Le collège MEDCO, situé à Cassis, ambitionne de devenir une école verte et d’être un modèle pour les autres établissements scolaires en matière d’environnement et de développement durable. Son recteur, Raja Pillay, a des idées plein la tête pour 2015, idées qu’il compte d’ailleurs dévoiler dans le courant de l’année. Il déplore en outre le fait que son école ne reçoive que des élèves ayant obtenu que des “E” et des “D” aux examens du CPE, « mais jamais des élèves avec des meilleurs résultats » et surtout, des élèves qui habitent très loin de l’école, « très souvent dans le nord de l’île ».
« MEDCO Cassis est pionnière dans le domaine du développement durable », lance Raja Pillay, en rappelant que son établissement a été le premier à installer des panneaux photovoltaïques, il y a deux ans. « Ce n’est que lorsque les autres collèges font la même chose que l’on en parle dans tout le pays », fait-il ressortir. Idem pour les jardins hydroponiques, endémique, d’arbres fruitiers et de plantes médicinales, que ce collège a créés, ainsi que son projet de collecte d’eau de pluie. « Ce n’est qu’après que nous avons lancé de tels projets que le gouvernement a décidé de faire la même chose dans les collèges d’Etat », dit-il.
Sur la performance des élèves de son établissement, le recteur de MEDCO Cassis se dit « fier » que le taux de réussite aux examens de SC a été de 63,3% en 2013. D’autant, dit-il, « que nos élèves viennent de milieux défavorisés affectés par des problèmes familiaux et ne pouvant se payer de leçons particulières ». Il poursuit : « Même le collège Royal, avec les meilleurs élèves du CPE, n’atteint pas les 100% de réussites. » Et d’indiquer que ce sont les enseignants du collège eux-mêmes qui aident les élèves, « individuellement et gratuitement, après les heures de classe ».
Selon Raja Pillay, beaucoup de ses élèves arrivent à l’école très souvent l’estomac vide, « sans avoir pris de petit-déjeuner », leurs parents ne pouvant subvenir à tous leurs besoins. « Des élèves viennent à l’école sans nourriture. D’autres encore avec un pain saupoudré d’un peu de sucre, ou encore un bol de riz blanc. Comment voulez-vous que tels élèves puissent travailler dans de bonnes conditions à l’école et réussir à leurs examens ? » lâche-t-il. Aussi, ce sont les enseignants de l’école qui prennent le relais des parents en cotisant afin que ces élèves puissent manger tous les jours.
MEDCO Cassis reçoit tous les ans une quarantaine de nouveaux élèves, à partir de la liste du Mauritius Examinations Syndicate (MES), pour être admis en Form I mais, déplore Raja Pillay, « la plupart du temps, on nous envoie des élèves habitant dans le nord, à Poudre-d’Or, Goodlands, Cottage ou encore Plaine-des-Papayes ». Et de s’interroger : « Je ne vois aucun parent faire admettre son enfant chez nous si loin de son lieu de résidence. (…) Normalement, nous devrions accueillir des enfants de Cité Vallijee, Roche-Bois, Cité La Cure, Bain-des-Dames et Port-Louis. Pourquoi nous envoie-t-on des élèves de si loin ? ». S’agissant du prévocationnel, il indique que le MES lui a envoyé une liste de cinq élèves, dont seulement deux sont finalement venus. « Comment opérer une classe avec deux élèves ? C’est un gaspillage de ressources », dit-il.