À l’occasion de la commémoration du bicentenaire de l’arrivée de Jean Le Brun à Maurice, une plaque honorant sa mémoire a été posée sur la façade du bâtiment du Mauricien Ltée à la rue St-Georges et dévoilée par le lord-maire de Port-Louis, Dorine Chukowry. C’est à cet endroit que Jean Le Brun a ouvert la première école gratuite. La cérémonie a eu lieu mercredi dernier en présence du directeur du Mauricien Ltée et d’une vingtaine d’invités, dont le pasteur Jean-France Cangy, modérateur de l’église presbytérienne, de Jean-Alain Moussié, président du Conseil Synodal de l’église presbytérienne, et de l’historien Breejan Burrun.
«La vertu perd en lui un modèle, la liberté, un apôtre, le pauvre, un ami».C’est l’inscription gravée sur le monument commémoratif élevé au Cimetière de l’Ouest, là où est enterré Jean Le Brun. Et qui en dit long sur le personnage, symbole de la lutte pour l’égalite, modèle de droiture et de détermination. Le Révérend Jean Le Brun est né à Jersey le 7 septembre 1789. Arrivé à Maurice le 14 mai 1814, il fonde un an après à Port-Louis la première école publique gratuite, là où se situent actuellement les bureaux du journal Le Mauricien Ltée.
Deux siècles après sa mort, le fondateur et pionnier de l’instruction publique gratuite à Maurice reste un modèle de vertu et de ténacité. À cette époque, la scolarité était réservée aux enfants de la haute et de la moyenne bourgeoisie. Cette plaque commémorative offerte par la mairie de Port-Louis a été l’occasion pour le Révérend France Cangy de rappeler qui était Jean Le Brun et d’évaluer le chemin parcouru par ce grand homme. «C’était l’époque où l’abolition de l’esclavage se faisait attendre. Pour Le Brun, l’éducation était un moyen qui permettrait aux gens de couleur de se prendre en charge», a-t-il fait ressortir. Bien que de fortes pressions soient exercées pour faire partir le missionnaire, cette hargne à son égard n’a d’égal que son zèle à persister et à signer.«Il a dû lutter contre vents et marées dans son combat pour l’émancipation des gens de couleurs et leur éducation. Il prônait l’éducation gratuite pour tous»,dit-il.
L’historien Breejan Burrun a quant à lui rappelé que l’édifice où la plaque est dévoilée abritait l’ancien bureau du département des écoles jusqu’à 1934. «Le 28 décembre 1936 avait été érigé le Jean Le Brun Memorial Hall qui a servi de bibliothèque et de salle de lecture. « C’est aussi ici que se tenaient les classes du soir et les instituteurs qui venaient de la campagne y étaient logés. Le lieu exposait aussi les produits des petits artisans. En 1953, le bâtiment a été acheté par la famille Rivet. Il abrite, depuis, les locaux du Mauricien Ltée. Une première plaque commémorative, dévoilée le 7 septembre 1989 sur la façade du bâtiment à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Jean Le Brun (1789-1865), a été volée. »
Après le dévoilement de la plaque à la rue St-Georges mercredi, une autre a été dévoilée à la rue Lapérouse à Port-Louis, là où a vécu Jean Le Brun à la fin de l’année 1862. Un hommage lui a ensuite été rendu au cimetière de l’Ouest à Les Salines où il est enterré.