Les participants de la conférence internationale sur la diaspora, qui a eu lieu courant décembre au Mahatma Gandhi Institute (MGI), recommandent notamment la création d’un comptoir de la diaspora. Son but serait de disséminer des informations auprès des Mauriciens vivant à l’étranger et de créer un lien entre eux et le pays natal. Cette conférence a vu la participation de personnes engagées dans divers secteurs de l’économie, de la recherche et d’anciens émigrants.
Lors d’une rencontre avec Le Mauricien, la directrice du MGI/RTI (Mahatma Gandhi Institute/Rabindranath Tagore Institute), Soorya Gayan, indique que, dans un premier temps, les communications présentées par les participants seront publiées dans un ouvrage référencé par le MGI, et les recommandations communiquées aux décideurs à travers le ministère de l’Éducation.
Dans ses recommandations proposées par les participants figure la création d’un « comptoir de la diaspora » , qui aurait en outre comme tâche d’offrir des facilités d’investissements et de soutenir l’installation des rapatriés au pays natal. À cet effet, la mise en place d’un comité gouvernemental pour se pencher sur les lois traitant des questions de nationalité, d’héritage, de mariage et de divorce des personnes de la diaspora, est suggérée. Les participants estiment « navrant » qu’un Mauricien vivant à l’étranger « se sente étranger de son pays à cause de la politique gouvernementale », de même pour ceux qui y résident. « We recommend that the policies be carefully thought out and packaged », suggèrent-ils.
« Des initiatives comme cette conférence internationale doivent être encouragées », estiment les participants. Tout en soulignant que de nombreux projets de recherche mettant en avant les différents aspects de la diaspora ont été entrepris dans le passé, ils observent que ces projets demeurent « insuffisants » et « unsystematic ». De fait, des recherches interdisciplinaires mieux structurées entreprises sur des Mauriciens vivant à l’étranger de manière systématique sont demandées. Celles-ci devraient être le fruit d’une collaboration entre universitaires mauriciens, membres de la diaspora et tous ceux ayant un intérêt dans le pays, et devraient être financées par des bailleurs de fonds appropriés.
De cette conférence a également émergé le souhait que plus de recherches soient entreprises sur des rapatriés, notamment concernant leur installation dans le pays, leurs attentes, le choc culturel inversé ou les problèmes dont ils ont eu à faire face. Les participants estiment que cette question, de même que celle de la créolisation dans les îles du sud-ouest de l’océan Indien, « where short distances, familiarity and commonnes seem to reduce the sense of alienation associated with countries of the North », demandent une réflexion théorique approfondie.
De plus, les participants reconnaissent que les Ong, comme Nu Diaspora, devraient poursuivre leur rôle de facilitateur pour créer des liens entre les membres de la diaspora mais aussi avec les académiques, le gouvernement et tout autre partenaire qui se sent concerné. Pour ce faire, des rencontres pour le « brainstorming » devraient être organisées à intervalles réguliers « each contributing in his own way to change mindsets and attitudes in its area of intervention, so that the country may progress », soutiennent-ils.
Cette conférence internationale a été rendue possible grâce à une collaboration entre le MGI, le Mauritius Research Council (MRC), l’University of Technology Mauritius (UTM) et l’Ong Nou diaspora avec le soutien de l’Université de Maurice (UoM) et Air Mauritius