À partir du moment où l’on considère que la drogue est une affaire de santé publique, on avance vers la décriminalisation. Et c’est exactement ce qu’a fait Maurice sans qu’on s’en rende compte. La NATReSA, le programme de la Méthadone et celui d’échange de seringues sont sous l’égide du ministère de la Santé. Il faut donc aller au bout de cette logique pour que l’encadrement approprié soit enfin offert aux usagers. Il y a donc incohérence quand, au lieu de ça, on continue à les envoyer en prison. La décriminalisation doit donc être une solution pour soigner les personnes souffrant de dépendance et pour réduire la population carcérale. En même temps, en réduisant le nombre de consommateurs, elle aura un effet sur le business des trafiquants.
La décriminalisation des drogues ne veut pas dire placer une table dehors et mettre en vente des produits, pour ceux qui voudront les acheter. Un certain contrôle devra continuer. Il faudra, par exemple, constituer un panel de médecins pour prescrire des substances à ceux qui en auront besoin. Tout comme cela se fait déjà avec des médicaments inscrits dans la Dangerous Drugs Act.
Il est certain que le thème de la décriminalisation fera peur au public, qui pensera que cela contribuera à une hausse de la consommation. C’est ce qui avait été dit quand nous avions réclamé le programme d’échange de seringues. Mais il s’est finalement avéré que ce programme a eu l’effet l’inverse, en sus de prévenir la contamination au VIH et aux hépatites.