caution de Rs 1 million et la signature d’une reconnaissance de dettes de Rs 10 millions. Sir Hamid Moollan (QC), Mes Hervé Duval et Shaheena Carrim représentent les intérêts d’Afsar Ebrahim.