Les patients sous dialyse, qui seraient au nombre d’un millier environ à Maurice, se plaignent d’un manque de médecins spécialistes dans le secteur hospitalier pour s’occuper d’eux. Ils ne sont que deux, selon le secrétaire de la Renal Dialysis Association, Soonarane Bose, à travailler à l’hôpital public. « Le suivi est fait par des médecins généralistes qui souffrent d’un manque d’expérience dans le suivi des patients qui sont sous dialyse », fait-il ressortir.
Selon M. Bose, lorsque ces patients tombent malades au centre de dialyse, ils sont référés aux urgences de l’hôpital. Ce qui, dit-il, n’est pas approprié car il aurait dû y avoir un médecin sur place. « De plus, il n’y a pas assez de personnel pour mener à bien le travail. Par exemple, il faut vérifier la tension du patient en quatre occasions durant son traitement du jour et son taux de sucre dans le sang également. On le fait parfois et parfois, on ne le fait pas », dit-il. Il ajoute qu’il n’y a pas d’appareil électronique pour la prise de poids des patients. « Pa pe prepar pasian la kouma bizin avan fer so dializ », ajoute-t-il. Soonarane Bose parle aussi de manque de précautions et de risques d’infections lors de la séance de dialyse.
Le secrétaire de l’association estime aussi que ces patients ont besoin d’être suivis par un nutritionniste car ils ne peuvent consommer tous les produits alimentaires. « Il y va de leur santé. Il faut les conseiller. C’est la raison pour laquelle il faut un nutritionniste attaché à chaque centre de dialyse ». Pour lui, le ministère de la Santé aurait dû faire publier un petit livret de recettes alimentaires et le distribuer aux patients, ce qui faciliterait énormément leur tâche. S’agissant des moyens de transport mis à leur disposition, il déplore que ceux-ci soient mal organisés dans certains centres. Le “calcium carbonate” offert aux patients, ajoute-t-il, ne serait pas de bonne qualité. Soonarane Bose commente également le projet de don d’organes. Il demande au gouvernement d’accélérer les choses dans ce domaine car « boukou dimounn pe mor dan aksidan, ti kapav servi zot bann organ me pa pe fer li parski pa ankor ena lalwa. »
Pour sa part, la présidente de cette association, Faëza Hossany, estime que beaucoup de patients qui doivent subir une dialyse meurent tôt à cause d’un manque approprié de soins à l’hôpital. « Si les autorités ne prennent pas nos doléances en considération au plus vite, nous ferons un sit-in bientôt devant un centre hospitalier. Possiblement, une grève de la faim », laisse-t-elle entendre.