L’atout majeur du projet de Smart Cities, qui est lancé actuellement sur une dizaine, voire une quinzaine, de sites à travers l’île demeure l’obligation d’être à la fois autonome en énergie renouvelable, en eau et en gestion des déchets. Tel est, en substance, le message adressé à la population par le président de la State Land Development Company (SLDC), Gaëtan Siew, lors d’une présentation du projet “Smart Cities” hier, en la présence de quelques promoteurs.
Gaëtan Siew a d’emblée déclaré que les “Smart Cities” comportent les trois composantes des fonctions humaines habituelles que sont le travail, la résidence et les loisirs, qui se trouvent tous dans un même endroit. Ce qui réduira de beaucoup les coûts du transport et de la mobilité. « Dans le fond, ces projets doivent être durables. On n’attend pas une autonomie à 100%, mais un objectif d’autonomie important. Dans le temps, ces “Smart Cities” viseront l’autonomie totale, du moins nous l’espérons », a-t-il dit.
Selon Gaëtan Siew, le coeur de ce projet, soit le travail, sera lié à la technologie et à l’innovation. « Il sera centré sur un ensemble de nouvelles activités dans le pays, un nouveau secteur économique lié à l’innovation et les TIC. Par exemple, le projet d’Omnicane est lié aux activités de l’aéroport et celui de Highlands, sur le e-government, le e-procurement et le e-permit, entre autres. Ce sera une nouvelle manière de travailler, toujours lié aux nouvelles technologies », a-t-il souligné.
Le président de la SLDC fait ressortir que ce projet comporte un élément très important qui concerne le transport et la mobilité des gens. « Puisque les gens habiteront et travailleront au même endroit, cela impliquera moins de déplacements. De plus, une quinzaine de ministères seront déplacés de Port-Louis vers Highlands. Globalement, cela allégera la pression sur la capitale et sur la circulation routière, laquelle, selon nous, diminuera d’au moins 30 à 40% de son flot actuel d’ici à quelques années », a-t-il déclaré.    
À partir de là, la loi relative a été votée au Parlement et le Board of Investment (BOI) a établi les règlements. Les différents ministères ont, eux, établi un certain nombre de “guidelines” pour les différents secteurs, dont l’environnement et l’énergie. Le ministère des Finances a pour sa part établi un ensemble de mesures d’incitations pour les opérateurs économiques qui opéreront dans les “Smart Cities”. Plusieurs projets ont en outre déjà obtenu leur “letter of comfort”, à l’instar de St-Félix, Médine, Cap Tamarin, Riche-Terre et Roches-Noires. D’autres sont en cours.
Aux questions de la presse, Gaëtan Siew a répondu qu’en l’absence de projet de “Smart Cities”, le pays aura toujours besoin d’une superficie de 20 000 arpents de terre sur 15 ans pour construire environ 10 000 logements chaque année pour les nouveaux couples, « mais sans organisation, sans planification, et les problèmes de mobilité et de transport, en sus des embouteillages ». Selon lui, les “Smart Cities” ne sont par ailleurs pas réservées à l’élite du pays, mais « à tous », Mauriciens comme étrangers. « Elles ne seront ni des enclaves, ni des ghettos », a-t-il assuré. Par ailleurs, a-t-il soutenu, « ces “Smart Cities” devraient élever le niveau de vie des villages avoisinants les sites ».