La Mauritius Employers Federation (MEF) fait face à des accusations et d’allégations d’interprétation erronée de faits dans le litige porté par l’organisation patronale devant le comité du Bureau international du Travail sur la liberté d’association. Cette affaire s’inscrit dans le sillage du bras de fer engagé entre les syndicats du Joint Negotiationg Panel de l’industrie sucrière et le patronat avec ce dernier accusant le gouvernement de violation de la Convention du BIT. Les arguments du Sugar Industry Labourers Union, de l’Union of Artisans of the Sugar Industry, de l’Artisans & General Workers Union et de l’Organisation of Artisans Unity contre la MEF sont incorporés dans un documents transmis au BIT en fin de semaine.
« The complain brought by the MEF to the ILO Freedom of Association is a tainted one. The MEF is trying to mislead the Committee on the true nature of the present industrial and legal framework in force in Mauritius. The MEF cannot enter a case to the ILO on alleged violation of Convention 98, while occulting to the Committee the very fact, that almost all of the ILO Recommendations on the application of the said Convention have not been included in the law, and have been rejected, and vehemently opposed by the MEF. The MEF cannot have the butter and the money for the butter altogether », soulignent les syndicalistes dans leur représentation auprès du Bureau International du Travail.
Ce document de plus d’une vingtaine de pages documentent les principales lacunes dans le cadre légal régissant le monde du travail avec une dose minimale de Collective Bargaining. « This is, mainly because of the Mauritius Employers Federation’s opposition and its powerful lobbies », notent les syndicalistes avant d’énumérer les ILO Experts Recommendations sur le Collective Bargaining, qui n’ont pas été mis à exécution en raison des objections formelles de la MEF, soit
la limitation à 20 jours du mécanisme de la Commission de Concilaition et de Médiation avec pour effet que les dispositions de l’Employment Relations Act imposent un délai de 90 jours, prolongeant de manière excessive les procédures menant à une grève légale; la section 82 de l’Employment Relations Act autorise le Premier ministre à intervenir en faveur des employeurs en cas de menace de grève alors que les ILO Experts Recommendations étaient en faveur de l’abolition de ce droit, l’exigence des Strike Ballots au terme de la section 78 de l’Employment Relations Act avec le fait que « the ILO supervisory bodies considering that the requirement of a decision by over half of all workers involved to declare a strike is excessive »; l’exclusion dans la loi de toute grève de solidarité et de ce fait « the fundamental recommendations of the ILO which have not been included create a serious imbalance which is detrimental to workers. Workers, at national level, are not in a position to defend their socio-economic interests nor stage solidarity strikes »; des restrictions à la définition du terme « Collective Bargaining », qui constitue un deni des droits fondamentaux des travailleurs en faveur des employeurs; le Procedural Agreement ne devrait pas être sujet au Collective Bargaining car de l’avis des experts du BIT « compliance to Procedural Agreement is a requirement to determine whether a strike is legal or illegal. Thus an unfavourable  Procedural Agreement imposed by employers can underline genuine collective; au lieu de l’abolition du National Remuneration Board, les experts du BIT avaient recommandé un renforcement du NRB avec l’inclusion des principes relevant du tripartisme.
D’autre part, le Joint Negotiating Panel met l’accent sur le fait que « the enactment of the Employment Rights Act has eliminated the need for employers to give any valid reason prior to mass dismissals due to economic reasons ». Les syndicalistes regrettent que les employeurs puissent brandir la menace de licenciements en masse comme un moyen de chantage lors du Collective Bargaing Process.
Dans cette même correspondance syndicale au BIT, la Mauritius Sugar Producers Association en prend également pour son grade. Le Joint Negotiating Panel affime que, « it was reasonable, for the minister, in the interest of industrial peace and collective bargaining process itself, and in the name of fairness and State responsibility, to refer the 21 issues to an independent tripartite body, the NRB, to make any recommendation it deems appropriate ».
En conclusion, les syndicats de l’industrie sucrière soutiennent que « acceding to the request of the MEF/MSPA would in effect mean the elimination and the phasing out of all minimal conditions regulated through Remuneration Orders. This will seriously undermine the already deteriorating living standards of the working people of the country ».