Le Mauritius Council of Social Service (MACOSS) lance la 2e phase de son projet d’équiper les Ong de systèmes de collectes d’eau de pluie pour usage domestique, excepté pour la consommation. De cette manière, estime Yamunaprasad Bissessur, président du comité pour le développement durable auprès de la MACOSS, « la population pourra avoir de l’eau 24/7 durant la majeure partie de l’année et pour les centaines d’années à venir ».
Selon Yamunaprasad Bissessur, les nouvelles en matière d’eau potable ne sont guère rassurantes pour le monde entier, où l’on craint une sévère pénurie du précieux liquide, qui fait vivre la population mondiale. « Et Maurice n’est pas une exception. Nous sommes inquiets par rapport à cette situation, d’autant qu’il pleut de moins en moins du fait du changement climatique – soit entre 2 100 à 2 300 mm par an », déclare-t-il. Selon lui, même si l’on arrive à capter toutes ces pluies, ce qui est d’après lui impossible, « ce sera toujours de l’eau filtrée, traitée et rendue potable », engendrant donc un coût. De l’eau, ajoute-t-il, « qu’on utilisera pour des activités où de l’eau de pluie suffirait », fait-il ressortir.
Citant des chiffres, il indique que 35% des précipitations à Maurice se perdent dans la mer à travers les rivières et autres canalisations. De plus, environ 30% s’évaporent. Quant aux 35% restants, seulement 65% de l’eau de pluie est collectée par la Central Water Authority (CWA), pour être ensuite filtrée, traitée et distribuée à la population. « Et ce n’est pas fini, car environ 40% de l’eau distribuée à travers le réseau se perd dans la nature du fait des fuites dans les tuyaux. Finalement, le peu d’eau qui reste est utilisée par les Mauriciens et les touristes », dit-il, avant d’ajouter que 75% de cette eau est destinée au secteur de l’irrigation.
Poursuivant son analyse, Yamunaprasad Bissessur indique que le coût du traitement de l’eau captée dans les réservoirs est de Rs 12 le mètre cube et qu’elle est vendue aux consommateurs une roupie plus cher, soit à Rs 13 le mètre cube en moyenne. Aussi, selon lui, si on veut avoir de l’eau potable 24/7 à Maurice, la seule solution consiste à collecter la pluie pour ses usages domestiques autres que la consommation. Et de préciser que l’on n’aura jamais assez d’eau, en dépit de la construction de nouveaux barrages, la seule alternative étant, rappelle-t-il, de collecter l’eau de pluie et de la partager. « Il ne faut pas utiliser l’eau potable pour des usages comme le lavage de voitures ou l’arrosage des plantes », dit-il.
Dans un premier temps, le MACOSS a mis 15 systèmes de collecte d’eau de pluie à la disposition des Ong. Environ 90 autres pourront en bénéficier dans le cadre de la 2e phase de ce projet, qui a débuté cette semaine. Avec un toit d’une superficie de 150 mètres carrés, on peut, indique-t-il, capter environ 3 000 litres d’eau avec seulement 20 mm de précipitations. Ce volume d’eau peut être utilisé à toutes fins, excepté pour la boire. Les installations coûtent en moyenne la somme de Rs 6 000 et le MACOSS estime que l’État devrait subventionner ce coût au bénéfice de la population, comme c’est le cas pour le chauffe-eau solaire. « Sans eau, nous sommes foutus. Surtout que la population augmente d’année en année tout comme le nombre de touristes, qui dépasse déjà la barre du million », conclut-il.