Des membres de la Renal Disease Patients Association (RDPA) ont eu une rencontre avec le ministre de la Santé Anwar Husnoo le 12 décembre dernier, qu’ils qualifient de « très positives ». Ils ont ainsi évoqué plusieurs sujets, notamment ceux qui préoccupent les membres de l’association.

Anwar Husnoo les a rassurés et a annoncé une série de projets envisagés par son ministère, dont l’acquisition de nouveaux appareils de dialyse et la construction de nouveaux centres. C’est ce qu’a annoncé Bose Sonarane, secrétaire de l’association, lors d’une conférence de presse à Port-Louis hier.

Selon Bose Sonarane, le nombre de patients qui suivent le traitement de dialyse à ce jour à Maurice s’élève à 1 332, soit 1 009 dans les hôpitaux et 323 dans les cliniques. Par ailleurs, 243 appareils de dialyse sont disponibles, soit 162 dans les centres publics et 81 dans les cliniques privées. « Le nombre d’appareils disponibles n’est pas suffisant pour le nombre de patients. Nous avons évoqué cette question avec le ministre, qui dit reconnaître ce manque.

Il nous a alors annoncé que le ministère fera l’acquisition d’une soixantaine d’appareils de dialyse, dont 26 accessibles à 150 patients à partir de janvier dans un nouveau centre de dialyse. De plus, il nous a informés que l’ancien hôpital de Montagne-Longue sera converti en un nouveau centre de dialyse. Vingt nouveaux appareils y seront installés et bénéficieront à 120 patients. L’objectif vise à éliminer les traitements de dialyse dans les cliniques », affirme Bose Sonarane.

Par ailleurs, deux « Water Treatment Plants » sont en cours d’installation, l’une à l’hôpital Jeetoo, à Port-Louis, et la seconde à l’hôpital Nehru, à Rose-Belle, ce qui permettra d’offrir plus de sessions de dialyse dans les hôpitaux. Autre projet envisagé par le ministère, selon le secrétaire de l’association : l’acquisition d’un nouveau bâtiment pour remplacer le centre de dialyse de Riche-Mare. « À Riche-Mare, une ancienne usine de textile a été convertie en centre de dialyse. Cela devait être pour une période temporaire. Mais à ce jour, il y a un grand nombre de patients qui reçoivent leurs traitements dans ce centre et on ne peut le fermer. Toutefois, ce centre se situe à deux kilomètres de l’hôpital de Flacq, ce qui n’est pas évident pour les patients. Le ministre nous a expliqué qu’un appel d’offres sera lancé pour l’acquisition d’un nouveau bâtiment », explique-t-il.

Cette réunion a aussi été l’occasion pour la RDPA de demander au ministre de revoir le nombre de sessions de dialyse tenues par jour. Selon Bose Sonarane, en 12 heures, il ne faut que trois sessions de dialyse de quatre heures. Il a aussi déploré la hausse des frais de dialyse dans le privé. « Quand un hôpital envoie des patients dans les cliniques privées pour une session de dialyse, le gouvernement offre à ces cliniques un “dialysis kit” et une allocation de Rs 800.

Le coût d’une session de dialyse à la clinique pour les patients envoyés par les hôpitaux s’élève donc à Rs 1 600. Or, si c’est un patient privé, il aura à débourser Rs 4 500 par dialyse. Pourtant, autrefois, le coût était de Rs 3 800. Et pour un étranger, une session de dialyse coûte Rs 12 000 », dit-il.

Par ailleurs, la RDPA a demandé au ministre de mettre à la disposition des patients un nutritionniste en permanence afin qu’il dresse un régime alimentaire dans l’intérêt du patient. Il a aussi demandé qu’un médecin et une ambulance soient attachés à chaque centre de dialyse en permanence.

L’entrée en vigueur de l’Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant) Act était également au centre des préoccupations de la RDPA. « Le ministre nous a fait comprendre qu’il ne compte pas aller trop vite avec cette loi. Toutefois, il nous a assuré que la loi rentrera bientôt en vigueur. Nous avons demandé que le ministre inclue des représentants de notre association dans les comités à ce sujet », dit-il.

En ce qui concerne les fistules, Bose Sonarane déplore que 100 personnes se trouvent actuellement sur la liste d’attente pour recevoir une fistule. Selon lui, il n’y a qu’un médecin qui procède aux chirurgies pour placer les fistules. En attendant, dit-il, « ce sont les patients qui souffrent, car ils doivent implémenter des cathéters dans leurs corps, qui ne sont pas tout à fait sûrs ».