Les patients faisant des dialyses n’auront plus à subir à partir de maintenant des transfusions sanguines pour traiter l’anémie découlant de leur traitement. Ils recevront à la place des injections d’érythropoïétine (EPO) grâce à un nouveau protocole mis en place par le ministère de la Santé. « L’introduction des injections d’EPO pour tous les patients dialysés réduira d’au moins 60 % les transfusions sanguines chez ces malades », a déclaré le ministre de la Santé Lormus Bundhoo lundi après-midi au Cardiac Centre de l’hôpital SSRN à Pamplemousses.
« Jusqu’ici 30 % du sang collecté et « processed » par le Blood Transfusion Service (BTS) vont aux patients de dialyse », a indiqué le ministre. L’État dépensera Rs 20 M supplémentaires pour l’introduction de l’érythropoïétine en sus des Rs 110 M que lui coûtent chaque année les services de dialyse. À ce jour seulement un petit nombre de patients avait droit aux injections d’EPO dans les hôpitaux publics selon des protocoles établis. Le ministère de la Santé annonce également une semaine du rein qui sera lancée prochainement.
Le lancement de cette nouvelle mesure pour tous les patients dialysés s’est déroulé hier à l’hôpital du Nord en présence du Dr Purgus, un néphrologue de l’Université de Marseille (France) qui fournit son expertise technique au ministère de la Santé. « Le nombre de patients en dialyse n’a pas cessé d’augmenter au cours de ces dix dernières années avec en moyenne 80 à 100 nouveaux patients par an », a constaté le ministre de la Santé. Les services de dialyse existent dans les cinq hôpitaux régionaux et à l’hôpital Queen Elisabeth à Rodrigues. Un nouveau centre a vu le jour à l’hôpital de Souillac. Dans toute l’île, 1 056 patients souffrant d’insuffisance rénale font des dialyses, soit 789 dans les hôpitaux publics et 267 dans les cliniques privées ; 34 patients font des dialyses à Rodrigues où sont opérationnelles neuf machines. En outre, ces patients ont droit à un moyen de transport gratuit. Le ministère de la Santé a conclu un accord avec sept cliniques privées pour que les patients y subissent des dialyses « free of cost » aux frais de l’État. Il s’agit de Auram Dialysis Centre, Grand Baie Medical Centre, City Clinic, Chisty Chiffa Clinic, Medisave, Phoenix National Dialysis centre et Apollo Bramwell Hospital. Les personnes atteintes d’insuffisance rénale doivent faire des séances de dialyse de quatre heures trois fois par semaine.
M. Bundhoo indique que les hôpitaux publics disposent de 147 machines de dialyse. Avant 1995, seuls les patients qui avaient les moyens financiers pouvaient faire des dialyses dont le coût était de Rs 1 800 à Rs 2 000 par dialyse. Les autres malades moins nantis étaient voués à une mort précoce. L’on se souvient du cas de la petite Malini Paupiah qui a ému toute l’île Maurice, décédée faute d’avoir pu avoir accès à une dialyse. Depuis 1995, rappelle M. Bundhoo, des transplantations rénales sont réalisées par des médecins mauriciens dans les hôpitaux SSRN et Nehru de Rose-Belle. La première transplantation a eu lieu en 1983 à Maurice par une équipe médicale étrangère.