À la fin du mois dernier, la dette étrangère contractée par le gouvernement s’élevait à Rs 42,3 milliards. Ce détail a été révélé mardi à l’Assemblée nationale par le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval en réponse à une interpellation parlementaire inscrite au nom du député du MMM Kee Cheong Li Kwong Wing. Si l’on tient compte des données publiées par la Banque de Maurice concernant la dette locale, qui était de Rs 133,7 milliards, force est de constater que la dette du gouvernement se monte à Rs 176 milliards. Mais de cette enveloppe de Rs 42,3 milliards, seulement un montant de Rs 11,9 milliards sous forme de dette étrangère avait été déboursé, poussant l’opposition à faire état de ses appréhensions quant aux « Commitment Charges » à être encourues sur les fonds étrangers non utilisés jusqu’ici. Le niveau d’endettement du Central Electricity Board (CEB) s’est de son côté accru de Rs 1,5 milliard au cours de ces cinq dernières années pour atteindre les Rs 6,4 milliards à la fin d’octobre.
« The end disbursed balance of Rs 30,4 billion comprises of an amount of Rs 16,4 billion in respect of Budget Support Loans and Rs 14 billion regarding Project Loans », a poursuivi le vice-Premier ministre et ministre des Finances dans ses explications à la Chambre. Xavier-Luc Duval a ajouté que la compagnie Airports of Mauritius Limited s’est retrouvée avec un emprunt en devises étrangères de Rs 7,8 milliards et un montant de Rs 4,1 milliards non utilisés jusqu’ici. Il a rassuré les parlementaires que ce prêt au nom d’Airports of Mauritius Limited n’est pas assujetti à des commitment charges.
« In regard to budget loans payment, commitment fee is not applicable to the majority of the loans. Thus, out of 24 project loans contracted by government as to date only three loans carry provisions for payment of a commitment fee », a déclaré le Grand argentier. Le montant payé en termes de commitment charges est de Rs 11,1 millions cette année. Toujours au chapitre de la gestion de la dette, le vice-Premier ministre et ministre des Finances s’est appesanti sur le fait que « disbursement from project loans is in link with the pace of project implementation. Therefore, to minimise risk of payment of commitment fee, government is taking steps to ensure timely preparation, processing and implementation of investment projects on various points including strengthening, planning framework, improving linkages between planning, budgeting and procurement ; building capacity at various levels of public bodies to ensure adequate preparation of projects and reforming legislation to ensure efficiency gains ».
Les arguments du vice-Premier ministre et ministre des Finances n’ont pas été suffisants pour convaincre l’opposition, le leader du MMM Paul Bérenger étant revenu à la charge une première fois pour obtenir confirmation si aux estimations de la dette publique par rapport au Produit intérieur brut (PIB), le montant de la dette étrangère non déboursée en fait partie car son exclusion en fait toute la différence dans ce paramètre « monitored » par le Fonds monétaire international et autres agences de financement.
« I am very surprised that the Honourable Minister does not know the answer because it makes a big difference », s’est demandé le leader de l’opposition, qui a poursuivi « will he, therefore, tell us whether the undisclosed amounts were taken into consideration when we were given figures for public debt as a percentage of GDP and what, if not, when they are taken into consideration and what are the figures ».
Un autre sujet de préoccupation au niveau de la dette évoqué par l’opposition concerne la risk minimization, plus particulièrement par rapport aux prêts libellés en yuan chinois. « What risk minimization policy is taken by the Debt Management of the Ministry of Finance to minimize the risk when we know the profile of the repayment of these Chinese Yuan Loans will be to the disadvantage of Mauritius, which does not earn Chinese Yuan in its export receipts ? » s’est demandé le député Li Kwong Wing.
Paul Bérenger a mis pour sa part l’accent sur la tendance de l’évolution de la devise chinoise sur le marché de change international et les risques pour Maurice au moment du remboursement. « If there is one currency that is appreciating and that is expected to appreciate massively in the years to come, it is the Chinese yuan. Everybody knows that », s’est insurgé le leader du MMM pour réclamer que le ministère des Finances se dote des compétences pour assurer une gestion optimale de la dette étrangère dans l’intérêt du pays.
Tout en affirmant que la dette étrangère représente 20 % de l’endettement public, Xavier-Luc Duval a voulu se montrer rassurant en ce qui concerne la monnaie chinoise, soutenant que « there is not just the very low interest rate that we pay on the chinese loans. We have other, as was recently signed with the vice-Minister of commerce grants. We receive quite a lot of grants, which are completely interest-free; we also receive interest free loans. So all these must be taken together in looking at our financial relationship with China ».
À la suite d’une suggestion du député Li Kwong Wing, le Grand argentier a concédé que la possibilité de « negotiate with the Chinese government, as the Government of Zambia has done, to obtain the loan denominated in local currency, in order to avoid that risk ? » Toujours au chapitre de l’endettement, le Premier ministre adjoint répondant à une interpellation du député Alan Ganoo a révélé qu’à la fin d’octobre, la dette accumulée par le Central Electricity Board était de Rs 6,4 milliards, soit Rs 1,5 milliard de plus qu’en 2007 alors que le montant des découverts bancaires était de Rs 691 millions, soit en baisse par rapport aux Rs 1,6 milliard de 2007.
Au cours de ces trois dernières années, le CEB a enregistré des profits, soit Rs 755 millions jusqu’ici en 2011, Rs 909 millions l’année dernière et un peu plus de Rs 1 milliard en 2009. Les deux autres années, soit en 2007 et 2008, les pertes essuyées par le CEB étaient respectivement de Rs 157 millions et de Rs 381 millions.