Les syndiqués de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) ont manifesté à midi devant l’Hôtel du gouvernement pour alerter l’opinion publique que le sort de 10 000 “ti labourer” du secteur sucrier, qui ont été « complètement ignorés » par les gouvernements qui se sont succédés depuis 1994. La fédération syndicale s’indigne du fait que ces petits laboureurs n’ont bénéficié d’aucune augmentation de salaire depuis cette date.
« La négociation collective au niveau du secteur sucrier a été initiée suite à une demande de Jack Bizlall, alors négociateur des syndicats dans ce secteur. Après la signature d’un accord collectif en 1994, une augmentation de salaire de 14% a été accordée uniquement aux employés des établissements sucriers membres de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA). Cependant, cet accord n’a pas couvert tous les travailleurs de l’industrie sucrière. Les 10 000 personnes employées par les petits planteurs et ceux des compagnies sous-traitant avec la Cane Growers Association (CGA) ne sont pas couverts par cet accord avec la MSPA », a expliqué le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo.
« Tou gouvernma ki finn vini depi 1994 dir ki zot protez ti travayer lindistri sikriyer. Bann veritab ti travayer lindistri sikriyer se sa bann 10 000 anplwaye ti planter ki bann veritab desandan coolie. Tou gouvernma kinn vini finn bliye zot ! » s’insurge le président de la CTSP.
Selon Reeaz Chuttoo, la population a l’impression que le gouvernement s’est occupé du sort de tous les employés de l’industrie sucrière. « Mais c’est faux ! Cette impression vient du fait que tous les gouvernements qui se sont succédé ont martelé qu’ils protégeaient les petits travailleurs de l’industrie sucrière », explique-t-il encore. Si la CTSP se félicite de la signature d’un accord collectif entre le Joint Negotiating Panel des syndicats de l’industrie sucrière et la MSPA l’année dernière, elle précise néanmoins que cet accord ne couvre que les employés des 15 compagnies sucrières membres de la MSPA.
« Depuis 1994, ces 10 000 petits laboureurs n’ont pas bénéficié des diverses augmentations de salaire que les autres ont eues, soit une augmentation totale de 48% de leur salaire de base. Tout gouvernement qui se respecte aurait dû avoir déjà demandé au National Remuneration Board d’amender le Sugar Industry Agricultural Workers Remuneration Order pour inclure ces 10 000 travailleurs », insiste Reeaz Chuttoo. Il a signifié son intention d’écrire en ce sens au ministre du Travail Shakeel Mohamed.