Le Syndicat des pécheurs s’est mobilisé, vendredi matin, devant le Grand Azuri à Roches Noires afin de manifester sa colère face aux dégâts causés dans le lagon par les promoteurs de l’hôtel. Les manifestants réclament des éclaircissements sur les travaux entrepris par l’établissement hôtelier, plus précisément sur l’aménagement d’une plage de sable artificielle devant l’hôtel.
Ils étaient une cinquantaine de pécheurs de la région munis de pancartes et de banderoles à protester sous l’oeil attentif des policiers qui leur ont bloqué l’accès à la plage. “Nou pe viv dan ene la loi dictature”, scande un pécheur. Furieux, les pécheurs pointent du doigt les autorités qui, selon eux, délivrent des permis qui donnent l’opportunité aux promoteurs d’empiéter sur les plages publiques. “Cette région était jusqu’à l’heure riche en biodiversité avec ses mangroves. L’aménagement  de cette plage artificielle a bouleversé tout notre écosystème. C’est l’habitat de milliers de créatures marines qui a été détruit”, dit Judex Rampaul, syndicat des Pêcheurs.
Avan, mo ti pe trouve tou kalite poissons dan sa lagon-là, mo ti pe ramasse corail pu fer la chaux. Zordi, tou ine disparet a cause dévelopma. Mo ne pli capav al la peche dan mo lendroit, mo bizin al loin pu capav gagn poisson”, se lamente Lola, habitant de la région et pécheur depuis l’âge de 13 ans.
Devant l’urgence de la situation, les pécheurs lancent un appel au ministère de l’Environnement. “Zordi, situation grave, bane promoter pe fini nu lenvironneman marin. Bane autorités done tou kalite permi bane promoters ek zot retrouv zot avec la loi dan zot la main. Nu bane ti dimoune nu impuissant, nu pa capave fer nanier pu protez nu lenvironneman. Nu dimane gouvernman arete donn permi pu detrire nu bane richesse. C’est ene dévelopman sovaz ki pe fini nu ti zil”, poursuit  Judex Rampaul.
La direction de l’hôtel a, pour sa part, fait comprendre que les travaux ont été réalisés dans la transparence et le respect du permis Environment Impact Accessment(EIA) obtenu. Elle a, d’ailleurs, émis un communiqué, hier, dans lequel elle mentionne une motion logée en Cour au début du mois de mars par les pécheurs réclamant l’arrêt des travaux. Le juge n’a pas accédé à la demande des plaignants.
À aucun moment, nous n’avons enlevé les plantes du lagon. Tout a été fait selon les normes”, assure Murray Adair, CEO de l’Indian Ocean Real Estate Company. Par ailleurs, alors que les pécheurs venaient tout juste de se faire réprimander par les policiers et les agents de sécurité de l’hôtel, Murray Adair a laissé entendre que la plage était accessible à tous.