Le rôle des professionnels de la finance, en particulier des comptables agréés, a été au centre des interventions au récent dîner annuel de la Society of Chartered Accountants Mauritius (SOCAM) qui bénéficiait du parrainage de l’ICAEW, réseau mondial regroupant quelque 144 000 experts-comptables et dont le directeur pour la région Moyen Orient/Afrique/Asie du Sud, Michael Armstrong, avait fait le déplacement à Maurice.
En présence du vice Premier ministre et ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, Michael Armstrong s’est appesanti sur le soutien que peut apporter la profession comptable aux autorités locales pour que les objectifs de développement économique du pays puissent être atteints. Michael Armstrong est d’opinion qu’une profession comptable ayant une éthique très forte est essentielle pour atteindre l’objectif de transformation de Maurice en une économie plus résiliente et à revenus élevés d’ici 2025. « Cela voudra dire que les affaires et le secteur financier peuvent être développés tout en créant la confiance dans le marché », soutient le directeur régional de l’ICAEW. Se référant au bon classement de Maurice parmi les centres financiers en Afrique ainsi qu’en termes de liberté économique au plan mondial, Michael Armstrong considère que pour maintenir ce statut et continuer à se développer, il est impérieux que la profession de la finance continue d’évoluer et démontrer qu’elle est en mesure de répondre au mieux aux attentes du marché en respectant les normes les plus élevées et en faisant montre d’éthique.
Michael Armstrong pense que l’ICAEW peut être d’une grande aide à l’économie mauricienne. « Nous développons les compétences, ce qui est un bon moyen d’améliorer votre potentiel et d’attirer des entreprises. Cela aide aussi à accroître le nombre d’entrepreneurs mauriciens qui ont une expertise financière », indique-t-il dans un communiqué émis par la SOCAM. L’ICAEW travaille en partenariat avec l’African Professional Accountancy Organisations pour développer des aptitudes, la connaissance et la compétence, et pour soutenir la croissance économique sur le long terme dans les pays de la région.
Parlant du secteur du global business, Richard Arlove, CEO d’ABAX, a affirmé que Maurice n’est pas un paradis fiscal et qu’il est important que les professionnels de la finance le disent haut et fort. « On doit cesser de parler de secteur offshore mais parler plutôt du secteur du global business. On fait des affaires de Maurice et non à travers Maurice. Le BEPS (Base Erosion and Profit Shifting) arrive bientôt. C’est une initiative très importante qui sera un facteur déterminant pour les multinationales et aura un impact direct sur nous en tant que centre financier. Nous ne pouvons que nous adapter et faire de ses challenges des opportunités », a-t-il déclaré. Richard Arlove est d’avis qu’il faut changer de paradigme comme cela a été le cas lorsque le Protocole sucre est arrivé à sa fin et également après le démantèlement de l’Accord multifibre (textile). « Il nous faut restructurer notre modèle qui est vieux de 25 ans. Nous devons encourager les multinationales et les hommes d’affaires à avoir leur siège à Maurice et à vivre ici. C’est encourageant de savoir que nos Smart Cities vont faciliter les choses. Nous devons intégrer le secteur du global business à l’économie domestique pour pouvoir aider notre économie à croître, ce qui ajoutera de la substance et de la valeur pour ceux qui font des affaires en Afrique », a-t-il argué.
Notons que la SOCAM a été créée il y a trente ans en vue de promouvoir les intérêts des membres de la profession comptable et de constituer une plateforme d’échanges pour les professionnels. La SOCAM, qui a pour président Laura Yeung, regroupe environ 150 comptables agréés.