Les ministres Vishnu Lutchmeenaraidoo, Nando Bodha et Anwar Husnoo, ainsi que le président de la State Land Development Company (SLDC), Gaëtan Siew, et le Financial Secretary Dev Manraj ont présenté hier à la Lunch Room de l’Assemblée nationale le concept « Port-Louis Smart City ». Ce plan, qui nécessitera un investissement de Rs 52 milliards, comprend une série de projets réalisés par le secteur privé sous le contrôle du gouvernement. Il vise à faire de Port-Louis, d’ici 2020, une ville moderne économiquement, vibrante culturellement et intelligente, avec à la clé une hausse de la qualité de vie pour les habitants, des solutions durables pour les problèmes de congestions routières, de parkings, d’espaces verts, de logements, de sécurité routière et de marchands ambulants, entre autres.
« Parallèlement à notre décision stratégique de faire bouger l’administration centrale à Highlands, nous voulons que Port-Louis reste une ville où il fait bon travailler, vivre et avoir des loisirs ! » a expliqué le ministre des Finances et du Développement économique Vishnu Lutchmeenaraidoo. Il a ensuite invité Gaëtan Siew à présenter le projet.
Selon le président de la State Land Development Company (SLDC), le projet « Port-Louis Smart City » a quatre objectifs : booster l’économie, faire de Port-Louis une ville dynamique, intelligente et verte, augmenter la qualité de vie de ceux qui y travaillent et y vivent et, enfin, faire de la capitale une destination culturelle de renommée internationale.
Selon l’intervenant, pour redynamiser l’économie, il s’agit d’abord, d’intégrer la capitale à l’expansion en cours du port et des nouvelles activités maritimes, de développer le potentiel touristique pour accueillir 60 000 visiteurs, de connecter la cité à la mer et de faire revivre les quartiers de Port-Louis, notamment le Ward IV, Plaine-Verte, et faire de l’Aapravasi Ghat Buffet Zone (comprenant le bazar central, entre autres) et de China Town la “Cultural and Arts Free Zone”. « Tout cela représente un investissement de Rs 52 milliards du secteur privé local et international, et la création d’environ 12 000 emplois d’ici 2020 », s’est-il félicité.
Pour connecter la cité au Caudan et au Port-Louis Waterfront (séparés par l’autoroute M1), a expliqué pour sa part le ministre Bodha, le gouvernement se propose de faire construire deux esplanades aériennes reliant la Gare Victoria à la Gare du Nord, les voitures passant dessous et les piétons accédant ainsi en toute sécurité au Waterfront. Les deux gares routières (Victoria et Immigration) seront rénovées en complexes commerciaux avec l’aménagement de “shopping malls”, de “food courts”, de marchés, de places pour les taxis et d’un parking pour 1 000 voitures chacun pouvant également accommoder des marchands ambulants.
Avec la rénovation des gares Victoria et de l’Immigration, l’entrée de Port-Louis se fera au sud par la rue Decaen et, au nord, par la place de l’Immigration. « Les bus devront y déposer leurs passagers et repartir sans utiliser cet espace comme parking. Les passagers pourront alors utiliser un couloir dédié et un escalator pour accéder, en toute sécurité, au Waterfront ou aux autres quartiers piétonniers de la cité. A la Gare Victoria, le vieux bâtiment de la gare sera rénové et abritera les bureaux de la NTA et sera intégré dans le nouveau complexe commercial », a précisé le ministre.
« Port-Louis a la vocation de devenir une ville intelligente », a repris Gaëtan Siew. Outre l’économie d’énergie que représente le Deep Ocean Water Application Project (DOWA – climatisation des bâtiments de Port-Louis par l’eau de mer), la firme EADS-Airbus veut développer un « cloud » (une base de données virtuelle) pour faire de Port-Louis une vitrine de connectivité dans la région à travers le réseau wi-fi. « Cette connectivité permettra aux citoyens de mieux s’orienter dans la ville (informations, horaires des bus, etc.) tout en améliorant la sécurité, l’économie d’énergie (éclairage -25%) et la gestion de l’eau (-80%) », lance l’intervenant.
Concernant le volet « qualité de la vie », le  projet « Port-Louis Smart City » allégera le problème de la congestion routière de 40%, grâce notamment à la création de 2 000 parkings et de la fluidité de la circulation sur la Places d’Armes, à la création de 2 000 emplacements pour les marchands ambulants et celle de 8 000 unités de logement (conversion des bureaux laissés libres après le transfert de l’administration centrale à Highlands).
Avec l’offre du Musée du Louvre, de l’Aquarium et du Parc à Thèmes de l’Afrique du Sud (sur l’emplacement de l’ancienne Neo Town), derrière le Suffren Hôtel, « Port-Louis sera mise sur la carte internationale de la culture, de l’art et du patrimoine », a ajouté Gaëtan Siew. « Comme nous l’a démontré en décembre dernier le spectacle “Port-Louis By Light”, la dimension culturelle viendra principalement en mettant des activités artistiques et culturelles dans les quartiers spécifiques de la cité selon un calendrier établi », a encore expliqué le président de la SLDC. « Il s’agit d’utiliser l’art et la culture comme moteur de développement tout en célébrant la cité, comme lors de la Journée du Patrimoine, du Festival créole, du Divali, etc. », a-t-il précisé.
Résumant le concept « Port-Louis Smart City », Gaëtan Siew a expliqué qu’il « s’agit de réaffirmer la dimension capitale de la cité, de la reconnecter à la mer, de reconnecter les éléments de notre héritage et de notre patrimoine, de redynamiser la vie de Port-Louis, d’introduire une dose de technologie et de célébrer la ville ». Et Vishnu Lutchmeenaraidoo de conclure : « D’ici 2020, Port-Louis sera un modèle à répliquer dans les autres villes et villages du pays, et même sur le continent africain. »