En n’incluant pas la main de l’Inde, avec une enveloppe de Rs 35,2 milliards pour le financement d’une série de projets, dont le Metro Express, la dette publique franchira pour la première fois la barre des Rs 300 milliards. Ainsi, les Budgetary Estimates, accompagnant le discours du budget prévoient un endettement de Rs 301,6 milliards, soit 63 % du Produit intérieur brut (PIB) pour passer à Rs 347,1 milliards au 30 juin 2020. Il ne fait aucun doute que lors des débats budgétaires la semaine prochaine, le volet de la dette publique retiendra l’attention de plus d’un.
En principe, ces Rs 301,6 milliards de dette publique représentent 63 % du PIB, ce qui est inférieur aux Revised Estimates de 66,1 % au 30 juin de cette année mais encore loin de l’objectif de 60 %. Sur le plan des promesses budgétaires du Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, des amendements sont annoncés au Public Debt Management Act pour éliminer la confusion entre la Gross Debt et la Net Debt en tant que Public Sector Debt Ceiling. « This will improve transparency and will be closer to the IMF definition », a-t-il ajouté en réitérant le fait que « a key feature of our fiscal strategy going forward will be to put the gross debt to GDP ratio on a downward path ». L’objectif déclaré est de ramener la dette sous la barre des 60 % du PIB. Ce qui ne sera pas le cas d’ici 2020 avec Rs 347,1 milliards, représentant 62,2 % du PIB.
De ces Rs 301,6 milliards, une enveloppe de Rs 224 milliards est pour la dette locale alors qu’avec l’astuce des lignes de crédits de l’Inde, dont la dernière en date de Rs 18 milliards, la dette étrangère est maintenue à hauteur de Rs 45 milliards en juin de l’année prochaine. L’on note également que la Public Enterprises Debt progressera de Rs 2 milliards, pour passer à Rs 32,1 milliards au 30 juin de l’année prochaine, pour s’approcher les Rs 40 milliards au 30 juin 2020.
Toujours de la Public Enterprise Debt, des Rs 32,1 milliards garanties par l’État, Rs 17,5 milliards, soit Rs 5 milliards de plus qu’en 2016/17, sont au titre de la dette externe. Ce volet de la dette garantie par l’État devra passer à Rs 25,7 milliards d’ici juin 2020. L’une des raisons derrière cette progression est le fait que ce montant comprend le financement de l’acquisition de deux nouveaux Airbus pour le compte de la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius. « The mode of financing is yet to be finalised », rappelle le ministère des Finances dans une note de pied aux Budgetary Estimates.
Par ailleurs, le Debt Servicing redescendra sous les Rs 10 milliards, soit Rs 9,5 milliards, au 30 juin 2018, contre Rs 12,9 milliards pour le présent exercice financier. Au 30 juin 2019, le budget doit prévoir une enveloppe de Rs 10,9 milliards pour le remboursement de la dette et Rs 12,2 milliards au 30 juin 2020.
Résumant l’évolution de la dette dans le PwC, la Senior Manager, Jill Wan, souligne que « public debt has increased by 7.8 % to reach Rs 296 bn for 2016/17, i.e. 66.1 % of GDP vs. 65.0 % in 2015/16. The marked increase is on account of a Rs 28 bn increase in domestic debt despite a contraction in foreign debt of Rs 6.8 bn. For 2017/18, debt is still expected to rise further to Rs 302 bn but with Debt to GDP ratio falling to 63.0 % on account of the faster GPD growth ».