Comme le veut la coutume, le ministre de la Jeunesse et des Sports a accordé sa dernière interview de l’année à la rédaction sportive de Week-End. Une interview véritée serait-on tenté de dire puisque si le politicien Ritoo n’a pas perdu pour autant sa langue de bois sur certains sujet comme sur la relance du football communal, le ministre, lui, a exprimé le fond de sa pensée sur les affaires qui ont cristallisé la saison sportive de 2013, dont ses relations plus que tendues avec le président du Comité Olympique Mauricien (COM).
Même s’il reconnaît que les affaires ont beaucoup occupé les devants de l’actualité sportive, Devanand Ritoo a beaucoup insisté qu’il trouve indigne de reléguer au second plan les performances sportives. «Concevoir ou venir affirmer que les affaires ont été plus nombreuses que les performances sportives serait injuste et irrespectueux à l’égard de ces milliers et des milliers de sportifs à travers la République de Maurice qui ont pu pratiquer un sport à leur niveau et aussi vis-à-vis de notre élite qui nous ont ramené des médailles dans différentes compétitions», a soutenu le ministre et il trouve que c’est pratiquer  la mémoire sélective que de dire le contraire.  Dans la foulée, il estime qu’il y a beaucoup d’éléments positifs à noter dans la performance de certaines fédérations, mais il ne cache pas sa déception devant l’absence des résultats de la fédération de boxe. «Dans certaines disciplines, nous avons de réels motifs de satisfaction. Malgré les sommes investies, certaines n’arrivent plus à suivre et les résultats ne sont plus au rendez-vous.  J’espère seulement que cette absence de résultat n’est que passagère et que rapidement nos boxeurs retrouveront la place qu’ils méritent», soutient notre interlocuteur.
— Devanand Ritoo, la coutume veut qu’on commence toujours cet exercice de fin d’année par le bilan que vous faites en tant que ministre de la Jeunesse et des Sports de la saison  2013. Cependant, n’avez-vous pas le sentiment que cette année qui tire à sa fin a été plus marquée par les affaires, les disputes et autres règlements de comptes qui finalement ont réduit au second plan les performances des sportifs?
— Pas du tout et je suis pas du tout d’accord avec vous…
—…Monsieur le ministre, vous faites l’autruche…ou il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir…
— Je ne suis pas aveugle et dites-vous bien que je vois et je comprends parfaitement tout ce qui ce passe. Et surtout sur quel plan certaines personnes veulent réduire le bilan du sport durant l’année 2013. Pour ma part, je vous répondrai que concevoir ou venir affirmer que les affaires ont été plus nombreuses que les performances sportives serait injuste et irrespectueux à l’égard de ces milliers et milliers de sportifs à travers la République de Maurice qui ont pu pratiquer un sport à leur niveau et aussi vis-à-vis de notre élite qui nous ont ramené plus de 200 médailles de différentes compétitions.
C’est aussi, à mon point de vue, une démarche pas très sportive puisque réduire la saison 2013 aux affaires c’est aussi bien se baigner dans ce que j’appellerais la  mémoire sélective négative par rapport aux talents, aux efforts et aux sacrifices de nos athlètes pour représenter dignement notre pays dans les différentes compétitions. Etre sportif de haut niveau n’est pas facile tous les jours et chaque médaille, quelle que soit sa couleur, vaut son pesant d’or. C’est faire du déni que de penser autrement, et en tant que ministre des Sports, je n’ai jamais minimisé et je ne minimiserai jamais les performances d’un sportif pour son pays. Au contraire, pour moi, je relèguerai les disputes et les querelles interminables au second plan… car elles ne font honneur à personne et leurs visées véritables dépassent le cadre sportif. C’est pour cela que je ne m’attarderai pas là-dessus.
— Nous ferons le bilan sportif un peu plus tard et resterons dans le sens de cette entretien avec l’affaire qui a le plus marqué cette année 2013: le conflit COM-MJS autour du Sports Act et qui a provoqué le renvoi de l’Assemblée Générale de l’instance olympique. Vous vous sentez responsable de cette situation?
— Moi responsable? Comment et en quoi je suis responsable? Je ne contrôle ni le Comité Olympique Mauricien (COM) ni le CIO. C’est pas Devanand Ritoo ni le ministère des Sports qui organise l’assemblée générale du COM, autant que je sache. Cette affirmation venant de votre part m’étonne. Sauf erreur de ma part, le renvoi de l’Assemblée Générale du COM est dû principalement au fait que certains dirigeants sportifs, avec raison du reste, avaient logé une plainte en cour, pour faire barrage contre la participation subite et illégitime de cinq fédérations fictives à cette assemblée. Qu’à partir de là, deux émissaires du CIO ont été envoyés à Maurice et par la suite, cette assemblée n’a pas été organisée. Je n’ai été, ni informé ni consulté, avant cette décision. Au contraire le CIO m’a mis un couteau sous la gorge avec une menace de suspension pour que le Sports Act soit amendé avant la tenue de l’assemblée du COM. Donc pour moi, ce fut un véritable tour de magie qui a  déclenché la suspension de l’assemblée du COM et non pas le Sports Act.
—Mais monsieur le ministre…
— …laissez-moi, je vous prie, terminer sur cette question…
Vous avez fait mention, dans votre question, du Sports Act, permettez-moi de vous rappeler que durant ces cinq dernières années — et cela a été renforcé ces derniers mois — le ministère des Sports a eu plus d’une vingtaine de réunions de travail avec le mouvement sportif, y compris avec le COM pour discuter sur les amendements et sur la nouvelle version de la loi. Tous les acteurs du sport y ont contribué, à cette loi. Depuis plus d’une année, nous avons rédigé la nouvelle loi en étroite concertation et collaboration avec le CIO, qui est l’instance suprême du sport dans le monde. Je ne crois pas qu’il existe un autre pays au monde qui a autant consulté dans l’élaboration d’une loi sur le sport.
— Vous recusez votre part de responsabilité dans ce dossier, pourtant il y a eu, non pas une, mais deux feuilles de route du CIO et le nouveau texte de loi a été voté par l’Assemblée Nationale le mardi 10 décembre, soit 21 jours avant que n’expire le délai du CIO. On peut conclure que votre responsabilité et celle du ministère étaient bien engagées?
— (rires) Avant tout, je vous remercie de cette précision. Souligner ces 21 jours d’avance est un compliment, surtout  venant de vous. Cela atteste surtout que le ministère et moi-même nous avons pris, comme d’habitude, nos responsabilités envers la communauté sportive.
Votre question vient aussi dire que nous avons respecté notre part de responsabilité en venant avec la loi avant la fin de l’ultimatum, même si quelques personnes avaient douté et que d’autres avaient souhaité que cette épée de Damoclès tombe sur notre tête. Heureusement et grâce à l’apport de tous les acteurs du sport mauricien, nous avons pu faire front et atteindre cet objectif.
Maintenant dans l’univers du sport nous devons être juste et sportif. Rendons donc à César ce qui appartient à César. Même si les choses ont été compliquées, nous avons tenu la pression et travaillé nuit et jour pour éviter que les ambitions égocentriques de certaines personnes n’éclaboussent les objectifs sportifs de nos athlètes et ne freinent pas le développement de notre mouvement sportif. Nous avons fait notre part; aux autres concernés par la feuille de route de faire leur part et d’assumer leurs responsabilités vis-à-vis de ce mouvement sans qui ils n’existeront pas.
—Aujourd’hui que la loi a été votée, ce n’est plus  votre affaire…
— Cela n’a jamais été mon affaire. A l’inverse d’autres instances, mon ministère a toujours assumé ses responsabilités. En tant que ministre des Sports, j’attends désormais que la situation s’éclaircisse au sein du COM et que cette fameuse assemblée ait enfin lieu et que nous puissions alors travailler dans une atmosphère sereine et prospère pour le sport mauricien.
De ce fait, j’attends  que les deux autres points de la feuille de route du CIO en date du 10 avril 2013 soient scrupuleusement respectés. J’espère en tout cas, qu’il n’y aura pas d’autres nouveaux mauvais tours de magie pour que cette assemblée ne se tiennent pas. J’espère aussi que comme dans le cas du Sports Act, la presse sportive jouera son rôle de chien de garde et de rappeler à qui de droit que la feuille de route comporte aussi deux autres clauses aussi importantes. Je suis la situation de près et j’espère que les responsables du COM feront maintenant leur part du marché. C’est une question d’honneur.
—Pensez-vous aujourd’hui que la loi est acceptée de manière générale par le mouvement sportif?
— Il n’existe dans aucun pays au monde une loi  qui fait l’unanimité. N’empêche que je vous répondrai oui, le nouveau Sports Act a été acceptée par le mouvement sportif. Hormis, l’opposition qui ne fait que son travail et une ou deux personnes qui savent que cette loi mettra un frein à leur dictat sur le monde sportif mauricien, j’ai reçu beaucoup d’échos favorables concernant la nouvelle loi. Ces échos proviennent de personnes de différentes sphères qui connaissent le sport et cela me réjouis.
Il y a avec la nouvelle loi un fait essentiel qu’on est en train d’occulter pour diverses raisons: le sport mauricien va évoluer et  progresser dans un environnement sain et approprié. La loi vise à donner un nouvel essor au sport mauricien afin d’assurer son rayonnement continuel, tout en respectant les règles de bonne gouvernance et de transparence.  Cette loi, permettra aussi d’aider les fédérations qui travaillent réellement et spécifiquement et combattra la prolifération de clubs et des fédérations fictifs. Elle jette aussi les premières bases pour une professionnalisation du sport mauricien.
—N’avez-vous pas la crainte que les fédérations internationales, comme c’est actuellement le cas avec la FIFA, ne soient pas d’accord avec certaines clauses du nouveau Sports Act?
— Il ne faut pas oublier que je suis issue du sport et de ce fait j’ai pas mal de relations. J’ai toujours beaucoup d’amis sincères au sein de toutes les fédérations ainsi qu’au sein du COM. Ils m’appellent régulièrement pour discuter, pour échanger nos opinions et dans quelques cas pour m’informer de ce qui se trame. Ce qui est aussi important à souligner, pour vous lecteurs, qu’il ne faut surtout pas ne arrêter qu’à la question, mais voir au-delà du sens de votre question. Donc cette question est loin d’être anodine et elle est lourde de sens à mon avis.
A ce titre, il paraît que certaines personnes, pas satisfaites que la loi ait été votée sont en train de mettre une pression énorme sur les responsables des fédérations afin qu’ils écrivent, contre leur gré, à leur fédération internationale. Il paraît aussi que ces mêmes personnes se servent de leur position et de leur pouvoir afin que leurs désirs soient mis à exécution. Pour être franc, j’ai du mal à croire que cela est vrai mais j’estime que les membres de notre grande famille du sport mauricien ont le droit de savoir si cette information troublante est vraie. Si elle se confirme, je m’attends effectivement donc à recevoir des lettres dans les jours à venir. Au moins, nous saurons qui sont ces dirigeants qui sont victimes des pressions.
— Au moins, le président du COM, Philippe Hao Thyn Voon, a dit ce qu’il pense de la loi et a dit qu’il compte contester certaines clauses de la loi en Cour Suprême, comment entrevoyez-vous cette démarche?
— Même si Maurice est une petite île, nous sommes sans aucun doute un exemple pour beaucoup de pays au monde surtout sur le plan de la démocratie, en particulier en Afrique. Étant un pays de droit où nous avons un système judiciaire respectable où toute personne se sentant lésée dans ses droits a le droit de saisir la justice pour rectifier le tir ou demander réparation.
Ceci dit, je dois aussi faire ressortir que, par exemple, le CIO et la FIFA ont déjà statué sur ce sujet. Ces deux instances ultra importantes ont, à plusieurs reprises et dans de nombreuses correspondances adressées au ministère et au COM, fermement condamné le fait que des affaires relevant de la chose sportive soient portées devant la justice. Pour elles, sport et action en justice ne doivent pas être associés. Elles ne reconnaissent que la justice sportive ! Pour preuve le groupe d’Anwar Elahee a dû retirer leur plainte et accepter un tribunal d’arbitrage.
De plus, ce même Philippe How Thyn Voon, a déjà fait de nombreuses sorties contre les recours en justice, disant qu’ils étaient contre les principes et les règles qui prévalent dans le Mouvement Olympique. Dans l’affaire FMTri-COM, le CIO a été très clair dans ses commentaires et a même condamné cette démarche d’aller devant la justice. Maintenant, le président du COM veut faire le contraire.
Ce serait incompréhensible et en totale contradiction avec les principes de l’olympisme. Comme je suis de nature curieuse, j’aimerai bien connaître le point de vue et le stand du CIO si le Président de sa branche mauricienne porterait une affaire en cour. Cela fera certainement date dans l’histoire du sport mondial.
— Monsieur le ministre, il n’y a eu, durant 2013, qu’une ou deux rencontres entre vous et le président du COM. N’est-ce pas la preuve que vous êtes incapable de vous entendre, alors que toutes les instances sportives appellent à ce que les gouvernements travaillent avec le comité olympique?
— Encore une fois, vous tirez des conclusions hâtives et faciles. Pour être issus de la plus populaire des disciplines olympiques, je ne peux être d’accord avec cela. Je crois dans le travail d’équipe. Je l’ai maintes fois rappelé, y compris dans votre journal, qu’il est primordial que gouvernements et comités nationaux olympiques travaillent main dans la main pour faire avancer le sport.  Cette collaboration doit bien évidemment se faire dans un respect mutuel. J’ai toujours respecté ce pacte et je continuerai à le faire. Toutefois, certains comités olympiques doivent aussi respecter les autorités et ne doivent pas oublier que fondamentalement, ils sont des partenaires et non pas des opposants, qui tirent sur tout ce qui bouge.
— Dites-nous Devanand Ritoo, cette guerre entre vous et Philippe Hao Thyn Voon est-ce une affaire personnelle  si oui, pourquoi?
— (en colère) Où êtes-vous allé chercher ça?  C’est la dernière fois que je répondrai à cette question. Eleonor Roosevelt avait une phrase désormais célèbre et qui fut reprise par Nelson Mandela: nous devons discuter sur les idées et non sur les personnes. Maintenant, ceux qui me connaissent un peu, peuvent témoigner que je ne personnalise jamais le débat, que j’oublie facilement et que je pardonne tout le temps.
Ce sont des traits de mon caractère qui me jouent souvent des tours,  à me faire taper sur les doigts, y compris par mes proches collaborateurs.
—Parlons football à présent…
—…encore des affaires…
—Oui, monsieur le ministre il y a bien des affaires dans le football durant 2013. A commencer par ceci:  Lors des débats à l’Assemblée Nationale tant sur le Sports Bill que durant le PNQ du Leader de l’Opposition, vous avez bien fait comprendre que la MFA a deux ou trois présidents. Soudainement mardi d’avant, devant les émissaires de la FIFA, vous dites que vous n’avez pas de problème pour reconnaître Samir Sobha comme président de cette instance. C’est ce qu’on appelle un retournement de veste…
— Je pense que le retournement de veste est très exagéré. Mêmes les plus grands spécialistes du football à Maurice étaient dans le flou concernant la présidence de la MFA. Même la presse sportive était incapable de confirmer qui était le vrai président de la MFA. Ce n’est que la semaine dernière que les émissaires de la FIFA sont venus éclaircir la chose. Si la FIFA reconnaît Samir Sobha, je ne peux qu’être d’accord. Encore une fois, ce n’est que cette semaine, après plus de 2 mois de silence que nous avons eu une confirmation. Mais la encore rien n’est certain. Il y a le Tribunal d’Arbitrage qui a été mis en place pour revoir les conditions de l’organisation des élections du 11 octobre. De plus, j’ai aussi demandé aux émissaires de la FIFA de confirmer cette reconnaissance par voie de lettre. A l’heure où je vous parle, je n’ai rien reçu.
—Il était où l’argument de la loi du pays?
— J’ai pas compris votre question.
—Vous avez affirmé à l’Assemblée Nationale qu’il y a un problème avec l’élection de Samir Sobha. Donc cette affirmation est basée sur le fait que son élection n’a pas été faite…
— Ah, je vous vois venir. Le cas du football n’a rien à faire avec la natation. Puis je ne peux pas être plus royaliste que la FIFA. Dans ce cas précis, le Tribunal d’Arbitrage statuera.
— La FIFA demande à ses fédérations nationales de fonctionner en toute indépendance et cette même FIFA, par le biais de ses deux émissaires a couru dans vos bureaux mardi d’avant. Peut-on savoir pourquoi?
—Cette question mérite, avant tout d’être posée aux émissaires de la FIFA. Personnellement, je trouve aussi cela paradoxal. Peut-être, les émissaires de la FIFA et de la CAF, ont eu vent de mes talents de médiateur et de négociateur (rires).  Quoi qu’il en soit le plus important, c’est d’avoir pu trouver une solution acceptable par toutes les parties concernées. La balle est désormais dans le camp des dirigeants du football mauricien. Moi, j’ai assez perdu mon temps avec cette affaire.
— Devanand Ritoo, restons dans le football. L’opposition et une bonne partie de la population vous accusent de vouloir faire revivre le démon communal à Maurice à travers votre projet de faire revenir les clubs d’antan. Vous répondez quoi à ces accusations?
— Vous vous doutez bien que j’ai beaucoup de choses à dire et à éclaircir concernant le football et sur ce point en particulier. Avant de vous répondre, j’aimerai rappeler quelques faits importants. Hormis la mise à disposition de nos infrastructures, nos techniciens et nos officiers, de 2009 à ce jour nous avons investi plus de Rs 150 millions de roupies dans le football. Parallèlement, nous avons injecté de l’argent dans les clubs et comités régionaux, nous avons recruté des DTN, organisé ou collaboré dans la mise en place de plusieurs projets footballistiques, nous avons relancé les structures de formation, rouvert le Centre Technique du Réduit, mis sur  pied un Steering Committee.
Malgré cela et malgré les efforts et la bonne volonté de tous les acteurs du football local, le football n’a pas pu redécoller. Dans ce sens, je me dois de saluer les joueurs, les entraîneurs et les dirigeants des Clubs qui ont fait le maximum avec leur moyen. Comme je l’ai dit dans ma réponse au Parlement, nous avions plusieurs options devant nous. Bien sûr, nous avons opté pour l’action et pour des décisions courageuses car nous ne pouvions en temps que responsables rester les bras croisés et être spectateur de la mort lente du football. Au contraire de certains, nous sommes plus dans l’action que dans les paroles.
Maintenant avec votre permission, je voudrais rectifier deux choses. La première, vous faites référence à l’opposition. Primo: Laissez-moi, vous dire qu’officiellement, elle est contre mais pour avoir discuté hors camera avec beaucoup, ils sont plus que très intéressés et excités par le retour des clubs historiques. Il ne faut pas confondre politique et sport. Secundo: c’est totalement faux de dire qu’une bonne partie de la population est contre, voyez le buzz engendré, écoutez la radio, et allez rencontrer les gens pour comprendre l’intérêt que porte la population à ces clubs.
Je ne parle pas de ces dinosaures qui donnent leur avis sur tout mais les vrais acteurs du football et les Mauriciens en général. Ils sont pour le retour des clubs historiques et pour la mise en place d’une Ligue semi-professionnelle en football. Encore une fois, certains esprits malsains veulent dévier le débat. Il est hors de question que ce soit pour moi ou pour le gouvernement de faire revivre ce mal communal. Sur ce dossier nos intentions sont bonnes. Nous voulons nous servir de ces clubs pour atteindre deux objectifs : rehausser le niveau du football mauricien et  faire revenir les spectateurs dans les stades.
Je pense  que c’est plus le moment de se tirer des balles dans les pieds mais de se mettre ensemble au travail. Ce n’est  peut être pas la solution miracle mais rester inactif est inacceptable.
—Oublions, un moment, le PNQ de Paul Bérenger et faites l’effort, M. le ministre, de donner une  réponse claire et nette  à une question à laquelle vous n’avez pas répondu le jeudi 14 novembre à l’Assemblée Nationale: sur quoi le gouvernement s’est basé  pour dire qu’il y a nécessité pour que les clubs longtemps reviennent en compétition?
— Dans ce cas précis, il ne faut surtout pas regarder le doigt mais la lune. Nous avons énormément communiqué dessus et expliqué cette décision. Dès le départ, le vice Premier ministre et ministre des Finances  Xavier Luc Duval, l’a dit.  Malgré la bonne volonté de tous, il est un fait que la régionalisation dans le football n’a pas donné les résultats escomptés. Je ne ferai  le procès de personne mais dans la plupart des matchs depuis 2000 les spectateurs sont de moins en moins nombreux. Comment un joueur ou un entraîneur peut-il faire des sacrifices et travailler dur en semaine pour jouer les week-ends dans un stade vide.
Deuxièmement, on doit remonter à très longtemps pour avoir une performance significative d’un club mauricien dans les différentes compétitions régionales et là je ne parle même pas de l’Afrique. A une époque, nous avions des équipes qui pouvaient rivaliser avec les cadors africains. Je comprends les joueurs, les entraîneurs et les dirigeants, c’est compliqué pour eux et ils ont fait ce qu’ils ont pu. Maintenant avec le retour des équipes historiques, cela ne peut qu’être bénéfique pour tous. N’oubliez pas que si cela marche, les recettes seront partagées. Cet argent sera plus qu’importante et en même temps, il y aura un nivellement vers le haut avec la mise en place de la Ligue semi-professionnelle.
De plus, j’aimerai vous rappeler que le football rassemble les gens et non les divise. D’ailleurs, les personnes respectables qui siègent au Conseil des Religions ont très bien compris cet état de chose. Si je ne me trompe pas, ils vont organiser dans les jours à venir un tournoi de football dont le but est d’unir et vous conviendrez que cela n’a rien de communal.
—Vous semblez oublier les supporteurs de ces équipes?
— Je crois que depuis, les choses et les mentalités ont évolué. Le goodwill de ces gens  est le plus important à nos yeux.
—Cette année qui tire à sa fin a été marquée par la remise à flot de deux fédérations: la natation et l’haltérophilie. C’est une victoire personnelle sur le sort?
— Sincèrement non. Le mérite revient à ces dirigeants bénévoles et aux athlètes qui ont réellement et spécifiquement à coeur le développement de leurs disciplines. Pour ma part, je tire une certaine satisfaction avec les médailles d’or et les performances ramenées par nos nageurs et nos haltérophiles.
Abordons l’aspect sportive de cette entretien.
— Enfin…
…vous vous glorifiez encore une fois du nombre de médailles remportées par les sportifs mauriciens. Si on retire les titres de champion du monde en kick-boxing, il est à constater que les disciplines olympiques sont loin du compte?
— Essayons de rester positif sur ce dossier. Même si les personnes les mieux placées pour faire des commentaires à ce sujet sont les responsables fédéraux et les encadreurs techniques de ces disciplines, je dois reconnaître que certaines disciplines ont beaucoup déçu cette année. A titre d’exemple, je citerai la boxe,  qui malgré les sommes investies, n’arrive plus à suivre et les résultats ne sont plus au rendez-vous.  J’espère juste que cette absence de résultat n’est que passagère et que rapidement nos boxeurs retrouveront la place qu’ils méritent. En tout cas, mon ministère apportera la contribution souhaitée car je crois dans cette discipline.
Par contre dans d’autres disciplines, nous avons de réels motifs de satisfaction. Nous avons vu du mieux en athlétisme, en haltérophilie, en badminton et en  judo entre autres. Autre motif de satisfaction,c’ est que nos athlètes pour la plupart sont encore très jeunes donc perfectibles. Avec les facilités que nous mettons à leur disposition à travers le MJS ou le TFES, ces athlètes ne pourront que progresser.
Monsieur le ministre, de peu les titres mondiaux de kick boxing ont failli nous passer sous le nez pour une affaire de quelques roupies. Y aurait-il eu une lourde responsabilité de votre ministère et de vous en particulier ?
— Laissez-moi tout d’abord saluer encore une fois, les exploits réalisés par nos tireurs au Brésil. Pour avoir suivi leur préparation de très près, je peux vous dire que ces résultats ne sont pas le fruit du hasard mais la somme de beaucoup de sacrifices, de travail, de courage et de persévérance. J’aimerais féliciter, la grande et belle famille du kick mauricien pour ces résultats qui resteront dans l’histoire.
Maintenant par rapport à votre question, permettez-moi de rafraichir les mémoires sur les mesures que nous avons prises pour le développement de cette discipline. En quatre années, nous avons quadruplé le budget de la fédération et nous avons mis à la disposition de la fédération un lopin de terre à Roche Brune pour la construction d’un centre national. En 2010, j’avais décidé que Fabrice Bauluck et Facson Perrine bénéficient des aides financières de la HLSU. C’était une grande première dans l’histoire de cette discipline. Aujourd’hui, ils sont cinq tireurs à être sur la liste. Fabrice Bauluck et James Agathe reçoivent respectivement Rs 24 000. Nous avons récompensé leurs victoires en Coupe du Monde, même si cette compétition ne tombe pas sous le Cash Prize Scheme.  Nous avons financé des stages en Afrique du Sud  où, pour la première fois de l’histoire de cette discipline, une délégation de onze personnes avaient fait le déplacement. Récemment, le Premier Ministre a octroyé une portion de terrain à nos champions.
Pour répondre encore une fois à votre question, je vous rappellerais que fort heureusement, il y a eu les interventions du ministère et du ministre pour rectifier le tir. Cela a été confirmé dans vos colonnes par les membres de la fédération. De toute façon, la page est close et cela, malheureusement fait partie des aléas.
La FMKB doit-elle toujours Rs 42 000 au MJS?
— Même si tout ne peut se résumer qu’à une question d’argent, la réponse est non. On fait le bilan 2013 finalement
Allons-y pour le bilan 2013, il se résume à quoi pour vous en tant que ministre des Sports ?
—Enfin, nous sommes dans le positif. Laissez-moi d’abord féliciter tous les sportifs, les responsables techniques et fédéraux, les différentes instances comme le Trust Fund For Excellence In Sports, le Mauritius Sports Council et la presse sportive ainsi que tous ceux et celles qui ont contribué à cette belle année 2013. Pour moi 2013 reste une belle année sportive.
Car dans l’ensemble, elle a été remplie, forte intéressante aussi bien en termes de performances de qualité que des actions entreprises concernant les secteurs prioritaires du MJS. C’est-à-dire la masse, la formation et le développement de l’élite. 2013 peut être aussi qualifiée d’historique avec les deux titres de Champions du Monde de Maurice en kick-boxing et l’adoption du new Sports Act.
Au niveau organisationnel, nous avons fait, une nouvelle fois, preuve de notre savoir faire et justifier notre excellente réputation en accueillant deux évènements planétaires, notamment le Congres de la FIFA et l’Africa Judo Open. Hormis, les exploits phénoménaux de Fabrice,  James, Burtland et Facson au Brésil, d’autres disciplines se sont aussi distinguées cette année. Je citerai volontiers l’athlétisme lors des Jeux de la Francophonie, l’haltérophilie lors des championnats d’Afrique et du Commonwealth respectivement,  le triathlon, le cyclisme, le VTT, le Squash, le Judo, le basket-ball, l’équitation, le badminton entre autres. Pour moi c’est la preuve que Maurice est toujours présente dans les grands moments et que notre île peut désormais briller dans plusieurs disciplines simultanément. Dans un récent passé, ce n’était pas le cas.
Au niveau de mon ministsère … nous avons atteint nos objectifs en poursuivant sur ce que nous avons tracé depuis le départ afin de permettre au sport et aux sportifs mauriciens de se développer, de progresser, de s’épanouir et d’atteindre l’excellence. Concernant le sport au niveau scolaire, nous avons relancé avec succès les Jeux Inter-collèges. Les objectifs ont été atteints pour une première édition post relance. Je suis confiant qu’avec le temps, ces Jeux retrouveront leur popularité d’antan.
Au niveau de la formation de qualité … nous avons renforcer nos actions dans notre programme sport-études. Nous avons accordé encore plus de bourses de perfectionnement aux jeunes athlètes. Nous avons récompensé comme il se doit ceux et celles qui font honneur au pays… Quelque Rs 3, 3 millions ont été allouées aux sportifs qui ont ramené des médailles. Désormais, le sport permet de construire un avenir, puisque nos champions du monde ont reçu en cadeau de l’État un terrain pour la construction d’une maison.
Au niveau des aides financières offertes par le gouvernement à travers le HLSU, nous avons eu de nouveaux bénéficiaires. Par exemple, nos deux champions du Monde recevront mensuellement Rs 24 000. En l’espace d’une année, les allocations ont augmenté par 55%. Cette fin d’année a marqué l’arrivée du New Sports Act, qui permettra à notre mouvement de s’épanouir, de progresser plus dans un cadre légal bien défini avec un accent sur la bonne gouvernance et la transparence.
Élogieux comme bilan?
— Oui en 2013 le bilan sportif est élogieux, malgré tout ce qu’on peut dire. Il y a eu des gens qui ont travaillé dans l’ombre pour faire progresser nos sportifs. C’est surtout à ces personnes et à ces sportifs que je veux rendre hommage.
Deux ans après 2011 et à moins de deux ans de La Réunion 2015, pensez-vous que le mouvement sportif mauricien a tiré les leçons qui s’imposaient? Est-ce que vous même vous avez tiré vos leçons?
— Chacun doit tirer les leçons qui s’impose. A mon niveau, nous avons pris nos responsabilités au risque de me répéter. Nous l’avions fait avant, pendant et après les Jeux  aux Seychelles et nous le ferons pour l’échéance réunionnaise. Nous avons, comme vous le savez, mis sur pied un comité de suivi sous la présidence de Ram Lollchand.  Ce comité a déjà effectué un travail conséquent. Le Club Maurice devrait lui aussi apporter une précieuse collaboration dans les mois à venir pour aider aux financements de la préparation de nos athlètes pour ce rendez-vous. Pour l’heure, je suis satisfait de l’évolution des choses. Les fédérations me donne aussi l’impression de prendre leurs responsabilités. Honnêtement, je ne sais pas quel sera le outcome des Jeux mais par rapport à la préparation, nos athlètes disposeront des meilleures conditions pour bien faire à l’ile de La Réunion.
Devanand Ritoo, l’argent comme on dit est le nerf de la guerre. Malgré l’augmentation de votre budget ces dernières années, les fédérations continuent à déplorer l’absence des finances. Pourquoi…?
— L’argent ne sera jamais suffisant qu’importe la somme que vous mettez sur la table. Ce n’est pas quelque chose qui est propre au sport mais une vérité universelle. Dans le sport, ce qui est important c’est que le progrès technique soit au rendez-vous. Vous êtes, vous même témoin que chaque année, nous augmentons les aides financières … Nous devons être justes, nous distribuons ce que nous avons et nous faisons de notre mieux pour satisfaire les demandes des fédérations.  D’ailleurs, de mémoire, je ne crois pas que nous avons rejeté une demande venant de la part d’une quelconque fédération pour une aide supplémentaire. De plus, nous avons d’autres instances comme le TFES, le MSC et le Club Maurice qui viennent aussi en aide aux différentes fédérations.
Pourquoi le gouvernement ne veut pas faire amende honorable afin que le CSR puisse toucher le sport?
— Sauf erreur de ma part, le sport est concerné par le CSR. Beaucoup de fédérations à travers des Fondations bénéficient des avantages du CSR. N’oubliez pas que les compagnies qui embauchent des athlètes ont des facilités venant du CSR. Maintenant, les fédérations ou d’autres instances aussi doivent venir avec des projets crédibles et doivent avoir une certaine crédibilité pour tirer profit du CSR. Car n’oublions pas que certaines fédérations souffrent justement d’une absence de crédibilité. Ceci dit, j’en ai parlé à qui de droit et comme vous, j’attends que certaines règles du CSR soient assouplies par rapport aux spécificités du sport.
—Parlons de Rodrigues qui occupe l’actualité sportive à travers Ismael Valimamode qui a réclamé le droit de participer en tant qu’île à part entière aux Jeux de la CJSOI. C’est une démarche légitime ou est-ce une tendance indépendantiste selon vous?
— Je pense que le mieux placé pour donner une réponse précise à cette question ne peut être que Isamel Valimamode lui-même. A ce stade, je ne souhaite pas faire de commentaires du fait que je n’étais pas présent lors de son intervention et puis il n’existe aucune demande officielle de ce genre. Se serait donc inapproprié pour moi de commenter sur cette demande. De plus, le secrétariat de la CJSOI n’a reçu aucune demande officielle dans ce sens. Il y a les paroles ou les envies mais il faut respecter les institutions.
En tant que président de la CJSOI quelle est votre opinion?
— Encore une fois, il serait inapproprié, à ce stade, pour moi de commenter les propos du commissaire des sports de Rodrigues. Au niveau de la CJSOI, je ne pense pas que nous avons eu une demande dans ce sens.
N’empêche, Devanand Ritoo que le discours du commissaire des sports de Rodrigues a mis en exergue le fait que les sportifs de l’île autonome  sont considérés comme des sportifs de seconde zone. A l’image même de ce qui s’est passé avec la lutteuse Joyce Milazar. Votre commentaires…
— Je ne peux commenter sur des propos que je n’ai pas entendus. Peut être, que le Commissaire a constaté que certaines fédérations traitent les athlètes rodriguais différemment.  Au niveau du ministère, nous ne faisons aucune distinction. Tous les athlètes reçoivent les aides nécessaires pour progresser. D’ailleurs, que ce soit à Maurice ou à Rodrigues nous sommes toujours à côté des athlètes.  Les exemples sont nombreux et  sont dans les faits. De plus, nous allons financer la pose d’une nouvelle piste synthétique au stade Camp du Roi. Concernant Joyce Milazar, nous avons fait part de notre indignation à qui de droit. Il était impossible qu’une athlète avec autant de potentiel et qu’à 23 ans se retrouve suspendue pour trois ans. Vous imaginez un seul instant que cette fille était interdite d’entraînement pendant trois ans pour des raisons qui sont loin d’être en effraction avec les règles sportives. J’ai pas hésité un seul instant pour agir en tant que médiateur afin de trouver une solution et heureusement qu’une solution a été trouvée. Néanmoins, à part le ministère, je m’attendais à ce que d’autres instances comme le COM prenne partie dans cette affaire mais…j’attends toujours.
On assiste ces dernières semaines à un défilé des représentants des fédérations internationales qui sont à la recherche d’une réconnaissance des votre ministère. Peut-on dire que c’est un dossier en bonne voie?
— Le dossier sera en bonne voie tant que ces fédérations respectent les règles qui sont établies à Maurice. Nous sommes dans un pays de droit et personne ne prétend être au-dessus des loi. Si elles font de la real and on-going activité, personnellement j’ai aucun problème de reconnaître une nouvelle fédération. Du reste, j’ai été surpris de voir combien le Speed Badminton était un sport populaire à Maurice et pourquoi ce sport n’est pas demandeur, pour l’heure, d’une reconnaissance voulant avant tout la valorisation de cette discipline sur le plan national.
On ne peut terminer cette entretien sans vous demander de quoi sera fait 2014. Encore des problèmes selon vous…
— Encore une question remplie de sous-entendus. Si je ne vous connaissez pas, j’aurai pu croire l’espace de quelques minutes que c’est un souhait de votre part, car sans doute vous savez des choses que je ne sais pas pour l’heure. Sérieusement, j’espère que ce ne sera pas le cas, car résoudre les problèmes nous empêche de faire d’autres choses positives. Malheureusement, « bann dirigeants pas couma calendrier, zot pas changé après le 31 desam».  J’espère surtout que 2014 sera encore une bonne année, riche en performances et en médailles. Je souhaite que les athlètes mauriciens puissent encore progresser et passer des paliers. 2014 sera cruciale par rapport à nos différents projets.
Personnellement, j’ai un objectif en tête et je ne vais pas dévier. Je suis un sportif qui travaillera pour notre communauté et qui sera toujours proche et à l’écoute de tous. Ma porte sera toujours ouverte. Je profite pour souhaiter une bonne et heureuse année 2014 à la grande famille du sport mauricien.