Au lendemain du budget, le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, a participé à la deuxième édition du Special Budget insight 2017, présenté par la MBC. Il a annoncé que « le gouvernement s’alignera sur les normes du FMI et de la Banque mondiale » en ce qui concerne la dette publique.
« Il y a eu trop de confusion dans le passé. Nous avions notre façon de calculer la dette sur le plan local alors que le FMI à sa propre méthode pour le faire », a estimé Pravind Jugnauth. Le ministre des Finances et Premier ministre a indiqué que, dans le but d’éviter toutes confusions, il a décidé de s’aligner sur la méthode utilisée par le FMI et la Banque mondiale.
Pravind Jugnauth est revenu sur les chiffres donnés hier dans le cadre du discours-budget de jeudi pour affirmer que le taux de la dette passera de 66 % à 63 % l’année prochaine. Son objectif est d’atteindre le taux de 60 %, un seuil considéré comme « raisonnable ». Le grand argentier a aussi insisté sur sa volonté de travailler « dans l’intérêt du pays » et de ne rien faire afin de laisser un fardeau sur le dos des générations futures. « Je veux qu’il y ait du progrès et des développements, et que des infrastructures puissent être modernisées », a-t-il lancé. Pravind Jugnauth a notamment insisté sur le fait que les prêts négociés avec l’Inde sont « au clair » et s’est demandé pourquoi les précédentes lignes de crédits n’ont pas été utilisées. « Je suis parti en Inde et j’ai négocié des prêts à des conditions qu’aucune institution internationale ne peut nous accorder », a-t-il affirmé.
Selon lui, la dette publique est « sous contrôle », de même que le déficit, alors que le taux de « chômage est en baisse ». Et d’ajouter que « l’inflation est à son niveau le plus bas tandis que l’investissement par les entreprises locales augmente ». De plus, Pravind Jugnauth dit avoir observé qu’il y a « une plus grande confiance parmi les entrepreneurs ». Il s’est dès lors dit « rassuré », avançant : « Nous faisons tout ce que nous pouvons pour améliorer nos indicateurs économiques. »
Auparavant, Pravind Jugnauth avait expliqué que les mesures budgétaires s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie de développement échelonnée sur trois ans. Invité à parler de son combat contre la drogue, Pravind Jugnauth a confirmé que la situation est « effrayante », observant que « des trafiquants ont accumulé des richesses incroyables ». Le Premier ministre a rappelé que, depuis son arrivée à la tête du gouvernement, il y a eu des saisies records et régulières de drogues. « Je suis déterminé à poursuivre la lutte contre la drogue. Je veux protéger le pays, nos familles et nos enfants », a-t-il relevé. Et d’annoncer que des moyens additionnels ont été mis à la disposition des autorités concernées en vue de combattre ce fléau. En effet, la douane disposera de nouveaux équipements, un National Drug Control Master Plan sera préparé avec l’aide des Nations unies, des mesures sont prises au niveau de la prison et l’ADSU disposera de moyens supplémentaires, dont de nouveaux équipements, comme annoncé dans le budget.
Poursuivant sur sa lancée, le Premier ministre a observé qu’il y a une relation entre le trafic de drogue et les jeux de hasard. « C’est la raison pour laquelle le gouvernement a décidé que ceux qui jouent plus de Rs 2 000 devront disposer d’une carte et ne seront pas autorisés à utiliser de l’argent liquide. De plus, les opérateurs dont les revenus atteignent Rs 10 millions devront rapporter les transactions considérées comme suspectes », a informé le Premier ministre. En ce qui concerne le « law and order », Pravind Jugnauth a annoncé le recrutement de 583 constables. De plus, des investissements de l’ordre de Rs 2,9 milliards seront effectués en vue de la construction d’un quartier général pour les garde-côtes.
En ce qui concerne la sécurité, le grand argentier a finalement insisté sur le fait qu’il ne faut pas se limiter aux équipements, l’accent devant aussi être mis sur les personnes. « S’il y a des gens qui sont complices de la mafia, cela ne marchera pas. Or, malheureusement, dans certaines institutions, et non des moindres, il y a des complicités avec la mafia. Il nous faut agir de manière à mettre ces personnes sur la touche afin de travailler avec des gens de confiance », a-t-il dit. Durant toute l’émission d’hier, le Premier ministre est revenu sur les mesures annoncées tout en insistant sur la dimension sociale du budget.